Page 40 - EcoRéseau n°20
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CLUB ENtREPRENDRE Créer aujourd’hui - Structures d’accompagnement
pour aider des sociétés ma- tures à fort potentiel à passer un pallier. « Il ne s’agit pas d’un énième accélérateur de start-up, mais d’un tremplin ayant vocation à intervenir plus en aval, pour que les projets accèdent à un stade de développement supplé- mentaire », souligne alexan- dre Wahl, directeur de la Miriade, l’agence de déve- loppement économique et de l’innovation de la région. Le dispositif s’étale sur 36 se- maines. Pendant 12 pre- mières semaines, dix entreprises ont été sélection- nées sur des critères finan- ciers et de potentiel de croissance. Les heureuses élues ont ensuite débuté un programme d’accélération au cours des 12 semaines sui- vantes. Une enveloppe de 60 000 euros, apportée par la Financière du Cèdre et le Crédit agricole, partenaires de l’opération, a alors été fournie, ainsi qu’un accom- pagnement technique, comp- table, juridique, et les services d’un mentor. a l’issue de cette deuxième étape se tient un Fast Forward Day visant à présenter les entreprises accé- lérées à des investisseurs po- tentiels et des clients. « Une dernière période de 12 se- maines permet en quelque sorte de transformer l’essai, en accompagnant les sociétés sur la voie du succès par un
suivi adapté », indique alexandre Wahl. L’initiative est destinée à être renouvelée chaque année.
innovation-Entrepreneurs (FiE) de l’institut d’optique, un dispositif qui forme les élèves ingénieurs à innover et à entreprendre dans le secteur de la photonique. L’une des particularités du territoire francilien est de disposer d’un écosystème industriel impor- tant, en plus de l’écosystème académique et de recherche. Une manière de conserver la valeur ajoutée innovante au sein de la région et de s’assu- rer qu’elle profite à la dyna- mique économique locale.
Bentz, directeur opérationnel de Bourges technopole. au cours de l’été 2015 sera inau- guré un centre d’affaires qui pourra accueillir des entre- prises aussi bien en incuba- tion qu’en pépinière. Le territoire met par ailleurs à disposition quelque 200 hec- tares de foncier pour les en- treprises désireuses de s’implanter. La Communauté d’agglomération de Bourges offre aussi la possibilité de faire bénéficier les entreprises de subventions qui consti- tuent une déclinaison des aides régionales. Ces der- nières sont plafonnées à 30000 euros. « Notre ambi- tion dans l’avenir à court terme est de faire venir da- vantage d’entreprises an- crées dans les filières phares du territoire : le bâtiment in- novant, la prévention du risque, mais aussi le numé- rique dont le potentiel s’arti- cule autour du cluster AGHIR (Autonomie Géron- tologie Handicap Innovation Recherche) et la Silver éco- nomie », décrit Erik Bentz. La Communauté d’agglomé- ration de Mont-de-Marsan est elle aussi en grande muta- tion. Le territoire est large- ment tourné vers l’agroalimentaire, les procé- dés innovants du secteur, mais aussi vers la filière Bois, le département landais étant l’un des plus boisés de l’Hexagone. Pour répondre au potentiel de ce domaine, des outils spécifiques ont été élaborés comme la plate- forme Xylomat, conçue pour les entreprises en recherche de partenaires et solutions re- latives au bois. Cette dernière est liée au pôle de compétiti- vité local Xylofutur. Le sec- teur du logiciel libre représente l’un des potentiels importants localement, comme d’autres activités pro- metteuses relatives aux nou- velles technologies. Début 2014, une pépinière d’entre- prises a démarré son activité.
MÊLER RECHERCHE ET INDUSTRIE
Les structures d’accompa- gnement se multiplient dans les régions, avec dans les es- prits une priorité essentielle : créer un écosystème collabo- ratif, le contexte idéal pour que les entreprises ne man- quent de rien. « Un incuba- teur doit permettre de conserver des emplois et sur- tout d’en créer à long terme. C’est la préoccupation cen- trale à l’heure actuelle, ce qui explique ce mouvement géné- ral de l’économie », estime Nicolas Hazard, président du Comptoir, un incubateur ou- vert depuis un an à Paris et qui vise avant tout à créer des emplois locaux durables.
« Salut Jean ! Salut Georges ! A nous deux nous allons conquérir le monde... »
centres R&D de grands groupes comme thalès ou Kraft Food sont quelques unes des organisations de ré- férence dans ce domaine.
