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RePReNdRe Business guides - Séminaires de rentrée
POURQUOI ORGANISER UN SÉMINAIRE DE RENTRÉE ?
la crise n’aura pas épargné les séminaires d’entreprises. Selon le Baromètre Bedouk/Coach omnium, les dépenses consacrées à ces grands rendez-vous ont chuté de 5,2 % en 2014 par rapport à 2013. Cette rechute intervient après des hausses de la demande en 2013, 2011 et 2010, et après des baisses en 2009 et 2012. Ce com- portement d’achats en yo-yo, devenu imprévisible, est observable depuis les premiers soubresauts de la crise financière, devenue économique, en 2008. Ces évè- nements assurent tout de même aux prestataires du secteur des revenus avoisinant en France 8,2 milliards d’euros. Pourtant, même si la conjoncture est morose, la crise est bien loin d’avoir éteint l’intérêt pour les séminaires spécifiquement consacrés aux équipes commerciales. Au contraire, ces derniers ont vu leur importance renforcée, puisque leur finalité - stimuler les ventes - permet aux entreprises d’adoucir les conséquences des turbulences économiques. « Avec la crise, les entreprises se mobilisent autour des commerciaux, des revendeurs, des concessionnaires et des prescripteurs, pour stimuler les ventes », relate Mark Watkins, président du Cabinet Coach omnium. de façon générale, il est très risqué de renoncer à organiser un séminaire commercial, même en période difficile : cela constituerait un signe particulièrement négatif pour le moral des troupes. « Face à un contexte morose, ils peuvent être utiles pour ressouder les équipes et consolider le sentiment d’appartenance à un groupe partageant des objectifs communs », explique Anne-Marie Randriamanandraitsiory, chef de Projets Web & Marketing chez tiveria organisations, une agence d’évènementiel. « Et même si les budgets qui sont consacrés à ces événements ont été resserrés chez nombre d’entreprises, beaucoup de prestataires et d’établissements hôteliers ont fait des efforts tarifaires notables. Cela a permis de bénéficier d’une qualité relativement constante », complète Anne-Marie Randriamanandraitsiory. Superflus les séminaires, dans une conjoncture difficile ? Pas vraiment. « Les événements internes ont aussi pour effet de faciliter la communication et de décloisonner en facilitant les échanges entre des salariés de différents services qui ne se connaissent pas toujours très bien. Un
2 contexte différent du quotidien, plus décontracté, est aussi l’occasion de découvrir ses collègues sous un autre jour », ajoute M4
axime denis, associé et responsable Marketing Commercial chez, Alliance télécom, spécialisée dans les installations téléphoniques iP clés en main pour entreprises.
QUAND PROGRAMMER L’ÉVÈNEMENT ?
QUEL CONTENU ?
un séminaire de rentrée se tient entre la fin août et fin septembre, selon le rythme de vie de l’entreprise. Bien sûr, mieux vaut-il le faire débuter une semaine après le retour de vacances des équipes, afin de ne pas leur « sauter » dessus tout de suite. « Cette période d’un mois est très recherchée par les entreprises », confirme Anne-Marie Randriama- nandraitsiory. « En règle générale, cet événement est court : un après-midi suivi d’une soirée, ou bien un séjour de deux jours », détaille-t-elle. Bien sûr, certaines entreprises s’organisent différemment. Ainsi, Alliance télécom organise un séminaire en juillet, à la clôture des comptes, puis un second en septembre, pour la rentrée. « Le séminaire de fin d’exercice est clairement axé détente », indique Maxime denis. « L’objectif est avant tout de dresser avec les colla- borateurs le bilan de l’exercice, d’évoquer l’avenir mais surtout, de relâcher la pression ». Cet été, Alliance télécom, dont le siège est à Montpellier, a donc prévu une réunion-bilan le vendredi en début d’après-midi avant de mettre le cap dans un gite avec notamment au programme une séance de karting puis de canoë sur une rivière. « En revanche,
« Le but de cet événement est de remotiver ses commerciaux sans pression», résume Maxime denis. un bon sémi- naire de rentrée comprend donc une réunion, une activité récréative et une soirée, avec, éventuellement, en prélude, « une formation ludique sur les aspects comportementaux de la relation avec les clients. C’est très motivant pour les vendeurs », ajoute Anne-Marie Randriamanandraitsiory, Pour Maxime denis, « la réunion est le moment idéal pour re- mercier votre équipe de son travail, pour évoquer les ob- jectifs à atteindre au cours des quatre prochains mois et pour lui fournir des outils de tra- vail ». il peut s’agir du lance- ment d’un nouveau produit, de la mise en place d’outils d’aide à la vente comme des argu- mentaires, de l’organisation d’un challenge ou bien d’un défi mobilisateur. « Des chal- lenges, des incentives, des ac- tions tactiques et des paris collectifs ou à titre individuel sont lancés et déclinés autour d’un ou plusieurs thèmes », re- late Anne-Marie Randriama- nandraitsiory. depuis quelques années maintenant, les organi- sateurs de séminaires privilé- gient les temps de travail aux temps de loisirs/ incentive. Pour Pascal Visintainer, « cela est dû à l’impact de la crise (réduction de la durée des sé- minaires et donc focus sur les périodes de travail). Les incen- tives, lorsqu’’ils sont mainte- nus, sont moins «ostentatoires» et plus orientés «business», c’est à dire avec un objectif de team building ou d’apprentissage précis ».
