Page 46 - EcoRéseau n°8
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n°8
S& I
TRATÉGIE NNOVATION NUMÉRIQUE Haute résolution 

Tohu-bohu digital







Au salon Documation des 26 et 27 mars au CNIT de la Défense, axé sur la gestion de contenu et l’infor- 

mation stratégique, la gouvernance documentaire sera abordée. Le tout numérique et le travail coopéra- 


tif génèrent une information qui circule mieux et plus vite dans l’entreprise, dont la valeur dépend des 

plus-values qu’elle pourrait apporter. Un beau tableau qui exige des transformations bouleversant le 

quotidien de tout le monde dans l’entreprise, ainsi que des compétences nouvelles.






Autre technique, autre philosophie


Comment le Big Data a tout changé


Le Big Data est, il faut le dire, l’un des derniers concepts 
dans le vent issus des avancées des TIC. Grâce aux capacités 
de traitement actuelles, il est possible d’utiliser la manne 
d’information générée numériquement à l’extérieur de l’en- 
treprise, telles l’activité et les commentaires sur des réseaux 
sociaux, des forums, et beaucoup d’autres choses encore. 

Pour l’exprimer autrement, on rapproche un ensemble non 
spécifique de données vers celles de l’entreprise pour créer 
de la valeur ajoutée. Et cela a tout changé. Cela modifie 
complètement la manière de structurer les données, ce qui 
n’est pas sans entraîner des changements techniques forts. 
Si on regarde comment est abordé le Big Data aux Etats- 

Unis, le modèle part d’un environnement, d’une méthode qui 
consiste à mettre les données en commun afin de créer une 
unité de la donnée de l’entreprise. Cette unité se fait 
aujourd’hui avec des technologies nouvelles, qui ne souhaitent 
plus les structurer au démarrage. Le simple décalage de 
cette opération entraîne des modifications dans le traite- 
ment.

Car pour construire une base de données classique, l’objectif 
est très important : à quoi servira, demain, la base ? Les 
tables vont être structurées pour cela ; et une fois construites, 
il est délicat de les modifier. Le modèle actuel promu par le 
Big Data, en un sens, ressemble plus à la « Time Capsule » 
L
d’Apple : la donnée est accumulée, modifiée, mais tout l’his- 

torique est gardé. On veut agir plus rapidement, plus direc- 
Otement, avec plus de liberté, ce qui résulte nécessairement rganigramme d'une boîte qui va planter en beauté sa transformation numérique
en une donnée beaucoup moins qualifiée au démarrage. On ’intérêt de la trans- d’ARROWMAN Executive est devenue, plus que jamais, parlons de la manière avec 
obtient au final des entrepôts de données beaucoup plus . Cela ne signifie pas laquelle nous pourrions 
larges, beaucoup moins structurés, prêts à être passés aux formation numé- Searchun élément stratégique de 
filtres du Big Data.
rique, si l’on écoute
utiliser des outils digitaux ; l’entreprise, tant en interne améliorer le service client 
les entreprises, n’est plus
« Au final, cela change énormément de choses, estime Franck cela signifie penser consom- que dans ses relations avec final et son business. Aupa- 
mateur, penser grand nom- l’extérieur.
ravant, nous parlions d’or- mis en doute : si beaucoup 
Pasquet chez ARROWMAN Executive Search. Dans ce modèle bre, rapidité, horizontalité,
ganisation et de productivité,
n’ont pas encore franchi le Le développement, entraîné
de conception, toutes les données sont prises brutes : cela pas, c’est par manque de Les data miners deviennent des data 
peut être documentaire, des chiffres, des données finan- temps, de budget, de res- 
cières... » Le but est de définir d’où vient cette donnée, ce sources... mais pas de vo- scientists, et les documentalistes des 
qu’elle peut créer comme valeur, et avec quoi on peut la lonté. Elles savent que le 
mixer pour qu’au final on puisse en ressortir les éléments de chantier qui les attend est gérants de la donnée textuelle
conséquent, mais que le jeu 
plus-value les plus importants pour l’entreprise. « Nous 
avons des structures de données plus croisées, sauf dans en vaut la chandelle.
certains domaines comme les factures fournisseurs, qui B
restent très liées à la direction financière, par exemple, IENFAITS À TOUS penser que les métiers, en- par la transformation numé- souligne Alexis Vernières, 
explique Alexis Vernières, Regional Vice President chez Kofax. LES ÉTAGES DE LA semble, font plus que les rique, de prestations de ser- Regional Vice President 
Mais sur tous les sujets orientés vers le service client, les FUSÉE
métiers seuls. »
vice de plus en plus pointues chez Kofax, éditeur de lo- 
données sont structurées de façon plus souple. »
« Il faut comprendre, au Une transformation qui vaut et personnalisées en réponse giciels de capture d’infor- 
plus haut niveau, ce que pour toutes les activités de à l’évolution des demandes mations. Chercher des nou- 
Si tout cela n’était pas assez complexe, le Big Data induit un veut dire entrer dans une l’entreprise, et plus parti- des consommateurs – aussi veaux clients est priori- 
autre changement de taille. Avant, le système informatique culture digitale, estime culièrement pour la gestion bien professionnels que par- taire. » Or, les documents 
était conçu comme un château fort ; aujourd’hui, il s’agit Franck Pasquet, associé en documentaire, que le déve- ticuliers –, a entraîné une sous-tendent toutes les ac- 
plutôt de modèles d’ouverture, où tout le monde a plus ou charge de l’animation et du loppement des modes de tra- explosion de la quantité de tivités de service : c’est le 
moins la possibilité de travailler sur les données. Et cela va à 
l’encontre des habitudes du DSI, dont le rôle a été pendant développement de la practice vail collaboratifs exige de données générées par l’en- support sur lequel on peut 
Digital, Marketing et Médias
repenser. En effet, la donnée
treprise. « Aujourd’hui, nous
les développer, analyser les
longtemps de protéger et de sécuriser.
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