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n°16
ART DE VIVRE & PATRIMOINE L’Air du temps - Horlogerie et joaillerie de demain
A l’épreuve du temps
LPrestige et intemporalité d’une part, mécanismes sophistiqués et innovation technologique d’autre part... Un paradoxe qui empêche de savoir à quoi ressembleront les bijoux et tocantes du futur.
es prochaines années statut social », explique Au- Victor Poisson, sales manager pour autant hermétique au LA FEMME, dans le secteur des montres, s’annoncent mouve- drey Kabla, présidente et fon- chez Baume & Mercier vent de la modernité. « Pour UN MARCHÉ ENFIN des marques couture proches mentées pour l’horlo- datrice d’Epykomène, une (groupe Richemont), qui se se différencier dans un univers À PART ENTIÈRE de l’univers féminin, comme
gerie contemporaine. En dé- agence spécialisée dans la targue de vendre de « vérita- ultra-concurrentiel, les Enfin, si rien n’est encore Chanel ou Dior, l’ont bien
cidant de mettre en couverture le mannequin star Liu Wen avec le poignet orné non pas d’une pièce de haute joaillerie mais de l’édition en or 18 carats de la fameuse Apple Watch, le Vogue chinois a lancé en novembre dernier un signal fort aux acteurs tra- ditionnels du secteur. Dans une interview avec le site The Business of Fashion, An- gelica Cheung, rédactrice en chef du journal, explique son choix:«Jemesuisditque les Apple Watch rassemblaient la technologie, le style et la fonctionnalité et étaient vrai- ment très modernes, faisant d’elles les accessoires parfaits pour la femme d’aujourd’hui, à qui s’adresse justement le Vogue Chine ».
gestion de marques dans le luxe. Dans cette perspective,
bles points d’ancrage, des objets témoins de moments
grandes maisons généralise- ront l’utilisation des maté-
joué, certains spécialistes du secteur estiment que le mar-
compris en lançant récem- ment avec succès des garde- temps qui combinent élé- gance et une technicité digne des grands horlogers suisses. De leur côté, les marques de joaillerie, comme Chaumet et Chopard ne cachent pas l’importance croissante de l’horlogerie féminine dans leur chiffre d’affaires.
LA MONTRE À L’HEURE DU SMARTPHONE
Si les montres connectées – signées Apple, mais aussi LG, Samsung, Huawei ou HTC – représentent aujourd’hui un marché embryonnaire –, la situation pourrait évoluer ra- pidement. Un cabinet d’études prédit 10 millions d’unités écoulées dans le monde par an d’ici à 2018. Son confrère Canalys est encore plus opti- miste, puisqu’il parie sur 45 millions dès 2017. Alors que les grands noms de la télé- phonie se diversifient dans les montres, aucun horloger haut de gamme ne semble en revanche tenté par l’aventure « wearable tech ». Jusqu’à présent, seule Kairos, jeune start-up coréenne, s’est risquée à lancer un garde-temps dont le design est inspiré de la grande tradition horlogère, tout en révélant les mêmes fonctions qu’une « smart- watch ». Et rien ne prouve que les grandes maisons hor- logères suivent un jour cet exemple. « Aujourd’hui comme dans dix ans, acquérir une belle montre mécanique, c’est acheter du rêve, une émotion, un souvenir ou un
« Les grandes maisons généraliseront les matériaux high tech comme le titane, le silicone ou la fibre de carbone pour des montres toujours plus fines et légères »
LES BIJOUX ÉTHIQUES
Pour autant, les joaillers n’en- tendent pas abandonner leur métier traditionnel. A cet égard, si les professionnels de la joaillerie avouent leur difficulté à prédire l’évolution de la demande dans les an- nées à venir, ils s’entendent toutefois sur deux grandes tendances. La première : l’in- temporalité. « Plus encore que les montres, les bijoux de valeur se doivent d’être indémodables. Aussi, nombre de clientes rechercheront tou- jours des produits considérés comme des classiques, sus- ceptibles d’être transmis de génération en génération », souligne Audrey Kabla. Cette dernière juge enfin inéluctable dans les années à venir la montée en puissance des bi- joux éthiques. « A l’unisson des préoccupations de la so- ciété, les grandes maisons de joaillerie devront prouver que leurs bijoux ont été réa- lisés dans le respect des per- sonnes et de l’environne- ment », précise la spécialiste. Avec l’aide d’Eco-Age, so- ciété de conseil spécialisée dans le luxe durable créée
la principale qualité des mon- tres repose sur leur caractère quasiment éternel. « La Car- tier à remontage manuel hé- ritée du grand-père, la Rolex
cadeau des 30 ans, l’IWC of- ferte pour les fiançailles pour- ront toujours être restaurées. Ce n’est pas vrai pour les montres connectées, qui, comme les téléphones porta- bles, seront irréparables dans dix ans », souligne Thomas Seivy, à la tête de la bijouterie joaillerie parisienne Marthan Lorand. « La beauté de cette industrie tient aussi à son caractère durable », confirme
solennels, dans une société où règnent l’hyperconsom- mation et le jetable ». Pour lui, dans dix ans comme au- jourd’hui, les montres reste-
riaux high tech comme le ti- tane, le silicone ou la fibre de carbone afin de proposer des montres toujours plus fines et légères », assure Au-
ché des montres pour femmes pourrait dans les dix ans à venir être enfin considéré comme un segment à part entière. « Nombre de consom-
matrices préfèrent au- jourd’hui opter pour une montre masculine, dont le contraste sur leur poignet souligne d’autant leur fémi- nité, mais la tendance pour- rait s’inverser dans les an- nées à venir », estime Thomas Seivy, qui observe dans sa boutique de la place de la Madeleine l’intérêt croissant des femmes « pour la belle mécanique ». Plus récentes
Plus encore que les montres, les bijoux sont souvent des produits classiques susceptibles d’être transmis de génération en génération. Difficile dès lors de prévoir les innovations
Livia
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ront l’un des rares accessoires qui permettent aux hommes et aux femmes « de souligner leur personnalité, de se dif- férencier ».
drey Kabla. Par ailleurs ajoute Mathilde de Saint Anthost, account manager chez le bu- reau de tendances Lambert and Associés, « les marques de renom pourraient faire la part belle aux mécanismes sophistiqués, comme le tour- billon et le carrousel, voire aux garde-temps à compli- cations dans le but de séduire une clientèle fortunée et dé- sireuse de se distinguer ».
par la très engagée. Firth, épouse de l’acteur Colin Firth, la griffe suisse Chopard s’est lancée dans la création d’une collection de bijoux à base d’or éthique. Baptisée Green Carpet et présentée pour la première fois à Cannes en 2013, elle ne cesse, depuis, de s’enrichir.
INNOVATION TECHNOLOGIQUE
Si l’attirance des clients pour les belles montres tradition- nelles devrait rester intacte dans le futur, l’industrie de l’horlogerie ne restera pas
Pierre-Jean Lepagnot


































































































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