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n°9
S& I
Business story TRATÉGIE NNOVATION NUMÉRIQUE
mondial derrière Mattel et et aux chevaliers... » Pour nement d’une politique d’ex- l’imaginaire de l’enfant dans Lego Star Wars étaient des pièces se sont crées, des jeux-
devant Hasbro, à qui elle a ne rien arranger, le géant da- pansion basée sur l’innova- des univers déjà établis, sont jeux de très bonne qualité, concours à destination du
ravi la place de dauphin l’an- nois a vu dans le même temps tion et le numérique via prin- commercialement rentables des hits », relate Nicolas For- public sont régulièrement or-
née passée. En 2012, le son brevet d’origine tomber cipalement l’acquisition de car connues de tout le sans. Connectée à l’ère nu- ganisés...», souligne Nicolas
groupe a cumulé plus de 3 dans le domaine public. licences : Batman, Le Sei- monde. », note Sophie Gehel, mérique (une vingtaines d’ap- Forsans. Une modernisation
milliards d’euros de chiffre « Cela a clairement fragilisé gneur des Anneaux, Indiana sociologue spécialisée sur les plis smartphone estampillées quiserépercute sur les ventes,
d’affaires et connaît une crois- Lego qui a vu des concurrents Jones et beaucoup d’autres, pratiques médiatiques des Lego sont actuellement dis- puisque ces adultes, à la fois
sance à deux chiffres sans entrer sur son marché de sans oublier le blockbuster jeunes et enseignante à Paris ponibles sur iTunes), sans .
nostalgiques et rassurés par le
discontinuer depuis 2008. prédilection ». Contraint de absolu Star Wars, rejoignent VIII. L’adaptation vidéo-lu- délaisser ce qui a fait sa re- côté « valeur sûre » de Lego
« Et tout ça en renouvelant minimiser ses coûts de pro- tour à tour la grande famille dique de Lego est un énorme nommée, Lego s’est méta- en termes de potentiel ludique
80% de sa gamme en maga-
ductions, Kjeld Kirk Kris- Lego et voient leur environ- succès et favorise de surcroît morphosée en marque inter- et d’épanouissement, n’hésitent
sin tous les ans », appuie tiansen, le petit-fils du fon- nement reproduit non seule- le pont entre les générations. générationnelle, qui a su pro- pas à offrir des boîtes de briques
Laurent Bramardi. Et pour- dateur, alors à la tête du ment en figurines, mais aussi « Je connais beaucoup de fiter des atouts que représente à leurs enfants. Qui reprodui-
tant, il n’en a pas toujours
groupe, s’est séparé de plu-
en jeu vidéo. En parallèle, gens qui ont acheté les jeux l’interactivité pour voir des ront peut-être ce schéma à leur
Lego développe des moyens- vidéo sans jamais avoir joué adultes se réapproprier cette tour...
métrages animés tirés de ces aux Lego étant enfant. Tout forme de jeu. « Le numérique
licences. « Ces « marques » d’abord parce qu’avant d’être a permis à Lego de fédérer
très mainstream, même si estampillés Lego et vus des communautés de fans :
elles ont tendance à enfermer
comme tels, Lego Batman ou
des forums d’échanges de
Marc Hervez
été ainsi, loin de là. Il y a sieurs centaines d’employés
une dizaine d’année à peine, en 2003, avant de passer la
la firme scandinave était au main à l’actuel PDG Jørgen
bord de la banqueroute. En Vig Knudstorp un an plus
2003, Lego affichait un déficit tard. « La marque a su se re-
de 188 millions d’euros, mettre en cause au bon mo-
conséquence d’un recul de ment », avance Laurent Bra-
25% de son activité. Les rai- mardi.
sons ? « Elles furent d’abord
conjoncturelles, estime Ni- RÉAPPROPRIÉE PAR
colas Forsans, fondateur du LES ADULTES
site de culture geek Muttpop. C’est en effet à cette nouvelle
Fin des années 90-début des tête pensante que le géant
années 2000, il y avait un danois doit son salut. Dès
désintérêt flagrant des jeunes son arrivée, Jørgen Vig
pour les jeux manuels en gé- Knudstorp prend une décision
néral et les Lego en particu- fondamentale : recentrer l’ac-
lier, notamment à cause de tivité de l’entreprise sur sa
l’émergence du jeu-vidéo. fonction traditionnelle, les
Ensuite, il y avait un pro- jeux de constructions. Bye
blème au niveau de l’offre. bye les parcs d’attractions et
La marque souffrait d’un autres lignes de vêtements,
manque flagrant de créativité, véritables gouffres financiers.
on en était encore aux pirates
Il accompagne ce reposition-
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