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Grand Angle - De l’open data aux smart cities PAnORAMA
proche géographique a aussi été développée dans la santé aux Etats-unis : le dispositif Footborne Chicago analyse les tweets et appels télépho- niques 311 reliés aux intoxi- cations alimentaires pour ensuite déclencher l’inter- vention des services d’hy- giène. le Chicago Health Atlas est une plateforme de géolocalisation développée par le smart Chicago Colla- borative en partenariat avec cinq hôpitaux de la ville, qui réunit toutes les données re- latives à la santé publique des habitants. la cartogra- phie permet de voir la pro- pagation des maladies par quartier, de faire remonter les statistiques des popula- tions non assurées ou de trouver la localisation des services de santé de la ville.
OUVERTURE DE L’ADMINISTRATION, ET DES ESPRITS
les données sont émises par les citoyens, les administra- tions, les acteurs privés. « Pour optimiser cette ré- colte, les cités modernes doivent évoluer selon cinq grands axes », précise Remi Dorval. Premièrement dans la gouvernance opensource. les plus en avance ont mis en place des cellules dédiées à l’analyse, la réutilisation et le croisement des données, avec les premiers postes de chief data officers. « J’ai in- tégré un département de la mairie, et mon poste exis- tera encore lors du prochain mandat », se réjouit Debra lam, directrice de l’innova- tion et de la performance dans la ville de Pittsburgh.
« Nous pouvons désormais anticiper la cible, au bon moment et au bon emplacement en matière de délinquance ! », Brette Goldstein, Monsieur Data à Chicago
une culture de collaboration entre services doit se renfor- cer, comme le rappelle Ja- scha Franklin-Hodge, Monsieur Data à la mairie de Boston, qui a supervisé
problématique ». Deuxiè- mement dans l’habitude de rendre des comptes aux ci- toyens sur la réussite des ac- tions. « La donnée crée la responsabilité. On peut se
l’intelligence collective et des communautés : les évè- nements de consultation ou de mobilisation (concours, hackathons...) à destination des citadins et de la commu-
sans-abris, ordures, éduca- tion... – puis passons aux données. Nous ne commen- çons pas par les données », explique Amen Ra Masha- riki, de new York. A noter d’ailleurs aux Etats-unis le rôle majeur de Code for America, collectif citoyen qui met à disposition de ces villes innovations technolo- giques, progrès dans l’édu- cation au codage informatique et dynamisme entrepreneurial. A la fois in- cubateur de start-up, réseau de mise en relation et orga- nisation de civic hacking, cette structure est à l’origine
des conférences et hacka- thons qui ont permis à des informaticiens, designers, urbanistes et sociologues de travailler avec les municipa- lités. A Chicago, tous les ci- tadins sensibles à la question de la réutilisation des don- nées publiques peuvent se réunir chaque semaine lors de l’Open Gov Hack night, un évènement pensé et orga- nisé en partenariat avec la municipalité. Même énergie déployée à los Angeles : « Il nous a fallu créer un es- pace de co-travail pour que les gens puissent traiter en- semble les problèmes, créer
La cartographie permet de voir la propagation des maladies par quartier
les campagnes numériques d’Obama en 2008 et 2012 : « En matière d’éducation par exemple, il faut aussi parler de santé ou de taux de criminalité. Nous organi- sons des réunions entre dé- partements pour traiter la
Beaucoup de données détenues par les entreprises ne sont pas visibles. Les collectivités, les administrations, les journa- listes ont aussi les leurs. Le tout est de les rendre visibles. Pour ce faire, « il importe de multiplier les efforts pour que les par- tenaires libèrent des données », affirme Jean-Louis Missika, maire-adjoint de Paris, qui était responsable de l’innovation et qui a participé à l’ouverture des données de la capitale de- puis 2008 (data.paris.fr).
Les réticences existent et les arguments sont tou- jours les mêmes, mais Jean-Louis Missika les réfute : - « Google va nous bouffer », ce qui est idiot, les opérateurs de transport par exemple étant les premiers gagnants, puisqu’ils peuvent améliorer leur service et leur rentabilité : le
multimodal évite d’investir dans de nouvelles stations en dur.
prendre pour le maire sur le site de la mairie de Boston, et par exemple comprendre pourquoi réparer les nids de poules prend autant de temps », illustre Jascha Franklin-Hodge. Troisième- ment dans la recherche de
nauté iT issue de la société civile sont organisés, pour définir les besoins réels de la ville et tenter d’y répondre. « Nous commençons pas dé- terminer les défis et ques- tions auxquels nous ne parvenons pas à répondre –
Résistance au changement
Les obstacles à l’open data
- « La qualité des données va diminuer », alors qu’au contraire elles sont vérifiées par des publics différents. Des usages aux- quels on ne pense pas peuvent être imaginés. Par exemple nous avons mis en ligne les plantes des parcs et jardins pari- siens. Des promenades à thèmes ont alors été organisées, et des associations d’asthmatiques ont développé des applica- tions conseillant tel ou tel itinéraire à leurs membres pour évi- ter telle ou telle espèce.
- « Perte de pouvoir, de contrôle » : mais c’est ce qui se pas- serait si ces acteurs ne publiaient pas les données, car des col- lectifs les publieraient de toute manière. C’est tout le débat des horaires théoriques et réels dans les transports par exem- ple. La communauté des utilisateurs le fera dans tous les cas. - « Intrusion dans la vie privée » : il importe de faire attention à ce que les données ne soient pas nominatives. Mais il faut
que ce qui concerne la sécurité soit publié. Nous travaillons par exemple avec Etalab pour repérer les passoires thermiques dans les logements sociaux, les bâtiments à risques pour les incendies, les sites à risques grâce aux données d’accidento- logie.
Quelques pistes :
-Nous introduisons une clause d’open data dans tous les contrats avec nos sous-traitants, pour que les opérateurs ne puissent plus recourir au droit des affaires pour conserver les données.
-De plus en plus de data privées/publiques sont croisées, dans l’autopartage par exemple. Le concept de données d’intérêt général est intéressant à mettre en place pour que tout le monde les partage.
Juin 2015
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