l
3a tonalité est différente en septembre. Le séminaire a lieu cette fois-ci exclusivement au siège. Le but est de remotiver les salariés et de leur préciser les objectifs de l’année », explique le responsable.
OÙ L’ORGANISER ?
« Au regard du climat d’austérité actuel, de plus en plus de sociétés recherchent désormais la sobriété, dans un souci d’image et de cohérence des messages », observe Anne-Marie Randriamanandraitsiory. d’autant qu’une entreprise ne va pas choisir le même lieu de séminaire si l’objectif est de récompenser des commerciaux ultraperformants ou si, au contraire, il s’agit de les recadrer après de mauvais résultats. « Chaque lieu est porteur de message », rappelle la chef de Projets. l’idée n’est pas d’opter pour une destination exotique mais pour un lieu agréable et proche, qui permette l’organisation d’activités ludiques et sportives et qui soit équipé d’infrastructures pour loger les collaborateurs et orga- niser une réunion. Pascal Visintainer, directeur Commercial & Marketing Hôtels du groupe Barrière, confirme : « depuis plusieurs années, les entreprises privilégient, sur fond de crise, les opérations plus courtes et plus proches de leur siège, idéalement à deux ou trois heures maximum ». et les sites charmants à proximité des grandes villes ne man- quent pas. A Paris centre par exemple, les Yachts de Paris offrent la capitale comme décor. un peu plus loin, diverses
5options peuvent aider à créer le buzz : deauville, sa côte fleurie et ses palaces, Chantilly et son incontournable château, etc. « Quel que soit le lieu pressenti, celui-ci doit avant tout être facile d’accès, pratique et fonctionnel, tout en offrant une gestion clé en main, et un tarif all inclusive », développe Anne-Marie Randriamanandraitsiory
QUELLES ACTIVITÉS ?
Pour autant, selon Coach omnium, presque 9 participants sur 10 à un séminaire sont demandeurs d’une activité lu- dique. Pour susciter l’adhésion, il faut aussi proposer des activités extraprofessionnelles. dans ce domaine, les agences spécialisées font aussi preuve d’une imagination débridée. Rallye automobile, soirée casino, initiation à la cuisine moléculaire, challenge musical, course d’orientation en quad, saut en parachute... la liste est sans fin. « Il est indispensable de proposer des activités nouvelles en permanence, pour qu’à chaque séminaire, il s’agisse pour les salariés d’une première fois. L’impact est plus important lorsque l’on propose de l’inédit », remarque Anne- Marie Randriamanandraitsiory. Pour autant, crise oblige, les entreprises ne veulent plus consacrer un budget trop important aux activités ludiques. « Je constate que les entreprises préfèrent des activités simples : le but n’est pas de faire des choses extraordinaires, mais de partager ensemble un bon moment », indique Mark Watkins. « Dans cette perspective, une promenade sur la Seine autour d’une coupe de champagne constitue toujours une activité fort appréciée par les collaborateurs », poursuit-elle. Selon Pascal Visintainer, les entreprises cherchent en priorité à faire rimer séminaire avec simplicité et efficacité. le groupe Barrière appuie son attractivité sur des hôtels de grande qualité, mais aussi sur ses autres métiers comme les casinos par exemple. « On peut y organiser des soirées jeux de tables avec de vrais croupiers, ce qui produit de beaux team building ! Autre avantage, ces casinos offrent la possibilité de terminer les soirée plus tard le soir. C’est important, notamment pour des destinations loin des grandes villes, explique Pascal Visintainer.
50 Juillet - Août 2015
Cahier pratique n°2 - Séminaires de rentrée

