Page 52 - EcoRéseau n°11
P. 52
www.ecoreseau.fr
n°11
S& I
TRATÉGIE NNOVATION NUMÉRIQUE Décryptage
Wearables
Lunettes intelligentes, montres, bracelets, brassards et pendentifs connectés, vêtements équipés de
capteurs... Le wearable computing débarque, change les usages, et pourrait encore largement évoluer.
I
maginez, d’ici quelques version professionnelle sera
années : dans un bar, commercialisée dans les mois
sur les tables, seulement qui viennent, au prix de 700
quelques smartphones – les euros. Pour la version grand
pauvres étant sur le point de public (autour de 300 euros),
rejoindre les walkmen à cas- il faudra attendre début 2015.
sette et les bippers au cime- Au cœur du dispositif : un
tière des objets ringards. En projecteur rétinien. Les lu-
revanche, une bonne moitié nettes tourneront sous An-
des clients porte d’étranges droïd et auront des fonction-
ailleurs
lunettes et semble . nalités proches de celles
Certains font une recherche d’une tablette... « Mais portée
sur le Net. D’autres consultent sur la tête !, insiste Kayvan
leurs e-mails. Un couple s’en Mirza. Cela permettra de
sert pour filmer la décoration faire de la vraie réalité aug-
de l’établissement, tandis mentée, car grâce à l’affi- û
qu’un groupe de touristes cheur transparent présent de-
asiatiques traduit la carte des vant les yeux, les images nu-
consommations... Dans les mériques virtuelles se super-
transports en commun, les poseront à celles du monde
hôpitaux, à la Poste, dans les réel. » Et également de garder à
restaurants, sur les lieux de les mains libres ; un point de
travail, des scènes du même détail particulièrement ap-
type se répètent.
précié par tout smartphone
addict s’étant retrouvé les Il y a encore quelques années,
bras chargés de valises dans une telle idée aurait relevé
un hall de gare, mais aussi de la pure science-fiction –
par certains secteurs profes- aussi crédible que le voyage
sionnels, notamment médical dans le temps ou une invasion
(chirurgie...) ainsi que dans de martiens. Aujourd’hui,
la maintenance et la logis- cette vision du futur ne res-
tique. Car si aujourd’hui les semble plus à une anticipation
logisticiens s’encombrent de farfelue mais est presque pal-
divers appareils dans leur tra- pable. Le wearable compu-
vail en entrepôt, les lunettes ting est sur le pas de la porte :
pourraient singulièrement leur d’ici quelque temps celle-ci
faciliter la tâche en leur per- lui sera grande ouverte et ces
mettant de communiquer, technologies pourraient trans-
d’être guidés par un procédé former en profondeur l’usage
de géolocalisation ou encore d’une partie des objets du
de scanner des codes-barres quotidien.
simplement en regardant les Le wearable computing ?
Pourtant ses Smart Glasses auraient dl'aider trouver un bon coiffeur...
Pour faire simple, ce sont plaçable
palettes.
« , résume Kayvan confortable pour l’utilisateur. prospective pour le cabinet similaires, sans craindre une
les interfaces informatiques Mirza, directeur général et Au petit jeu de la comparai- de conseil IT Octo Techno- seule seconde de se battre P
qui peuvent être portées sur co-fondateur d’Optinvent, son « tactile vs wearable », logy.
sur le même terrain que le ENDERIE
le corps », précise l’un des start-up basée à Rennes et ce dernier, sur le plan pra- géant américain. « Pourquoi INTELLIGENTE
SG
fondateurs du site Le Web développant des lunettes tique, gagne aux points. Plus devrait-on les redouter ? Ils Mais les smart glasses sont MART LASSES
des Objets. C’est-à-dire, connectées. Finalement, c’est naturel et facile à oublier, il ne sont pas plus experts que loin d’être les seuls repré- Ces lunettes intelligentes res-
concrètement, les vêtements la suite logique : l’ordinateur est également plus immédiat. nous. Et puis ils avaient eux sentants du wearable com- tent l’exemple de produit
intelligents et les objets qui était dans notre sac se
« Dans le cas des lunettes
aussi des concurrents
puting. D’autres objets, bien wearable le plus ambitieux
connectés (bracelets, montres, qu’ils présentent des champs
pendentifs, lunettes...). En un d’action moins vastes, sont Pour l’heure le smartphone reste le cerveau : l'objet
sens, son développement à l’étude ou déjà sur le mar-
connecté capte les informations, mais c'est l'application
s’inscrit dans la continuité ché. Les geeks les plus pas-
des évolutions de l’informa- sionnés (et fortunés) pour-
tique. Des ordinateurs raient bientôt connecter toute du téléphone et la partie logicielle qui la traitent
énormes des années 70 leur penderie. Lechal, marque
stockés dans des salles à la créée par la société indienne
révolution du PC. Du PC à Ducere Technologies, pro-
l’ordinateur portable, puis pose par exemple des chaus-
aux tablettes et aux smart- sures et semelles intelligentes rapproche de plus en plus connectées, pas besoin de et prometteur, au champ d’ap- lorsqu’ils ont lancé leur mo-
phones. Du tactile aux objets qui, glissées dans une paire de notre ordinateur à nous, sortir un appareil de sa plication le plus étendu. Si teur de recherche », tranche
connectés et à la réalité aug- de baskets (ou de mocassins, le cerveau ! » Une suite lo- poche : il est possible d’ac- la Google Glass a reçu un Kayvan Mirza. Sa société,
mentée.
pas de jaloux) offre la pos- gique, certes, mais également céder à des informations sans important écho médiatique, Optinvent, réfléchit depuis
sibilité via une connexion « La puissance de calcul est une rupture, une évolution aucun effort », explique Guil- d’autres sociétés planchent 2008 à un modèle de lunettes
Bluetooth d’envoyer diverses
de plus en plus mobile, dé-
vers un usage de plus en plus
laume Plouin, responsable
de leur côté sur des appareils
connectées, baptisé Ora. La
J2014
52 UIN