ACTIONS FORTES DES TERRITOIRES
Les développements de ce type ne sont pas près d’arriver à leur terme. Le département de l’Essonne voit les choses en grand. il met actuellement en place le projet iPHE (in- cubateur Pépinière Hôtel d’Entreprises), dont l’objet est de fournir sur un même lieu d’ici 2020 des accompa- gnements et une mutualisa- tion de solutions sur le très long terme. il s’agit d’un vaste programme immobilier de 10000 mètres carrés des- tiné à accueillir des entre- prises. Le projet vise à apporter des espaces techno- logiques mutualisés dotées d’équipements techniques particuliers comme des salles blanches. il va du stade de l’incubation de projets à celui de l’hôtel d’activités en pas- sant par la pépinière. L’iPHE hébergera quelque 250 entre- prises innovantes qui seront liées aux Réseaux théma- tiques de recherche avancée (RtRa) et aux activités des pôles de compétitivité lo- caux. Les nanotechnologies seront largement représen- tées.
La région Île-de-France re- gorge de structures pour im- merger les entreprises au
Un terreau fertile pour les jeunes entreprises. Celles-ci peuvent par exemple profiter du fameux bâtiment « 503 » du campus d’orsay, qui met
Un incubateur doit permettre de conserver des emplois et surtout d’en créer à long terme
cœur de l’innovation. La pré- sence du CEa (Commissariat à l’énergie atomique et aux énergies alternatives), de l’in- cubateur technologique incu- balliance, ou encore des
L’optique, l’opto-électro- nique, et plus largement les technologies de l’information et de la communication, figu- rent parmi les activités phares des développements locaux.
à disposition du matériel technique pour les start-up comme des imprimantes 3D, utilisables pour la réalisation rapide de prototypes. Le lieu abrite par ailleurs la Filière
Cas d’école
Technopole de l’Aube : le pari gagné des entreprises
Elle paraît déjà loin, l’image d’un territoire voué à la gri- saille économique, déserté par une industrie du textile en souffrance. Aujourd’hui, l’Aube est souvent synonyme de start-up, de sciences, de technologies d’avenir. Et la tech- nopole du département a fortement contribué à hisser ce nouvel étendard. Avec ses 70 hectares renfermant une pé- pinière, un hôtel d’entreprise, deux hôtels de bureaux, elle fait figure de tremplin pour de nombreuses sociétés à fort potentiel. L’exemple le plus illustre est peut-être celui de LDR Medical, spécialisée dans la fabrication d’implants chi- rurgicaux, née au sein de la structure en 2000, désormais implantée aux Etats-Unis et cotée au Nasdaq.
Les quelque 50 entreprises et organismes hébergés ont, semble-t-il, de bonnes raisons de rester. 50% des sociétés locataires ont plus de cinq ans d’existence, ce qui atteste de la pertinence et de la viabilité des projets. La proximité de l’UTT (Université de technologie de Troyes), la création du Young Entrepreneur Center (Yec), l’incubateur étudiant, font partie des éléments essentiels qui nourrissent l’attrac- tivité des lieux. Une synergie forte existe également avec le Groupe ESC Troyes. En témoigne le partenariat récent entre la technopole, l’école d’ingénieurs EPF et l’ESC qui a donné naissance au Master of Science « Innovation,
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Création et Entrepreneuriat », une nouvelle formation uni- versitaire qui croise ingénierie, design et management. Une technopole comme celle de l’Aube, c’est aussi un gain de visibilité parfois décisif pour un projet entrepreneurial. Okénite Animation, une société spécialisée dans l’image 3D, est née à Paris et a été contactée dès ses débuts par le Conseil général pour rejoindre le site alors qu’elle venait de remporter deux prix nationaux. A l’issue d’une soirée de présentation de son offre dans l’Aube devant un par- terre d’importantes entreprises, les contrats se sont d’em- blée enchaînés pour la jeune structure. Nul doute que d’autres success stories sont à venir. L’une des plus impor- tantes pourrait concerner le jeune spécialiste du stockage de l’électricité Levisys qui a récemment quitté la région parisienne pour s’installer dans l’hôtel d’entreprise de la technopole, où six personnes sont employées à la R&D. La structure est spécialisée dans la conception de volants d’inertie à sustentation passive. Une technologie d’avenir permettant la régulation de la production d’électricité, dont le potentiel a convaincu le département de l’Aube. Ce dernier lui construit actuellement un bâtiment de 4000 mètres carrés sur le parc technopolitain en vue d’une en- trée en production d’usine prévue pour 2016...
D’autres territoires déploient des réponses analogues pour mettre le potentiel des entre- prises dans des conditions propices à son expression. autrefois connue comme un territoire de référence dans le secteur de l’armement et de la mécanique, la région de Bourges retrouve actuellement des couleurs et s’illustre par des développements concen- trés sur l’efficacité énergé- tique et de la gestion du risque au sens large. « L’im- plantation récente de Recti- cel, une grande entreprise productrice d’isolants inno- vants pour le secteur du bâti- ment, témoigne de cette tendance », indique Erik
La Fabrik » qui
il s’agit de «.
accueille de jeunes entre- prises innovantes en matière d’open source, d’écotechno- logies, de design industriel et d’industrie de l’image. Elle est située dans le parc techno- logique«SoWatt!»etest également dotée d’espaces de co-working.
Mathieu Neu

