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n°17
STrATéGIE & INNOVATION NUMérIQUE Haute résolution - Dématérialisation
Les retardataires de la démat’
L Alors que le mouvement vers la dématérialisation a pris de l’ampleur, certains ne sautent pas encore le pas, principalement les entités de petite taille. Pourtant, les solutions existent.
es indicateurs sont sance du processus de la d’administration. Il y a unanimes : la dé- dématérialisation et de ses une politique interne à me- matérialisation a avantages ; aujourd’hui, ner par rapport à l’outil
enfin décollé. rien que ils sont liés à des considé- numérique : comment s’en
pour les logiciels et ser- vices, le marché devrait bondir de 12% à 5,25 mil- liards d’euros en 2014, et poursuivre jusqu’à 5,85 milliards d’euros en 2015 – soit près d’un quart du marché des logiciels et ser- vices. Ce développement devrait entraîner dans son sillage celui de l’archivage électronique, avec une
rations de taille, d’orga- nisation et de budget.
servir, se l’approprier, an- ticiper les besoins... Et cela nécessite de faire des investissements », explique Yann Duverdier, directeur marketing de JVS Mairis- tem, éditeur de logiciel pour les collectivités lo- cales. Passer à la dématé- rialisation n’est pas un pro- jet qui se mène en un cla- quement de doigt. Or, dans une petite collectivité de 1000 habitants, les budgets sont serrés et les équipes réduites – et elles n’ont pas forcément une DSI ou des services internes sur lesquelles elles pourraient s’appuyer. Sans oublier des problèmes plus pro- saïques encore : nombre de toutes petites com- munes n’ont pas de poli- tique stricte d’email – les élus et conseillers se ser- vent de leurs adresses per- sonnelles, ce qui entraîne des risques de perte de données. Enfin, la bande
L’administration électronique, c’est 20% d’électronique et 80% d’administration
LES PETITES COMMUNES MARQUENT LE PAS Malgré l’orientation forte prise par le gouvernement sur la numérisation, les petites collectivités figu- rent au premier rang de ces retardataires de la « dé-
croissance du marché de 13% à 295 millions d’eu- ros en 2014, puis à 335 millions d’euros en 2015. Malgré cette déferlante nu- mérique, tous les acteurs n’ont pourtant pas encore
® Gouvernance
mat’ ». Si le renouvelle- ment des équipes munici- pales en mars dernier a joué un rôle dans ce retard, il serait excessif de lui en attribuer toute la respon- sabilité. « L’administration
électronique, c’est en fait
sauté le pas. Hier, les freins
Dématique & GQuelques irréductibles petites mairies et PME résistent encore et toujours à la dématérialisation
venaient d’une méconnais-
20% d’électronique et 80%
par
Quand le numérique tue l’éducation ...
râce au numérique nous vivons connectés ou non, n’est-elle pas encore Le rôle de l’éducation est ainsi absolu- actuellement une véritable ré- accentuée par le fait de rendre nos en- ment essentiel et au risque de heurter, il volution sociétale, porteuse fants dépendants dès leur plus jeune paraît aujourd’hui évident que mettre à
Président de FedISA
Deux attitudes s’opposent en effet :
• Soit former de bons petits soldats, ca- pables d’utiliser au mieux tous ces nouveaux outils avec le risque d’avoir de plus en plus de dérives du style «matabletteaditque»ou«telsite a dit que » sans se poser la question de savoir comment ont été alimentés ces outils, si ce n’est par les humains ! • Soit former des citoyens indépen- dants, sachant de quoi ils parlent, comprenant comment fonctionne un ordinateur et surtout conscients du fait qu’il y a eu un avant. Ainsi évi- tera-t-on des situations hallucinantes où des enfants tentent de tourner les pages d’un livre classique par un sim-
d’avenir mais aussi d’effets indésira- âge ? Ne passons-nous pas là à côté du disposition l’outil numérique au service
Jean-Marc Rietsch
bles. Concernant ce dernier point il se- rait souhaitable de ralentir ce mouvement de standardisation générale pour ne pas dire de banalisation. De plus nous devons garder la maîtrise de tous ces nouveaux outils, en voir le côté utile et arrêter d’en être les esclaves et de succomber à cette course aux nou- veautés technologiques qui en fait, cache sans doute un profond mal être, comme le rappelle Luc Ferry dans L’in- novation destructrice.
Intéressons-nous plus particulièrement à la formation, sachant que de nom- breux programmes éducatifs s’appuient désormais sur des outils numériques mais est-ce vraiment fondé de vouloir généraliser ces usages ? Cette forme d’esclavage aux outils numériques,
rôle essentiel de l’éducation ?
de nos enfants sans aucune limite et sur- tout trop tôt peut se révéler désastreux pour l’avenir. Gageons que notre société saura réagir sainement et prendra le recul suffisant. Mais encore faudra-t-il que nous acceptions de regarder les choses en face et ensuite d’engager un profond changement sans lequel nous continuerons de former de futurs es- claves. Pourquoi les cadres de la Silicon Valley ont-ils créé une école primaire où les écrans sont absents ? Pourquoi ne parviendrions-nous pas à en faire de même pour peu que nous acceptions d’ouvrir les yeux et d’admettre que rien ne pourra plus être comme avant ?
ple glissé des doigts !
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FéVrIEr 2015
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