Page 98 - EcoRéseau n°16
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n°16
ART DE VIVRE & PATRIMOINE La Sélection culturelle Expos
Librairie
n Cirque – Acrobates
Acrobates est une ode à la vie, à l’amitié, à la tendresse. Ce spectacle raconte le long et tu- multueux voyage vers l’âge adulte. Deux silhouettes traversent des mondes oniriques et pa- rallèles, un menhir, une forêt de fougères, une mangrove, une boite noire, avant de revenir à la lumière du jour. Un peu comme si les deux acrobates du spectacle, tombés dans un film de Miyazaki, devenaient les personnages d’une quête universelle. C’est une célébration de l’acrobatie qui démarre sur un deuil mais s’achève sur la naissance de deux interprètes dont l’énergie vitale nous transporte. Ils dansent l’acrobatie et la vie. Ici, la fiction et le réel se croisent. Acrobates est une partie de leur histoire. Acrobates célèbre le rapport à l’apesan- teur, au temps qui s’étire, au souvenir et à la vie. Ce spectacle parle d’humanité car au-delà même du mouvement, l’acrobate se dévoile, expose ses failles et se livre au public à livre ou- vert. C’est une manière différente d’aborder l’espace, d’aborder la vie : une énergie, un jet d’adrénaline.
Mise en scène Stéphane Ricordel - Dramaturgie et images Olivier Meyrou - Inter- prètes Alexandre Fournier & Matias Pilet / Tournée : du 10 au 14 déc., Théâtre du Nord, Lille.
n Les Particules élémentaires
Houellebecq sur les planches ! Après un mois de représentation à l'Odéon, le collectif « Si vous pouviez lécher mon cœur », troupe de jeunes comédiens sortis il y a cinq ans des bancs de l'EPSAD, école du Nord, emmenés par Julien Gosselin, leur metteur en scène, part sur les routes de France et de Navarre pour inter- préter leur quatrième projet : Les particules élémentaires. Créée en juillet 2013 à l'occasion du festival d'Avignon, cette mise sur les
planches de cet ouvrage devenu culte tranche par son rythme haletant, étonne par le mé- lange des genres, émeut dans sa retranscription théâtrale des vicissitudes vécues par Michel et Bruno, deux demi-frères que tout oppose, réunis le temps d'une lecture tragicomique de l'œuvre. La richesse et la complexité du texte de Houellebecq ? Un challenge excitant pour le jeune metteur en scène de 27 ans qui métamorphose les acteurs en musiciens, poètes, harangueurs, ... Un travail de performeur bluffant. Le résultat est énergique, libre et très rythmé. Un hommage théâtral vibrant de l'œuvre dont on ressort mélancolique et bousculé, malgré de belles tranches d'humour.
n Fun Home
Derrière le jeu de mots, « Fun Home », locution qui renvoie à funéra-
rium, se dessine au fil des pages un récit à la croisée des genres entre
la BD et l'autobiographie. Alison Bechdel, auteure féministe engagée,
notamment connu pour son test éponyme qui démontre par l'absurde
la primauté du genre masculin dans le cinéma, y raconte son enfance
et son adolescence, son rapport à la mort, à l'homosexualité et à l'image
du père. Parfois sincère et drôle, parfois absurde et triste, l'histoire se
nourrit d'un graphisme, naïf de prime abord, enrichi d'incises ultra
réalistes, de cartes topographiques, de lettres comme si on les tenait
en mains propres. Les nombreux allers-retours avec les littératures
anglo-saxonne et française et les inférences mythologiques donnent
corps à des moments de vie et posent au fil des pages la question de l'existence lors de l'adolescence, vue par le prisme du monde des adultes. Plébiscitée par la critique et les lecteurs, la BD, publiée pour la première fois en 2006, est depuis lors entrée dans le Panthéon du 9e art, à côté des Maus, Persepolis et Journal de mon père. Une œuvre magistrale qui suscite une palette d'émotions que seuls nos préjugés sur la BD peuvent étouffer. Incontournable.
