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n°14
CLUB ENTREPRENDRE Leçons de maux - Site de l'équipementier automobile New Fabris (Châtellerault) Et la lumière fut...
Théâtre d'une violente lutte sociale au cours de l'été 2009, l'ancien site a opéré sa reconversion dans l'industrie verte. Repris par la société VMH énergies, il produit chaque jour
200 panneaux photovoltaïques.
J uillet 2009. L’été social est chaud et médiatique. Dans la Vienne, à Châ-
la communauté d’agglomé- ration de Châtellerault. « Ce n’était pas facile. Nous sommes tombés en plein mo-
la holding FBJB qui possède aussi la société JIT solaire, spécialisée dans la pose et la maintenance de panneaux
tralisé sur l’usine de Châtel- lerault qui est à nouveau ac- tive depuis le mois de juillet dernier. Actuellement, près
PME régionale pourrait em- ployer quelque 250 salariés. « VMH énergies s’est enga- gée à embaucher en priorité
de 600. Ces panneaux sont destinés tout d’abord à fournir la société holding FBJB, mais également les exploitants agricoles de la région, Sergies et Seolis (les syndicats d’élec- tricité de la Vienne et des Deux-Sèvres). « Notre carnet de commandes nous donne une visibilité sur un an », se félicite Sigisbert Fayet. Et comme il est toujours bon de donner l’exemple, VMH énergies a d’ores et déjà prévu d’équiper la toiture de son site de production de pan- neaux photovoltaïques à hau- teur de 1,2 Mégawatt, dès que l’ensemble de l’usine aura été rénové.
tellerault, la colère monte sans espoir d’accalmie. De- vant les caméras des JT, les salariés de l’équipementier automobile New Fabris me- nacent de faire sauter leur usine à coups de bouteilles de gaz avant que celle-ci ne ferme. Reprise moins de deux ans auparavant par le groupe italien Zen, l’entreprise avait été placée en redressement judiciaire à la suite d’une baisse sensible des com- mandes. Lâché par Renault et PSA en juin 2009, le sous- traitant automobile avait en- suite été placé en liquidation judiciaire. Bilan : 366 salariés à la rue.
VMH énergies travaille éga- lement à la fabrication de composants pour les métha- niseurs de petite puissance. Ce qui devrait déboucher en fin d’année sur la mise sur le marché d’un dispositif de méthanisation destiné prin- cipalement aux exploitants agricoles, qui pourront ainsi produire de l’électricité à par- tir de leurs propres déchets. « Nous avons mis des unités pilotes en route, note Sigisbert Fayet. L’objectif est de valider le concept. » A terme, cette activité pourrait employer 30 à 40 salariés. La troisième activité de VMH énergies consistera à fabriquer des turbines-générateurs adaptées à des petits cours d’eau. « Pour le moment, nous n’en sommes qu’aux prémices du concept », précise le directeur de VMH.
Au terme d’un long bras de fer, les « Fabris » n’ont fina- lement pas fait exploser leurs bombonnes. Le mouvement s’achève à la fin du mois de juillet 2009 dans les cris, les larmes et l’amertume. Après six semaines de négociations, les salariés se retirent non sans avoir arraché de dure lutte 12000 euros en plus de leurs indemnités légales. A l’époque, Jean-François Ma- caire était vice-président du Conseil régional de Poitou- Charentes en charge de l’éco- nomie. « C’était très dur pour les salariés qui se re- trouvaient sur le carreau », se souvient celui qui a suc- cédé à Ségolène Royal à la présidence de la Région. Un véritable traumatisme.
Des voitures aux panneaux photovoltaïques, pour que le territoire rayonne à nouveau...
ratoire sur le photovoltaïque. Et le projet de véhicule élec- trique n’a pas rencontré le succès espéré. »
photovoltaïques. « On n’ac- ceptait pas la disparition de l’usine New Fabris, et fina- lement nous avons réussi à faire renaître une activité in- dustrielle sur un site qui était mal engagé, se réjouit Jean- François Macaire. On dit sou- vent que les élus sont im- puissants face au déclin in- dustriel. Notre réponse est de dire qu’il existe des sec- teurs porteurs et que pour
de 80 salariés de VMH éner- gies et JIT solaire travaillent dans ce lieu rebaptisé Nou- velle fabrique écologique (NFE). Mais seulement 4200 mètres carrés des 16000 du site sont utilisés. « Il nous reste 10000 mètres carrés à rénover, anticipe Sigisbert Fayet, le directeur de VMH énergies. Nous attendons de finaliser un financement ban- caire pour lancer la suite du
des anciens salariés de New Fabris, précise Jean-François Macaire. Quelques-uns ont pu être recrutés, mais il est évident que cinq ans après la fermeture de l’usine, la plupart avaient déjà retrouvé une activité. »
« Lorsque l’usine a fermé, Ségolène Royal a voulu mon- trer que l’on pouvait attirer de nouvelles activités éco- nomiques, rappelle Jean-Fran- çois Macaire. Elle a alors décidé de racheter l’usine et d’en faire un site dédié à l’industrie verte. Nous avions alors deux pistes : les véhi- cules électriques et les éner- gies renouvelables. » La Ré- gion se porte acquéreur des lieux pour 800000 euros et en entreprend la dépollution, le désamiantage et la réno- vation (3 millions d’euros de travaux) avec le soutien de
250 SALARIÉS D’ICI TROIS ANS
Finalement, l’ancien site de New Fabris reprend vie en 2013 lorsqu’il est réinvesti par la société VMH énergies (Chasseneuil-du-Poitou) qui le reprend pour un peu plus
200 PANNEAUX PAR JOUR
VMH énergies tourne actuel- lement avec deux lignes de
La PME Châtelleraudaise (qui reste très discrète sur ses ambitions en matière de chiffre d’affaires) entend avant tout fournir le marché régional. Très présente dans la Vienne et les Deux-Sèvres, VMH énergies ne va, pour le moment, pas plus loin que le département du Cantal, en Auvergne. « Nous sommes clairement dans une logique de territoire, insiste Sigisbert Fayet. Nous produisons et nous vendons dans la ré-
On dit que les élus sont impuissants face au déclin industriel. Notre réponse ? Il existe des secteurs porteurs et pour les accompagner, il faut prendre des risques
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de 2 millions d’euros. Cette les accompagner, il faut par- chantier en fin d’année et de production qui assemblent toute jeune entreprise locale fois prendre des risques. » permettre le déploiement de 200 panneaux photovol- d’assemblage de panneaux Aujourd’hui, l’ensemble des toutes nos activités. » A l’ho- taïques par jour pour une ca- photovoltaïques appartient à activités de FBJB est cen- rizon de deux à trois ans, la pacité quotidienne maximum
gion. »
Yann Petiteaux


































































































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