Grégory Doucet

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Le maire Europe Écologie-Les Verts (EELV) de Lyon vient déjà d’annoncer vouloir rempiler pour un deuxième mandat ! Point sur la gestion de la troisième ville de France.

De l’humanitaire en Afrique de l’Ouest au fauteuil de maire de Lyon. L’étonnant destin de Grégory Doucet interroge. Peu connu au plan national, il est l’archétype de cette vague verte observée, dans les grandes métropoles, lors des dernières municipales. Deux ans après son arrivée au pouvoir, c’est l’occasion de dresser un premier bilan.

Une vidéo différente. En bras de chemise, avec derrière lui le décor d’une école primaire, Grégory Doucet présente ses vœux « aux Lyonnais et aux Lyonnaises » – fidèle à l’usage de la langue en vogue chez les écologistes. Drôle de traditions que ces vœux, qui sont comme la relique des années d’avant. Les années tranquilles : celles où les mois se suivaient pour se ressembler. La guerre est revenue. Elle est en Europe – et non pas « aux portes de l’Europe » comme l’écrivent trop de journalistes. Faut-il dire et redire que l’Ukraine comme la Russie sont des nations européennes ? Grégory Doucet, dans sa vidéo, évoque évidemment le blast ukrainien et l’effort de la mairie de Lyon, qui fit beaucoup pour accueillir ces réfugiés. Son obsession première demeure évidemment le péril climatique… Son slogan lors des municipales de 2020 ? « Dernier mandat pour le climat ». Nous y sommes.

Qui est donc ce citoyen-là, aux tenues simples et aux discours lisses ? Le maire de Lyon demeure assez inconnu ; il ne dit rien aux Français et ses propres administrés peinent à l’identifier. Récemment encore, il est arrivé en retard à une réunion d’équipe – un policier l’avait contrôlé de manière abrupte sans se rendre compte qu’il avait affaire au maire. Impossible à imaginer du temps de Gérard Collomb, de Raymond Barre, de Michel Noir ou d’Édouard Herriot.

L’éclosion soudaine d’un apparatchik

La mode des grands notables semble révolue. Il fut un temps où les habitants des grandes villes aimaient se donner à un notable, parfois même à un « duc républicain ». Pour Bordeaux, ce fut Chaban ou Juppé. Marseille célébra Defferre puis Gaudin avant de détester et l’un et l’autre. Ces deux grandes villes, comme Lyon, sont désormais dirigées par des élus aux ambitions plus timorées. Ils veulent moins « incarner leur ville » que se présenter en « citoyen parmi les autres ». La vague écologiste qui a déferlé dans les métropoles françaises, en juin 2020, a acté une nouvelle ère. Les urbains, lassés par les mois du « grand confinement » rêvaient soudain, comme a pu l’écrire le cher Alphonse Allais, « de mettre la ville à la campagne » – ou plutôt l’inverse. Changer la ville. Mettre un terme aux « grands projets » ambitieux et ruineux, ne pas tout sacrifier à la compétition économique des villes, ne pas construire toujours plus de logements (même si la demande est là) pour sanctuariser les espaces. Des pistes cyclables, des jardins publics… Il n’en fallait pas plus pour porter les écologistes au pouvoir.

Plus de deux ans après, il est temps de dresser, comme l’indique Grégory Doucet, « l’esquisse d’un premier bilan ». Le maire a profité de ce début 2023 pour annoncer, dès maintenant, sa candidature aux municipales 2026 ! « Je suis très heureux de ce que je fais. Bien sûr, il y a des moments compliqués, des remises en question, mais comme dans toutes les fonctions et tous les engagements. Or, à chaque fois que je m’arrête et que je me dis où en suis-je ?, je me dis que je suis là où je dois être ».

Difficulté à trouver ses marques

Quel étonnant parcours que celui de cet employé d’Handicap International, entré à EELV par la petite porte. Aux précédentes municipales de 2014, il est bien candidat à Lyon ; en position non-éligible. Aux législatives de 2017, alors qu’il rêve de se porter candidat, son nom n’est tout simplement pas retenu. Rebelote aux européennes de 2019, un an avant son élection à la tête de la troisième ville de France, il est en 27e position sur la liste de Yannick Jadot… D’étonnantes primaires municipales le consacreront tête de liste pour Lyon – malgré son anonymat. Son programme est l’habituel vade-mecum écolo. On y parle pistes cyclables, bio dans les cantines, ralentissement de la construction, lutte contre l’automobile ; sans oublier les « forêts urbaines » – belle promesse électorale appelée à ne jamais voir le jour.

Inventer sa relation avec les Lyonnais

Et puis il y eut les polémiques, nombreuses, variées. Celle sur le Tour de France, événement qu’il accuse de « véhiculer une image machiste du sport ». Celle sur les menus sans viande dans les cantines. Pas simple dans la ville de la quenelle, du saucisson brioché et des grattons ! Et puis surtout le grand point noir du mandat : l’insécurité, qui à Lyon est galopante. Le maire n’a pas su saisir cette question puisqu’il s’est empressé, dès son arrivée, de mettre en œuvre un audit sur la vidéoprotection et de réfléchir à une autre approche de ce sujet. Seulement, les habitants, qui subissent trafics et rodéos urbains, n’en peuvent plus. Pas le moment d’attendre.

La récente augmentation de la taxe foncière – (+9 %), moins spectaculaire qu’à Paris – risque aussi de tendre ses relations avec la population. Ainsi, en ce début d’année, Grégory Doucet a choisi d’aller au contact des Lyonnais. Il sera présent dans chaque arrondissement, pour chaque cérémonie de vœux. Moyen peut-être de repartir en campagne – ou plus simplement – de faire de la politique, de la vraie. Celle d’avant.


Les Indiscrets d’ERB

Du mouvement au cabinet Darmanin 2023. L’année de l’émancipation pour le ministre de l’Intérieur ? Celui qui rêve de succéder à Emmanuel Macron est parvenu à convaincre l’Élysée d’accepter sa proposition. Le ministre nomme un très proche à la direction de son cabinet. Alexandre Brugère, au profil très politique, succède ainsi à l’ancien chef du renseignement, le préfet Pierre Bousquet de Florian. Du nouveau à Beauveau.

Anne Hidalgo se fâche avec Polnareff Une petite gaffe pour l’édile capitale. Sans le vouloir sans doute, elle a provoqué l’ire du chanteur Michel Polnareff qui, fidèle à sa réputation de rebelle, n’a pas manqué de partager l’info. Fervent utilisateur de Twitter, l’interprète d’« On ira tous au Paradis » a remarqué que la maire de Paris… l’avait bloqué ! Pourtant, ils ne se connaissent pas personnellement. Polnareff s’est aussitôt fendu d’un tweet gouailleur : « Très étonné par cette réaction, peut-être m’en veut-elle pour avoir créé LETTRE À FRANCE et non LETTRE À PARIS ». Le conseiller presse d’Anne Hidalgo, Barthélémy Bolo, s’est empressé de lui répondre – un brin gêné : « Bonjour cher Michel, après vérification, vous n’avez jamais été bloqué. Je vous souhaite une bonne année. » Inexplicable !

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