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n°21
CluB EnTREPREnDRE A la Une - Entrepreneurs précoces
L'occasion pour EcoRéseau d'enquêter sur le sujet principal du Club Entreprendre,
Adopreneurs
en rapport avec l'innovation et l'entrepreneuriat
DS’ils sont encore rares, les entrepreneurs qui se lancent avant 18 ans, à l’aide d’internet et de l’auto-entrepreneuriat, impressionnent par leur maturité et leur détermination.
e Jodie Foster dans aussi, ses têtes d’affiches pré- breux points communs. Sou- tion du nombre d’entrepre- Taxi Driver (1976) pubères, avec emballement vent, ils se sont lancés grâce neurs de moins de 18 ans, à Jean-Baptiste Mau- médiatique et invitations aux à internet, avec lequel ils ont elle remarque que « les jeunes
Le meilleur allié des "teen-preneurs" ? Internet
nier dans Les Choristes (2004), quatre coins du monde. Tel grandi, et qui facilite grande- créateurs, qui ont tout juste
on ne compte plus les enfants stars que le cinéma a révélés. Signe que l’époque est à la célébration de la figure du créateur d’entreprise, l’entre- preneuriat a désormais, lui
Chiffres
37% des lycéens et étudiants français rêvent de créer ou de reprendre une entreprise
89% le souhaitent pour être libres de leurs déci- sions
86% pour montrer de quoi ils sont capables
84% pour développer une idée à laquelle ils croient
Source : étude Opinionway pour Prism’emploi, octobre 2013
le jeune irlandais Jordan Casey ment la création d’un service passé la vingtaine, sont beau- qui, du haut de ses 15 ans, a innovant et son déploiement coup plus mûrs qu’avant dans déjà eu les honneurs de la à grande échelle. ils se tournent leur projet ».
Internet et l’auto-entrepreneuriat ont facilité la tache des teen-preneurs
Plusieurs raisons explique- raient cette précocité crois- sante : « La création du statut de l’auto-entrepreneur a changé la culture française vis-à-vis de la figure de l’en- trepreneur. Car soudain, tout le monde a pu se projeter dans cette fonction très faci- lement ». le contexte écono- mique, pour le moins morose, a aussi joué un rôle : « Avec un jeune sur quatre au chô- mage, et alors que le diplôme ne protège plus autant qu’avant, ils sont de plus en plus nombreux à voir dans la création d’entreprise une fa- çon de sortir de la précarité », remarque Jérôme Gervais, dé- légué général du mouvement
presse internationale, dont Pa- ris Match, et donne des confé- rences un peu partout en Eu- rope, aux Etats-unis, et jusqu’en inde. En France, louis Haincourt, avec Dealer de Coque, Marie Burlot avec Ferret Dream Company ou Guillaume Rolland avec Sen- sorWake ont aussi connu les faveurs des médias.
souvent vers le e-commerce, la création de sites web, d’ap- plications et de jeux-vidéos. Certains de ces iconoclastes ont quitté très tôt l’école tra- ditionnelle, qu’ils jugeaient inadaptée à leurs besoins. Tous ont rencontré des difficultés administratives, même si de- puis 2011 la loi autorise les mineurs à créer leur entreprise dès 16 ans, avec l’autorisation de leurs parents.
Dans l’Hexagone, si les en- trepreneurs mineurs restent l’exception, ils ne sont pas si rares, comme le prouvent ces sept jeunes chefs d’entreprise qui se sont confiés à EcoRé- seau sur leurs expériences et parcours.
« Ils font preuve d’une grande énergie et sont très à l’écoute de leurs marchés », remarque Bénédicte Sanson, déléguée générale du Moovjee, le « mouvement pour les jeunes étudiants entrepreneurs ». Si elle ne note pas d’augmenta-
Appartenant à la même gé- nération, ils partagent de nom-
DDès l’âge de quatre ans, Adrien Sergent a attrapé le virus des jeux-vidéos en jouant à Rayman. A 15 ans, quand ses camarades préparaient leur Brevet, il apprenait à créer des jeux-vidéos sur des forums spécialisés. Enfin, en novembre 2009, quelques semaines après l’anniversaire de ses 16 ans, il lance les démarches pour créer son auto-entreprise. « Ça n’a pas été simple, se souvient le Marseillais. L’URSSAF n’avait pas prévu le cas d’un mineur auto-entrepreneur. Mon dossier est parti à l’URSSAF Paris pour y être étudié, et ce n’est qu’après quelques semaines d’attente que j’ai enfin eu le feu vert. »
Adrien Sergent, du gaming aux Poussins
26 Juin 2015
les premiers succès n’ont pas tardé. Dès 2010, son jeu « Puzzle Kitchen », développé avec des partenaires pour le graphisme et le code, remporte le concours « SFR Jeunes Talents Développeurs », doté de 20000 euros. Dans la foulée, sa société, Digital Wave Studio, devient le premier studio français à lancer un jeu sur TV interactive, via le Free Store. Depuis sa création, Digital Wave Studio a déjà développé une quinzaine de jeux, notamment pour des clients comme la plateforme ludoKado. « Mes modèles sont les jeux indépendants, dans la veine de Super Meat Boy ou Minecraft, et les jeux grand public », explique le game designer.
Ce fils d’une fonctionnaire à la mairie de Marseille explique ce qui l’a poussé vers l’entrepreneuriat : « J’avais une vraie envie d’indépendance et d’autonomie. Le salariat ne me convenait pas, je souhaitais pouvoir gérer mon temps et avoir le luxe de sélectionner mes projets ». les principales difficultés qu’il a rencontrées ne sont pas spécifiques à son jeune âge : « Les tâches administratives prennent beaucoup d’argent, et la création d’entreprise, hors auto- entrepreneuriat, nécessite beaucoup d’argent pour s’attacher les services d’un expert comptable, payer les taxe foncières... De même, la fiscalité pourrait être plus progressive les premières années. »
Ce passionné d’entrepreneuriat n’a pas hésité à se lancer dans la bataille en avril 2013, lorsqu’il a estimé que la réforme de Sylvia Pinel menaçait l’auto- entrepreneuriat. Avec Frédéric lossignol, il lance le mouvement des Poussins, qui rencontre rapidement un grand succès médiatique. les deux compères préparent le lancement, d’ici la fin de l’année, d’un site communautaire sur l’entrepreneuriat, nommé Entrepreneo.

