Page 94 - EcoRéseau n°17
P. 94
www.ecoreseau.fr
n°17
ART DE VIVRE & PATRIMOINE L’Air du temps - L’actualité automobile Taillées pour la ville
Les petites urbaines constituent désormais l’essentiel du marché hexagonal. Ces véhicules d’environ 3,5 mètres, trois ou cinq portes, taillées pour la ville, ont représenté en 2014 plus de la moitié des ventes automobiles en France selon le Comité des constructeurs français d’automobiles, contre seulement 40% en moyenne dans les autres pays européens. C’est dire si la nouveauté sur ce segment de marché ne laisse pas les Français indifférents. D’où le succès attendu pour le renouvellement des stars hexagonales que sont la Renault Twingo, la Citroën C1 et la Peugeot 108 (ex 107). Si le groupe PSA Peugeot Citroën et son partenaire Toyota avec l’Aygo ont choisi de seulement toiletter en profondeur leurs lilliputiennes apparues en 2005, Renault au contraire a donné naissance à une toute nouvelle voiture. En 2007, la première tentative de renouvellement du modèle emblématique créé il y a 21 ans n’avait pas tout à fait convaincu. La Twingo troisième génération se montre plus efficace. Si son dessin semble fortement inspiré par celui de la Fiat 500, la puce au losange s’en démarque par une modernité affirmée qui confirme le retour en grâce des designers maison.
LA TWINGO FAIT MARCHE ARRIÈRE
C1 ET 108 MONTENT EN GAMME
Coté mécanique, C1 et 108 partagent leur motorisation essence : un bloc de 1 litre de cylindrée et 68 chevaux, et le nouveau petit trois cylindres 1,2 litre Pure Tech de 82 chevaux particulièrement économe, mais dont la puissance nuit à l’agrément de conduite en ville. A noter que la C1 et la 108 proposent, à défaut d’une véritable boite de vitesse automatique, une boîte de vitesses pilotée ETG5 à cinq rapports quand la Twingo n’offre qu’une boîte manuelle (le comble pour une citadine).
petit moteur essence Energy TCe 90. Ce trois cylindres de 998 cm3 et 90 chevaux est tonique et réactif et pourtant économe (entre 4 et 5 litres aux 100). Seuls bémols : un freinage médiocre, une commande de boîte dure et imprécise, une visibilité trois quarts arrière nulle. Et quelques regrets comme l’absence de banquette arrière coulissante, un coffre arrière – moteur oblige – digne d’une voiture électrique, un coffre avant inexistant et une habitabilitérestreinte.
Côté esthétique, la Twingo III série limitée Edition One de notre essai mettait le paquet avec un habillage de carrosserie noir et rouge – stripping exclusif, coques de rétro extérieurs, moyeu des jantes alliage 16’’ – et un décor intérieur en harmonie : inserts sur le volant cuir, cerclages des aérateurs, bandeau de planche de bord, sellerie cuir/tissu... S’y ajoutent une belle finition (avec une granulation différente des plastiques, gaufrés sur la planche de bord, quadrillés sur les portières) doublée d’un équipement généreux (caméra de recul, tablette intégrée R-Link Evolution...).
« Mirror » peu convaincant. Ce dispositif est censé connecter l’écran tactile 7 pouces hérité de la 208 à un smartphone via une appli téléchargeable pour faire office de GPS. Mais lors de notre essai le système était incompatible avec l’iPhone d’Apple. Dur dur quand on vise les moins de 30 ans. Et un sérieux handicap en comparaison de l’excellent système R&Go de la Twingo (également relié au smartphone) ou la tablette R-LINK embarquée.
Surtout elle renoue avec une architecture mécanique – propulsion à moteur central arrière – héritage lointain de son ancêtre la 4 CV, développée avec Daimler-Benz (qui en équipe ses nouvelles Smart). L’ensemble est harmonieux, efficace, très agréable à conduire grâce au
La Hyundai i10 qui vient également d’être remaniée s’affirme comme une prétendante plus sérieuse. Un poil plus longue que ses concurrentes (3,66 m contre 3,47 m pour la C1/108 et 3,59 m pour la Twingo) elle est beaucoup plus habitable. Jolie, élégante, bien finie, avec une planche de bord bicolore, de nombreux espaces de rangement, un coffre honnête, la i10 nouvelle génération offre un réel plaisir de conduite. Son moteur 1,2 litres de 87 chevaux est performant, la boite manuelle 5 rapports très agréable (à noter qu’une boite automatique à 4 rapports est également disponible), le confort, le freinage et la tenue de route sans reproches.
94
FÉVRIER 2015
Enfin last but not least le groupe Volkswagen bataille
Face à la Twingo les petites Citroën C1 et Peugeot 108 ne sont pas en reste. Elles aussi montent en gamme et bénéficient grandement du généreux lifting réalisé par leurs constructeurs, tant sur le plan esthétique que technique. Construites comme leur cousine nippone, la Toyota Aygo, dans l’usine commune de Kolín en République tchèque, elles ont modernisé leur look, mis à jour leur équipement, bonifié leur mécanique. Et comme la Twingo les pitchounettes de PSA jouent à fond la carte de la customisation en proposant huit teintes de carrosserie, deux combinaisons bicolores (pour la 108), trois teintes de capotes pour le toit en toile découvrable et des kits de personnalisation avec force stickers intérieurs et extérieurs. Que ce soit la Citroën C1 qui cible à l’évidence une clientèle jeune et féminine, ou la Peugeot 108 plus stylée, les deux partagent les mêmes défauts et qualités. Côté « plus » : des équipements haut de gamme (caméra de recul, sièges chauffants, limiteur de vitesse, ordinateur de bord, accès et démarrage mains libres, clim auto, feux auto...) ; côté « moins » : une exiguïté intérieure, un coffre riquiqui, des vitres arrière à compas (comme sur la Twingo), et un système
Face à ces trois city cars les concurrentes n’ont pas dit leur dernier mot. A commencer par la reine italienne Fiat 500 dont l’inspiration vintage continue de susciter des passions. Toujours aussi séduisante, la petite milanaise souffre en revanche de la comparaison sur le plan mécanique (moteur anémique, boite pilotée dualogic médiocre, stop and start insupportable...). La Fiat Panda récemment relookée a elle aussi une carte à jouer. Plus basique que la 500 avec laquelle elle partage le moteur (bruyant) 0,9 litre TwinAir Turbo de 85 chevaux, la Panda est alerte en ville mais rapidement à bout de souffle sur la route.
CONCURRENCE FAROUCHE DES ÉTRANGÈRES

