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Pour relever le défi majuscule de la transition écologique et répondre aux urgences environnementales, collectivités territoriales et entreprises de l’environnement travaillent de concert. Dans tous les domaines qui participent à la réponse au réchauffement climatique et œuvrent pour une meilleure gestion globale de notre impact sur la planète, firmes industrielles et territoires sont en première ligne. Gestion des déchets, recyclage, mobilité et habitat durable, énergies… les secteurs moteurs de la transition redéfinissent les dynamiques environnementales des territoires.

À tous les stades, dans tous les secteurs, tous les acteurs publics et privés ont un rôle à jouer dans la lutte contre le réchauffement climatique. Une lutte entretenue à tous les échelons des collectivités territoriales qui s’appuie notamment sur des dispositifs réglementaires de planifications territoriales : Schémas régionaux d’aménagement, de développement durable et d’égalité des territoires (Sraddet), Schémas régionaux climat-air-énergie (SRCAE), Plans climat-air-énergie territoriaux (PCAET). Si ces outils locaux regroupent les plurielles politiques de développement durable et orientent la transition écologique des territoires, l’engagement des entreprises et la coopération avec elles se révèle indispensable. Depuis 2010 et une loi issue d’un engagement du Grenelle de l’environnement, la réalisation d’un bilan des émissions de gaz à effet de serre est ainsi obligatoire pour les entreprises privées employant plus de 500 personnes en France ou plus de 250 personnes dans les territoires d’outre-mer (tous les quatre ans), mais aussi pour les services de l’État et les collectivités territoriales (tous les trois ans).

Outre les multiples contraintes réglementaires, les dynamiques de la transition sont avant tout nourries et entretenues par les relations étroites et permanentes entre firmes industrielles, organismes publics et collectivités territoriales. À l’instar du salon Pollutec qui réunit tout cet écosystème d’acteurs moteurs de la préservation de l’environnement et des richesses locales, l’instauration des bonnes pratiques écologiques et le développement des industries vertes et durables commence au bas de l’échelle. Les collectivités s’engagent toujours plus pour la transition écologique, les entreprises et les industries répondent à leurs besoins techniques et humains. Les sociétés et les acteurs de l’Économie sociale et solidaire (ESS), pionniers d’une nouvelle vision de l’économie et des services plus soucieuse de l’humain et de l’environnement, sont notamment très actifs dans nos territoires. De même que certains secteurs industriels tournés vers une production durable (énergies renouvelables, gestion et réemploi des déchets, mobilité verte, bâtiments et villes durables…).

Tri et recyclage, ancrage local obligatoire

C’est l’un des meilleurs exemples des dynamiques de relations entre entreprises et territoires pour la transition écologique : la gestion et le réemploi des déchets (ramassage, tri, recyclage). Et pour cause : le service public de collecte et de traitement des déchets des ménages et assimilés (DMA) relève de la compétence des établissements publics de coopération intercommunale (EPCI). Et, le plus souvent, cette compétence est mise en œuvre par sa délégation à un prestataire privée : les cadors français de l’environnement et de la gestion des déchets, Suez et Veolia, sont ainsi souvent mandatés par les collectivités. Quant aux déchets d’activité économique (DAE) et industriels, leur gestion est dévolue aux entreprises en direct avec des spécialistes du recyclage, en respect des obligations réglementaires françaises et européennes. En outre, depuis 2015 et la loi NOTRe (Nouvelle organisation territoriale de la République), les régions sont responsables de la planification de la gestion et de la prévention des déchets. La collecte est donc un service public, qui vient alimenter les quelque 180 centres de tri.

Sur le recyclage en lui-même, le leader se nomme Paprec, créé par Jean-Luc Petithugenin en 1994. Depuis sa création, l’entreprise participe activement à l’essor d’un secteur clé pour la transition écologique, ainsi qu’à la transformation des territoires. « En 25 ans, nous avons contribué à transformer radicalement l’univers du recyclage en passant de l’artisanat à l’industrie de haute technologie. Nous avons ainsi investi 1,5 milliard d’euros dans notre outil industriel. Par exemple, notre dernière usine de tri de collecte sélective inaugurée à Lyon l’année dernière est un investissement de 25 millions d’euros. Nous avons modernisé et refait complètement une usine à Illats, près de Bordeaux, un investissement de plus de 20 millions d’euros. Ces usines produisent des matières recyclables à partir des déchets des citoyens », se félicite le fondateur de Paprec. Une figure.

Certains territoires mobilisés dans le cadre de démarches « zéro déchet, zéro gaspillage », développent des programmes d’écologie industrielle et territoriale (EIT). L’EIT, définit par la loi du 17 août 2015, consiste en un levier de mobilisation des acteurs de terrain en faveur de la transition écologique par la mise en commun de ressources pour améliorer la productivité : partage d’infrastructures et d’équipements, de matières… Une démarche territoriale tournée vers l’économie circulaire et durable.

Énergies renouvelables et mobilité durable, moteur de la transition des territoires

La transition énergétique vers des sources d’énergie moins polluantes et plus respectueuses de l’environnement constitue l’un des piliers et grands enjeux de la transition écologique globale. Là encore, les collectivités jouent un rôle de catalyseur et d’initiateur incontournable. Dans un mouvement général de décentralisation des politiques publiques et d’ouverture à la concurrence du marché de l’énergie, les collectivités territoriales se retrouvent de fait au cœur de la politique énergétique. Dans le cadre des stratégies énergétiques locales, la participation des entreprises est indispensable. Réponse aux appels d’offres publics, délivrance de mandats d’exploitation ou de marchés publics… Les entreprises de l’énergie répondent à l’appel, notamment en matière de mobilité urbaine. Partout en France, des villes concluent des partenariats avec des entreprises pour développer une mobilité propre. Dernier exemple en date : le déploiement du service d’autopartage 100 % électrique Zity (groupe Renault) dans la ville d’Issy-les-Moulineaux (92) à l’occasion de la Semaine européenne de la mobilité au début du mois de septembre.

Qu’il s’agisse de mobilité durable ou de transition énergétique globale, les territoires sont les premiers incitateurs. En matière d’énergies renouvelables, et plus particulièrement de structures éoliennes et solaires, les projets se multiplient. Et les collectivités sont les premières interlocutrices des industriels, comme l’explique Pascal Craplet, directeur des affaires publiques de RES, l’un des leaders mondiaux des énergies renouvelables : « Nous sommes très présents au sein des territoires et des communes françaises, et ce sont des interlocuteurs privilégiés. Nous parvenons à coconstruire et codévelopper les multiples parcs avec les conseils municipaux, les propriétaires fonciers, les habitants et les associations concernés. Le développement d’un parc commence toujours par un contact avec les élus locaux.

À partir du moment où l’on a des propriétaires fonciers prêts à nous louer le terrain, un accord municipal et l’autorisation de l’État de construire et d’exploiter une installation solaire ou éolienne, nous sommes prêts à produire du courant qui sera racheté par EDF Obligation d’achat. » Un exemple parmi tant d’autres qui confirme la grande loi de la convergence territoires-entreprises : en matière de transition écologique et d’urgence environnementale, entreprises et territoires sont indissociables.

Adam Belghiti Alaoui

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