Page 37 - EcoRéseau n°11
P. 37
www.ecoreseau.fr
n°11
CE
Interview croisée - spécial Brésil LUB NTREPRENDRE


















avec des nuances dans la re- de management est forcément l’image véhiculée par vo- tenir un examen linguistique sommes perçus comme des dans la salle de pause. Nous 
lation humaine. Avec les col- différent. Avec mon collabo- tre entreprise ?
reconnu (le TCF) et pour mon- personnes très organisées, très avons regardé les matchs en- 
laborateurs brésiliens, nous rateur français, je peux pren- PC : Nous bénéficions d’une ter un dossier de candidature méthodiques, mais un peu au- semble, c’était très bénéfique 
savons que nous devons pren- dre un ton plus direct, là où très bonne image car nous complet. Notre public a bien toritaires et assez froides. Avec pour la cohésion d’équipe ! 
dre en compte la dimension mes employés brésiliens se nous sommes développés sur compris que nous n’étions les Brésiliens, tout est question Cette année, le maire de São 
affective. Tandis qu’avec nos sentiraient agressés. Combien un marché de niche, très dif- pas des concurrents de l’Al- de forme. Nous, Français, Paulo a décrété des jours fériés 
collaborateurs français, nous
de directeurs français débar-
férenciant. Nous sommes sou-
liance Française car nous pro- sommes un peu grossiers ! quand les matchs auront lieu 
posons un service personna- CH:Ilyadevraisapriori dans sa ville, soit six jours au 
lisé. D’ailleurs, nous avons concernant les Français ! Nous total. Nous n’allons pas tout 
fait le choix de la diversifica- entendons ici et là qu’ils sont accorder, ce serait impensable, 

tion avec le lancement de maniérés, qu’ils sont négligés mais nous fermerons le 12 
deux cours de français et de (les Français « auraient inventé juin pour l’ouverture du Mon- 
portugais en ligne. Ce déve- le parfum pour éviter de pren- dial, et nous regarderons les 
loppement a nécessité trois dre des douches »). Bref, les matchs du Brésil ensemble 
ans de travail mais nous per- blagues pour nous taquiner au bureau les autres jours. 
met aujourd’hui d’offrir tous ne manquent pas, de la même Mais nous savons déjà que 
nos services à distance. Notre façon que nous nous plaisons les clients se feront rares ! 
équipe est composée d’une à charrier nos amis belges ! CH : Le Brésil et le foot, 
dizaine de professeurs français Nous sommes en fait assez c’est incroyable ! Ils en parlent 
et brésiliens. Cette richesse respectés grâce aux études et tout le temps, et dans toutes 
bi-culturelle renforce notre à l’éducation. Je dois dire que les classes sociales. Le portier 

image.
le complexe brésilien envers
de l’immeuble va discuter
CH : Le business de l’out- 
sourcing et de l’import-export Avec les collaborateurs 
est assez compliqué. Qui dit 
importation au Brésil dit fis- brésiliens il faut 
calité lourde, calculs fiscaux 
complexes. Nous faisons tout absolument prendre en 
pour travailler notre image, 
en expliquant de manière sim- 
ple ce qui peut ressembler à compte la dimension 
un flou artistique. Nous es- 
affective
sayons de vulgariser la com- 
plexité de la fiscalité brési- 
lienne, et c’est grâce à ce tra- 
vail que Novatrade est au- Pauline Charoki
jourd’hui recommandée par 
Ubifrance. C’est bien sur une 
grande satisfaction.
la France, pays du sud contre d’un match de la veille avec 
Comment les Français pays du nord, Amérique du le PDG de l’entreprise et lui 
sont-ils perçus au Brésil ? Sud contre Europe, se ressent lancera sans complexe : « Vous 
PC en faites une tête ce matin 
: Les Brésiliens adorent
parfois.
» ! 
Au Brésil les gens parlent de 
Le foot et le Brésil, une foot tous les midis pendant la 
vraie folie ?
pause déjeuner. C’est une ma- 
PC : Laissez-moi vous ra- nière de briser la glace et cela 
Cyprien Hoffet
conter une anecdote : lors de efface les classes sociales. Ici, 
la précédente Coupe du vous êtes obligé de supporter 
monde, les filles de mon une équipe de foot, même si 
directeur général de Novatrade Brasil, filiale du groupe Brazil Invest Solu- équipe sont venues me voir vous n’aimez pas le foot, 
tions, plateforme internationale d'access market au Brésil, prévoit de réali- pour me demander si des jours même si vous n’y connaissez
rien. Ceser un chiffre d’affaires de 400000 euros en 2014.
fériés étaient prévus lors des n’est pas ce qui va

.
rapporter un beau contrat, matchs du Brésil. Je trouvais 
© DR
la France, capitale du chic et mais cela permettra de déve- cela absurde ! J’en ai discuté 
du glamour ! Le fait d’être lopper des affinités, bien utiles avec des amis brésiliens qui 
devons davantage instaurer qués au Brésil se sont cassé vent comparés, à tort, à l’Al- étrangère, et surtout française, au business. Le cas d'une ren- m’ont dit ceci : « N’essaie 
des limites, en matière de les dents au bout de six mois liance Française, notamment a été pour moi un réel atout. contre Brésil-France serait un même pas de lutter. Le foot 
comportement notamment. à cause d’un management pour l’apprentissage du fran- Les Brésiliens âgés de 40/50 beau moment dans l'entreprise, est ancré dans la culture bré- 
CH : Oui, je me suis adapté trop directif ! Cette remise çais. Or, l’IFESP propose en ans parlent bien le français, nous irions voir le match tous silienne, il faut les laisser 
à mes employés (quatre Bré- en question de notre mana- six mois, un an, aux étudiants car c’était leur deuxième ensemble et... que le meilleur profiter de ce moment ! ». 
siliens et un Français) et à gement « à la française » est brésiliens qui souhaitent in- langue à l’école. La culture gagne !
Comme je suis très ouverte 
leur culture. Au Brésil, nous indispensable pour réussir au tégrer des grandes écoles et française est très présente dans et à l’écoute de mes employés, 
devons valoriser la personne, Brésil.
universités françaises, une for- la vie et dans l’esprit des Bré- plutôt que d’instaurer des jours 

essayer d’avancer ensemble mation personnalisée pour ap- siliens. D’un point de vue non travaillés, je leur ai pro- 
de façon amicale. Le style
Etes-vous satisfaits de
prendre le français, pour ob-
plus professionnel, nous
posé d’installer une télévision
Propos recueillis par 
Anne Diradourian
J2014 
UIN 37


   35   36   37   38   39