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n°21
PAnORAMA Grand Angle - De l’open data aux smart cities
une identité avec un nom de marque et du coup un senti- ment d’appartenance. Nous avons aussi un fonds qui risque 20 millions de dollars dans des start-up travaillant à la résolution de problèmes par ces data », décrit Abhi nemani, actuel chief data officer de los Angeles. Pour ce membre essentiel de Code for America, « il ne faut pas se contenter d’ou- vrir les data, il faut créer
riats : toutes ces villes mobi- lisent des entreprises pri- vées, des start-up ou des pôles universitaires dans la co-construction d’outils ou de services pour les citadins. l’expérimentation néerlan- daise précédemment citée est rendue possible par une collaboration entre la ville d’Amsterdam, des entre- prises comme liander et Waternet et la fédération des bailleurs privés. le Grand
lancé en octobre 2013, un des quartiers. Nous obte- les informations relatives algorithme a identifié et nons des micro-zones, où au trafic automobile toutes analysé les 31 types d’ap- nous pouvons prendre des les dix minutes, laissant la pels 311 qui correspon- décisions éclairées grâce part belle à des analyses
mondiale, avec pour objec- tif de proposer l’itinéraire optimal pour l’usager en temps réel, avec toute l’in- formation nécessaire sur les retards, les incidents, les disponibilités... une fonc- tion de prédiction du trafic à une heure, première en Europe, permettra d’antici- per.
Il ne faut pas se contenter d’ouvrir les data, il faut créer des frictions, des échanges, des défis pour que les gens s’associent, s’affrontent...
daient aux signes aux algorithmes, quant à la avant-coureurs d’une infes- présence policière par tation (rupture de conduites exemple. » Mais c’est sur-
plus fines. la plateforme WindyGrid est une applica- tion cartographique qui per- met de visualiser, sur une seule et même interface graphique, le fonctionne- ment opérationnel de la ville en temps réel ou sur la durée grâce à des informa- tions géolocalisées telles que l’historique des acci- dents à un carrefour et la liste des appels d’urgence qui en ont découlé, le flux des vidéos de caméras de surveillance, les tweets pu- blics... A Boston, Jascha Franklin-Hodge a conclu un partenariat avec Wase, l’application de navigation. « Nous utilisons la ville comme un laboratoire, en faisant des expériences sur les feux : changer la prio- rité de circulation, avec par exemple des bus qui ont tous les feux verts. Et nous comparons avec les jours normaux, pour mesurer l’incidence sur la vitesse moyenne des autres conducteurs. » A lyon, Op- timod’ agrège les données de sources multiples (trans- ports en commun, trafic, vélopartage, autopar- tage... ) pour proposer une solution complète de mobi- lité urbaine. le service pré- voit un navigateur urbain multimodal sur téléphone, ce qui serait une première
LA NÉCESSITÉ DE L’INVESTISSEMENT CITOYEN
Cette révolution ne peut se faire sans une mobilisation collégiale des acteurs de la ville. « C’est le seul moyen de créer de la valeur autour des données – pas forcé- ment financière, cela peut être de la valeur sociale. Lorsque nous passons un partenariat avec Yelp pour noter l’hygiène des restau- rants, nous répondons à un besoin des gens », affirme Abhi nemani de los An- geles. Encore faut-il que tout le monde joue le jeu, comme le rappelle Franck Mougin, directeur des res- sources humaines et du dé- veloppement durable chez Vinci : « A Hounslow, un district du Grand Londres, la municipalité nous sous- traite la maintenance des réseaux routiers, et les gens
« Mon appli me dit que le seul moyen de me rendre en 30 minutes à la gare, c’est de prendre une montgolfière... elle se moque de moi »
des frictions, des échanges, des défis pour que les gens s’associent, s’affrontent... Car pour l’heure nous créons de la matière brute sans en connaître encore la valeur. Les personnes clés qui délieront les nœuds sont à l’extérieur. Il nous faut donc exercer un travail de marketing pour les intéres- ser ». Des tables rondes et des comités d’innovation à Pittsburgh est sortie par exemple l’application neige/verglas, recensant les abris pour SDF, ou ceux qui veulent qu’on déneige de- vant leur porte et ceux qui le demandent. « Nous n’avons pas de développeurs en in- terne, nous dépendons d’une communauté », insiste Debra lam. Quatrièmement dans la culture de partena-
lyon parvient à développer Optimod’ pour améliorer l’utilisation des transports grâce à un large réseau de partenaires – notamment iBM, Orange ou Parkeon.
d’eau, problèmes lors du ra- massage d’ordures,...). « La plateforme a alors permis à la municipalité de prédire l’activité des ron- geurs sept jours à l’avance et d’intervenir efficacement en amont », illustre Brette Goldstein, ex-chief data of- ficer de Chicago. De même à terme, le Chicago Health Atlas précédemment cité permettra de développer des solutions d’analyse pré- dictive liées à la santé des citadins. Pour Brette Gold- stein, « nous pouvons dés- ormais anticiper la cible au bon moment et au bon em- placement en matière de délinquance. Le traitement des données collectées, des appels téléphoniques, des témoignages des per- sonnes, remodèle les limites
tout en matière de trans- ports que l’innovation est de mise. Dans le Chicago Ope, Data Portal actualise
PRÉDICTION D’AVENIR !
Enfin cinquièmement dans la possibilité de mener des analyses de data prédictives, car les villes augmentent la fréquence d’actualisation des données recueillies pour générer des recom- mandations plus précises, fiables et personnalisées, voire pour anticiper les be- soins. Des corrélations fon- dées et inattendues peuvent être réalisées. Dans le cadre d’un projet pilote de lutte contre la prolifération des rongeurs dans Chicago
Think tank La Fabrique de la Cité
Des idées pour les villes
signale. dysfonctionnements. Cela ne peut fonctionner qu’avec une certaine mentalité de responsabilisation ». les Français, plus habitués à s’en remettre à l’Etat et aux collectivités, ont peut-être du chemin à faire en la ma- tière...
Julien Tarby
nt en continu les
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Juin 2015
Ce think tank, qui a organisé une rencontre avec les chief data officers des villes améri- caines, a pour vocation de favoriser les ré- flexions sur l’innovation urbaine. Dans une démarche interdisciplinaire, des acteurs inter- nationaux se rencontrent pour réfléchir aux bonnes pratiques du développement urbain et pour avancer de nouvelles manières de construire et reconstruire les villes. Créée à l’initiative du groupe Vinci, La Fabrique de la Cité a pour vocation d’alimenter les réflexions sur l’innovation urbaine et de valoriser les ini-
tiatives pionnières, en suscitant l’échange
entre les différentes parties prenantes. Dans une démarche interdisciplinaire et internatio- nale, les acteurs du développement urbain sont invités à se rencontrer autour de projets de recherche, et à l’occasion de séminaires. Les travaux du think tank s’organisent autour de trois grands axes : adaptation des villes existantes, mobilité durable et économie ur- baine. Au-delà des considérations purement techniques, cette démarche s’appuie sur des concepts innovants, tangibles et à forte valeur ajoutée, pour imaginer, aujourd’hui, la ville de demain.


































































































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