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n°25
CLUB ENTREPRENDRE A la Une - Innovation inversée
L'occasion pour EcoRéseau d'enquêter sur le sujet principal du Club Entreprendre,
La tête à l'envers
La "reverse innovation", en ramenant et adaptant les ruptures des pays émergents dans les pays développés,
«P auvre Mexique, si loin de Dieu mais si près des Etats-Unis », nous lançait notre professeur d’histoire-géographie re- prenant les propos du pré- sident mexicain Porfirio Diaz. Alors potaches et boutonneux, nous appre- nions dans nos livres de géographie le système des maquiladoras qui recru- taient les bras à bas coût au Mexique et faisaient fonctionner les cerveaux aux Etat-Unis. Même si l’on ne fait pas table rase de la division internationale du travail, ni de la veste en velours côtelée de notre prof de géo marxiste, il n’empêche que ces pays, que l’on qualifie d’émer- gents, ont réussi à faire de leur faiblesse une force pour ne plus se cantonner au seul rôle d’atelier du monde. Aux quatre coins du monde. En parallèle, les grands groupes ont de- puis quelques années com- pris qu’investir ces nou- veaux marchés balbutiants n’était pas peine perdue. Schneider Electric, Arcelor Mittal, Huawei... Autant de géants qui ont développé des solutions sur tous les continents. Premier temps de la valse de l’innovation, ces entreprises, de concert avec les acteurs écono- miques locaux, ont créé produits et services à des- tination des populations à ressources limitées, le fa- meux bottom of the pyra- mid, s’inspirant de l’inno- vation dite frugale se ca- ractérisant par les contraintes inhérentes à ces marchés. Au deuxième temps de la valse, il ne reste plus que les grands groupes... qui ramènent cette innovation dans nos chers pays développés en les adaptant aux différents segments de la population. Quels bénéfices pour les
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révolutionne la R&D. Attention, opportunités en vue.
bonne stratégie n’est pas de faire de ce type d’inno- vation la manière centrale de concevoir sa R&D. Car souvent, entre une solution face à un problème «A» en Inde et sa solution adaptée «B» en France, se situe toujours de la sérendipité, et de la découverte for- tuite », explique Rohit Chikballapur, directeur in- cubation et new business pour le groupe Schneider Electric.
en rapport avec l'innovation et l'entrepreneuriat
entreprises et les per- sonnes ?
novaient dans leur «home base market» et dans un second temps, ces dernières commercialisaient le pro- duit ou le service dans les pays moins développés, une fois le produit optimisé en termes de coûts. Désor- mais, l’innovation se réa- lise directement à l’inté- rieur même du marché qu’elles visent, dans les pays émergents mais per- met ensuite de déclencher
pour le marché chinois, afin notamment de dépasser la contrainte électrique dans certaines provinces. Consé- quence vertueuse, ces pro- duits dont l’ingéniosité im- pressionne ont été injectés et modifiés pour répondre à un nouveau besoin : celui des urgentistes des pays développés qui bénéficient désormais d’un produit por- tatif nouveau cri. De même, votre tante qui passe ses
ans auparavant par le centre de R&D de L’oréal basé au Brésil ; idem pour la Logan... Ce faisant, cette démarche se revêt d’origi- nalité puisque la chaîne de valeur du produit, de sa conception jusqu’à son dé- veloppement et sa com- mercialisation, se réalise localement. En l’occur- rence, ce type d’innovation concerne les économies dites du Sud. « Mais l’in-
LA FRUGALITÉ,
UN PASSAGE NÉCESSAIRE
A ce stade, rien ne distingue l’innovation qualifiée d’in- versée de l’innovation fru- gale dite «Jugaad», terme hindi qui signifie la dé- brouille. Face aux contraintes liées aux res- sources alimentaires, finan- cières ou encore énergé- tiques, les pays en voie de développement ont opéré un changement d’état d’es- prit. « L’idée revient à faire de ces contraintes une op- portunité : réfrigérateur qui fonctionne sans élec- tricité en Afrique, conver- tisseur d’air en eau en Amérique Latine... L’idée est de faire mieux avec moins et de répondre à un besoin nourri par le bas de la pyramide », décrit Bastien Kompf, président d’Innov’online et délégué général du SYNNoV, syn- dicat professionnel de l’in- novation. Autrement dit, il s’agit de repenser la R&D et les budgets afin de ré- pondre à des besoins exis- tants mais non satisfaits... avec des projets plus du- rables qui répondent vrai- ment aux attentes des consommateurs.
PHÉNOMÈNE À LA MARGE ?
Innovation. Le mot est sur toutes les lèvres et bien souvent certains se hasar- dent à l’utiliser sans trop savoir de quoi il retourne. Des précisions concep- tuelles s’imposent donc lorsqu’on affuble cette der- nière de l’adjectif «inversé»
Face aux contraintes alimentaires, financières ou énergétiques, les pays en voie de développement ont opéré un changement
« Mon boss me dit de penser « reverse innovation », je fais donc le poirier... »
ou «reverse». Florence Charue-Duboc, directrice au CNRS-PREG-CRG questionne : « La nouveauté dans cette notion de «re- verse innovation» ? His- toriquement, les firmes in-
de nouveaux réflexes sur le marché de base. » Le Mac 800 et le Vscan, res- pectivement un électrocar- diogramme à batterie et un appareil d’imagerie à ul- tra-sons, ont été pensés
journées à la plage pour profiter de sa retraite et du front de mer, utilise cer- tainement le shampooing Elsève Total Repair 5, un carton commercial à sa sor- tie en 2012 et conçu trois
novation inversée tend tou- jours à être un phénomène à la marge des entreprises en termes de manière consciente de penser l’in- novation dans leur stratégie globale. Je crois que la
Une autre manière de faire mais qui ne signifie pas toujours des solutions à bas coût. En atteste par exemple le cas de Schneider Electric récompensé pour son one-
d’état d’esprit intéressant
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