Fun Home de Alison Bechdel, éd Denoël, 2006
Musique
lodie. Un album, loin de The Wall ou de The Dark Side of the Moon, qui tranche et ne semble pas se prêter à un enregistrement studio classique. En guise de legs musical pour la postérité, les Pink Floyd sans Waters ont donc voulu optimiser les chutes, ces improvisations musicales captées durant l'enregistrement de Division Bell. Au final, 18 morceaux répartis en quatre parties font baigner l'au- diteur dans un flot typique du groupe avec son lot de surprise. A l'image des pistes 4 et 5, respecti- vement « Sum » et « Skins », qui se caractérisent par des percussions résolument modernes. Un album planant. Une manière de faire durer les au revoir, sacré meilleur démarrage 2014 tous albums confondus côté ventes.
The endless river, Pink Floyd, 15,99 euros
Film
n Old Boy
Noël arrive doucement avec son lot de vin chaud, de guirlandes et de Pères Noël qui sentent comme papi entre le fromage et le dessert. C'est le moment tant repoussé de faire le choix des cadeaux. En guise de présent qui ne passera pas partout, la rédaction a pensé à vous en remettantaugoûtdujourlegrandprixdujurydufestival deCannes 2004 : Old Boy. Adaptation du manga de Nobuaki Minegishi et Garo Tsuchiya, ce film coréen illustre l'exubérance et la maestria du cinéma originaire du pays du matin calme. Le point de départ : Oh Dae-su, père de famille, est tenu captif pendant 15 ans. Dès sa sortie s'engage alors l'enquête de sa vie : retrouver son kidnapper et comprendre sa motivation. Un thriller dérangeant, violent et décalé dans une Corée contemporaine soutenue par une BO qui fleure l'esprit musical de Tarantino.
Old Boy de Park Chan Wook, version blue ray : 15 euros
n The endless river
Depuis division Bell en 1994, rien. La frustration des aficionados des Pink Floyd aura duré pile poil 20 ans. The endless river ressuscite la musique lancinante de Gilmour and Co. Le nom invite au voyage. D'aucuns diront que ce n'est pas le meilleur. D'aucuns ajouteront que la dimension purement instrumentale appauvrit la puissance de ces génies. Mais, on perçoit des intentions différentes dès la première écoute : celle de rendre hommage au claviériste défunt Richard Wright, co-auteur de 12 morceaux, dont les notes lovent chaque mé-
Les Particules élémentaires : Tournée de novembre 2014 à juin 2015.
n Exposition « Souvenirs de Syrie », du 2 au 20 décembre 2014 « Souvenirs de Syrie » présente une
image très différente de celle véhicu- lée actuellement par les médias. Des photographies d’une époque révolue, que nous livre Alain Homsi, dans l’es- poir de susciter chez le spectateur une prise de conscience du drame que vi- vent le pays et ses habitants. Dans « Souvenirs de Syrie », l’artiste présente deux séries de prises de vue : celle réa- lisée à Damas, lieu de son enfance, et
celle réalisée sur d’autres sites, dont Alep, seconde ville du pays.
Loin de toutes considérations politiques, c’est avant tout une immense nostalgie qui se dé- gage de ses images. Cette impression est d’autant plus frappante lorsqu’on sait qu’il n’a pu retourner dans son pays depuis 2011.
Les clichés sont en vente à l’occasion de cette exposition, tous les bénéfices seront reversés au profit de la cause des enfants syriens victimes des événements dramatiques actuels. Entrée Libre
Visites du lundi au vendredi, de 14h à 21h et le samedi de 10h à 17h
Centre d’animation Reuilly: 19, rue Antoine-Julien Hénard - Paris 12ème
98 DÉC. / JANV.
PROCHAIN NUMÉRO LE JEUDI 29 JANVIER 2015

