Page 2 - EcoRéseau n°15
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n°15
EDITORIAL
A quand de vraies grandes réformes ?
Plus que jamais, il est temps de changer nos mentalités et d’accepter les évolutions de nos sociétés. Nos habitudes doivent être bouleversées et notre quotidien accordé aux problématiques contemporaines. Reste à placer le curseur au bon échelon.
Si une réforme générale et d’envergure est inéluctable, celle-ci se doit d’être adaptée et personnalisée. Nos besoins ne sont en effet plus les mêmes et nos institutions ont vécu.
C’est ainsi que nous nous sommes intéressés à différents secteurs en pleine mutation structurelle : de l’hypothèse d’une VIe république à la réglementation des professions libérales qui nécessitent assurément du « sur-mesure » plutôt qu’une uniformisation générale ; de la simplification de l’environnement de nos entreprises à l’interversion nécessaire de nos grands partis politiques ; des nouveaux modes de communication des territoires, dont Bordeaux est un faire-valoir sérieux ; de l’industrie du livre, de la presse et de sa distribution, qui doivent composer avec un environnement instable ;
En quête de vista...
ou de toutes ces petites, m
L’actualité récente nous a offert une savoureuse conjonction de volte-face politiques. François Hollande, lui Président, a tôt fait de déconte- nancer son monde avec une finance tantôt en- nemie, tantôt amie. Nicolas Sarkozy, autoproclamé grand Vizir des retours en poli- tique, a aussi excellé dans le revirement avec le gaz de schiste, fustigeant récemment les op- posants et leur principe de précaution, alors qu’il avait précisément interdit la fracturation hydraulique en 2011. Et Manuel Valls n’est pas en reste pour retourner sa veste couleur sable, assimilant la GPA à « une pratique intolérable de commercialisation des êtres humains » dans La Croix, quand en 2011 il déclarait que « maî- trisée, la GPA était acceptable » dans Têtu. Cette pensée à géométrie variable, selon les époques ou les supports de communication, ap- porte de l’eau au moulin des contempteurs de la classe politique, donnant raison au cynique Talleyrand selon qui dans ce domaine « il n’y a pas de convictions, mais seulement des cir- constances ». Pourtant il n’est pas interdit d’évoluer ou de devoir composer avec une réa- lité inflexible. Mais diantre, où se trouve ce point de mire lointain, qui ferait accepter les détours et demi-tours en tous genres, du mo- ment que le but final est constamment rap- pelé ? Tout manager, capitaine ou chef d’équipe sait qu’il lui faut afficher une vision
simple, aussi ambitieuse, irréalisable, farfelue soit-elle, pour mobiliser les énergies. Le pari final de l’immortalité par Google apparaît dès lors comme un instrument de management. C’est ce qu’on a bien compris chez Lytess (p.36), la PME de cosmétotextiles traitée en Leçons de Maux, où il s’agit de survivre à la maladie du fondateur, ou chez Sculpteo décrite en Business story (p.60), qui cherche à mettre l’impression 3D à la portée du grand public par Internet. Une fois la destination finale connue, les changements de cap ou atermoiements ne désemparent plus les troupes et les imagina- tions se libèrent. « Ce n’est pas la girouette qui tourne, mais le vent », disait Edgard Faure. Ses émules ne se doutent pas des dégâts qu’ils oc- casionnent en termes d’image, mais surtout –
.oyennes ou grandes entreprises dont le renouvellement et l’innovation sont indispensables pour affronter une concurrence toujours plus accrue, etc.
Vous l’aurez compris, des réformes sont nécessaires et tout un chacun doit les sollici- ter. Rassembler nos compétences, simplifier nos administrations, s’organiser et vivre différemment... Il est grand temps d’assouplir nos structures et de mieux coordonner nos efforts.
En d’autres termes, vivons avec notre temps, façonnons notre avenir et commençons à réformer, véritablement.
.e qui intéresse EcoRéseau – en termes
Julien Tarby
Rédacteur en chef
2 NOVEMBRE 2014
Jean-Baptiste Leprince
Fondateur & directeur de la publication
et c’est c
d’énergie créatrice gâchée, parce qu’ils se contentent d’être opportunistes sans fixer de but à atteindre pour le pays. Incompréhensions et levées de boucliers se feraient plus rares avec un idéal seriné. C’est en tout cas ce que suggé- rait Pierre Mendès France, en déclarant que « la politique, c’est avant tout rendre les gens co-intelligents des décisions qu’on doit pren- dre »...
LE CHAT by Philippe Geluck

