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n°25
CLUB ENTREPRENDRE Leçons de maux - Looten, la renaissance après l’incendie
Apprendre de ses échecs et utiliser cet acquis dans une nouvelle aventure. Tel est le credo qui est suivi dans cette rubrique,
A ujourd’hui Looten Industries, la cen- tenaire, domine la scène française du négoce d’instrumentation, de four- nitures et de robinetterie in- dustrielles. Basée dans le Nord-Pas-de-Calais, non loin de Dunkerque, l’entre- prise créée en 1840 – à la base une quincaillerie – coule vraisemblablement des jours heureux et pour- suit son développement. « Notre stratégie consiste actuellement à élargir l’éventail des compétences par le biais de la croissance externe et à développer notre maillage territorial pour assurer une plus grande proximité et une réactivité optimale pour nos clients », explique Eric Mériau, actuel président de SAS Looten. Ce faisant, l’actuel négociant étend son offre non seulement aux PME, ETI, grands groupes, mais désormais aux artisans de la région Nord-Pas-de-Calais et dans l’Est français. L’entreprise s’est symboliquement rap- prochée d’un de ses grands donneurs d’ordre, Arcelor Mittal, en s’installant dans un nouveau bâtiment à Grande Synthe depuis no- vembre 2011. « Nous avons décidé de construire un “outil de production” nouvelle génération, construit selon les règles du développement durable et responsable, adapté à nos besoins et soucieux de l’environnement : lumino- sité gérée automatique- ment, pompe à chaleur avec climatisation réversi- ble, éclairage naturel, salles dédiées au showroo- ming, au SAV et au stockage... », énumère Eric Mériau. Un déménagement qui n’est cependant pas anodin ; et un destin entre- preneurial qui aurait pu être tout autre. Car à deux kilo- mètres à peine du nouveau site, demeurent les vestiges de l’ancien siège, parti en
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Dans le Nord, il n'y a pas que les célèbres marques de bière qui peuvent prendre comme emblème le phénix...
l’activité pour garder les emplois. Une chance per- mise d’abord parce que la mise en sécurité des don- nées de l’entreprise, comp- tables, financières et commerciales fut opti- male. « Par exemple, 100% des données comp- tables étaient hébergées ailleurs. Nous avons juste perdu les flux sur la pre- mière heure et demie, entre 8h et 9h30, mais tous les historiques de comptabi- lité, stocks et clients étaient déjà sauvegar- dés », détaille le dirigeant. Reste ensuite un travail de titan à réaliser par le cour- tier en assurances (Allianz Hugoo et Cohidon) pour faire valoir les droits de la société. Il s’agira d’ail- leurs du troisième plus gros sinistre à traiter pour la compagnie d’assurance en 2009. Autrement dit, tout le travail se joue sur la facturation pour affiner et reconstituer le montant de la perte d’exploitation qui permet dans la foulée de débloquer des acomptes, afin de remettre à flot le stock consumé. « Cela dit, le principal exploit reste celui d’avoir relancé l’ac- tivité en une semaine mal- gré une procédure avec les assurances qui a pris un an, note Eric Mériau. Sans informatique, nous avons recommencé à faire des bons de commandes pa- pier... Et deux semaines après l’incendie, le sys- tème informatique fonc- tionnait comme à
Solidarité nordiste
Comment renaître de ses cendres en deux semaines ? Cas pratique avec Looten Industries.
qui retrace une sortie de route pour mieux se tourner vers l'avenir
fumée en quelques instants. Récit d’une catastrophe in- dustrielle.
cautions prises en amont de la catastrophe ont permis de relancer la machine ra- pidement. « En urgence, nous avons d’abord re- trouvé des bureaux grâce aux administrations et au- torités locales et à un en- trepreneur concurrent qui
d’abord essayé de sauver ce qui pouvait l’être. Nous avons vite reconstitué un stock et les commerciaux se sont efforcés d’entretenir un lien serré avec les clients pour leur signifier que nous serions de nou- veau présents sous peu »,
d’acteurs nous ont aidés à nous remettre en selle – certaines entreprises du secteur nous ont d’ailleurs prêté du matériel et des vé- hicules –, les clients nous sont restés fidèles et ce malgré quelques concur- rents qui, au fait de notre
AUFEU!
Historiquement installé à Petite Synthe dans la cou- ronne dunkerquoise, Loo- ten Industries ou du moins ses bâtiments vont s’em- braser un beau jour de 2009. « Le 9 juin vers 9h30, en une vingtaine de minutes à peine, nos locaux partent en fumée suite à un feu qui s’est déclenché dans une partie de l’entre- pôt, causé par un présen- toir publicitaire électrifié défectueux d’une société voisine. Bien heureuse- ment, les quelque 50 em- ployés s’en sortent sains et saufs », se souvient Eric Mériau. Malgré les 5000 mètres carré rasés... Mais les dégâts ne sont que ma- tériels. Si dans les esprits, l’épisode reste gravé, la vie de l’entreprise n’a pas cessé longtemps. L’élan de solidarité à la suite de ce triste événement et les pré-
Suite à une importante mobilisation des clients, fournisseurs et concurrents (!), l'entreprise ne connaît pas le chômage technique
disposait d’un entrepôt raconte Eric Mériau. Un sinistre, se sont empressés
vide », rappelle le président de Looten. A croire que la générosité des gens du Nord n’est décidément pas qu’un mythe. S’ensuit un bail précaire de deux ans et la reconstruction massive de racks de stockage, grâce à l’appui de la Région, afin que les clients puissent pas- ser de nouvelles com- mandes dans de bonnes conditions. « Le personnel s’est aussi fortement mobi- lisé. Nos employés ont
coup du sort d’autant plus délicat à gérer pour le pro- fessionnel du négoce que Looten vient à peine de ra- cheter une société (SAS Métal Artois), en taille deux fois plus importante, mais souffrant de pro- blèmes de gestion et de tré- sorerie. Suite à une importante mobilisation notamment des clients et des fournisseurs, l’entre- prise ne connaît pas le chô- mage technique. « Nombre
de réunir un comité d’ad- ministration pour prospec- ter nos clients. Il y a toujours des vautours mais globalement, un sentiment de solidarité ressort de cet incendie », complète le président.
l’ac.
plus tard, la direction asso- ciait les salariés aux ré- flexions concernant le futur nouveau bâtiment pour faire de cette fu- meuse histoire le souvenir d’un élan solidaire bien plus qu’un mauvais souve- nir.
RÉSILIENCE CONSTRUCTIVE L’enjeu humain ne s’est pas juste limité à protéger les vies le jour J. Il s’agis- sait également de relancer
Geoffroy Framery
coutumée. » Six mois

