Page 48 - EcoRéseau n°8
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n°8
S& I
TRATÉGIE NNOVATION NUMÉRIQUE
Haute résolution







performances et améliorer compétence verticale forte 
le process. « Un autre enjeu dans un domaine, mais aussi 
de la gouvernance docu- à développer une culture 
mentaire est de bien se large (et moins profonde 
connaître soi-même : iden- évidemment) des autres do- 
tifier son expertise interne, maines, pour pouvoir 
qui est implicite dans la cul- s’adapter aux changements 
ture de l’entreprise », signale de technologie et pour com- 
Alain Berger, directeur gé- prendre les évolutions, les 

néral d’Ardans, qui propose convergences de domaines, 
des solutions d’ingénierie etc. Le fameux profil que 
des connaissances. Définir les Anglo-saxons nomment 
son identité permet de la T-shaped (en forme de T). 
travailler, et de pouvoir plus Par exemple, d’un point de 
facilement la transmettre si vue informatique, cela im- 
besoin, par exemple en cas plique de passer de systèmes 
de nouvelle embauche.
construits un peu comme 
des poupées russes à des Par ailleurs, aujourd’hui, 
modèles plus ouverts, où grâce au numérique, le pa- 
tout le monde a possibilité trimoine informationnel 

de plus ou moins travailler d’une organisation peut – 
sur les données. Mais il ne et, de plus en plus, doit – 
faut pas non plus tomber devenir facilement accessi- 
dans l’excès inverse et lais- ble aux différentes parties 
ser la porte ouverte à tous, prenantes : les salariés, les 
un risque plus élevé qu’on clients, les fournisseurs, les 
ne le croît. « Auparavant, sous-traitants, les parte- 
une hiérarchie documen- naires, et ce avec une rapi- 
taire était en place – confi- dité sans précédent. « Il faut 
dentiel, ultra confidentiel, également prendre en 
etc. – dont la circulation compte le facteur média- 

s’opérait par enveloppes tique, souligne Jean-Louis Catherine et Jean-Claude ont leur interprétation de l'horizontalité en entreprise...
scellées, décrit Jean-Louis de la Salle, membre du 
de la Salle. L’e-mail et son conseil d’administration de à tous ces besoins de partage aller sur un marché ou pren- chies, et augmenter la trans- plus grande, en un temps 
usage ont tout remis à plat ». Xplor. Par exemple, dans et de traitements nouveaux, dre une décision et donc ob- versalité », explique Franck de plus en plus court.
Petit à petit, la notion de ce le secteur des transports, il la gouvernance documen- tenir un niveau d’informa- Pasquet. Sans oublier de P
qui est important, de ce qui
faut pouvoir produire, au taire doit drastiquement évo- tion qui permet la réalisation. faire évoluer ses compé- ENSER , 
moindre accident, toute la luer. Le nouveau mot-clé est « Pour réussir à s’adapter tences.
DIFFÉREMMENT
documentation qui peut s’y rapidité : celle avec laquelle à cette exigence de vitesse, ORGANISER Les premiers touchés sont 
rapporter. » Une quantité on a besoin d’une informa- il faut diminuer les verti- UTREMENT
ceux qui travaillent déjà 
d’information de plus en
tion, avec laquelle on doit
caux, raccourcir les hiérar-
Mais pour pouvoir répondre
dans le domaine. « Au- 
jourd’hui, l’objectif est d’al- 

ler chercher l’essence de la 
valeur ajoutée du docu- 
Gouvernance documentaire
ment », explique Alain Ber- 
ger, directeur général d’Ar- 
dans. Au lieu d’analyser et 
de catégoriser, il faut ima- Document et donnée ne sont pas équivalents
giner la plus-value poten- 
tielle de la donnée. Les data 
miners deviennent des data 
scientists, et les documen- S’il est un mot qui cristallise les ambitions ternes indiquent qu’il pourrait être intéressé pecter certains standards. Cela se voit 
de tous autour du numérique, c’est bien par le produit Z.
dans le secteur bancaire par exemple. Les 
talistes des gérants de la celui de donnée – la data anglo-saxonne. Même si les possibilités sont alléchantes, obligations législatives freinent le passage 
donnée textuelle. Mais le On parle d’archivage de données, de trai- il ne faut pas oublier pour autant les do- au tout numérique, surtout à cause du 
changement de compétence tement de données, de gestion de don- cuments. « Il faut rétablir la hiérarchie problème de la signature – sa version 
n’est pas suffisant. Pour une nées... et de gouvernance documentaire. entre document et donnée, souligne Jean- électronique, malgré des solutions exis- 
telle évolution – d’une ges- Car il y a une différence entre donnée et Pierre Blanger. Il faut séparer les notions tantes, est encore peu répandue. De ce 
tion documentaire à une cul- document, même si en ce moment, la d’information et de document. » Tant que fait, on en arrive à des situations ubuesques, 
ture de volumétrie qui crée première prend le pas sur le deuxième, cela n’est pas fait, il sera inutile d’organiser où un dossier entièrement validé électro- 
de la valeur ajoutée dans voire le phagocyte. En partie, avouons-le, la sécurité du système de gestion. Prenons niquement doit être complété par une 
les métiers –, il faut égale- parce que le terme est à la mode, et un exemple : une facture, s’il lui manque photocopie de carte d’identité... On com- 
ment apporter des change- 
ments organisationnels et surtout parce qu’« aux Etats-Unis, la notion une information, devient invalide. C’est prend alors que pour un DSI, qui s’intéresse 
de document n’est pas évoquée – ils un document, une association d’informa- avant tout à la donnée, « la notion de do- 
structurels.
parlent d’information au sens large », tions clairement visibles et qui a une cument ajoute une complexité technique 
précise Jean-Pierre Blanger, vice-président valeur supérieure à la somme des infor- réelle », explique Jean-Louis de la Salle, Et comme l’information est 
de la Fidim. Dans un domaine aussi dominé mations qui y sont contenues. Cette valeur membre du conseil d’administration de partagée et utilisée par toute 
par l’anglais, ce n’est pas négligeable. est elle-même une donnée ; mais l’objet Xplor. Ils n’ont donc jamais vraiment voulu l’entreprise, avec les mêmes 
L’intérêt est compréhensible. La disponibilité document – même virtuel – a ceci de par- prendre ce sujet en main. Comme malgré exigences, tout le monde est 
des informations extérieures à l’entreprise ticulier qu’il doit pouvoir être restitué à tout il fallait bien s’occuper des documents, affecté par la transformation, 
et une réorientation de la stratégie vers le l’identique, ce qui entraîne un certain chaque activité a souvent développé sa et doit s’adapter. Le fait de 
client final font que la valeur ajoutée pré- nombre de contraintes.
propre solution. Mais cela ne constitue disposer de technologies au- 
sente dans les données internes de l’en- De plus, si l’entreprise est libre de traiter pas une organisation cohésive, et l’enjeu jourd’hui beaucoup plus sou- 
ples et rapides, avec des 
treprise est augmentée par sa mise en re- ses données en interne comme elle le est aujourd’hui trop important. Une vraie méthodes de mise en œuvre 
lation avec des données extérieures. Par souhaite, avec ses propres classifications gouvernance documentaire ne s’occupe 
exemple, on sait en interne qu’un client X et normes, beaucoup de documents ont pas uniquement de traiter des données : agiles, encourage les middle 
adore le produit Y ; mais les données ex-
une valeur légale, ce qui implique de res-
elle doit s’occuper des documents.
managers à acquérir une

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