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Borne et Brigitte : alliées contre le harcèlement scolaire. (Crédits : Capture d'écran BFMTV)

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La Première ministre indiffère plus que jamais les Français. Pourtant, elle semble avoir gagné son pari : celui de s’installer à Matignon dans la durée.

Quelle image les Français ont-ils de « la Première » ? Sans doute celle d’une femme à l’allure sévère, voire stricte, qui grimpe à la tribune de l’Assemblée pour déclencher le fameux « 49-3 » qui irrite tant la gauche. Aussi, les gens retiennent sa manie pénible, son addiction : tirer sans cesse sur sa cigarette électronique. Mais sinon ? Rien de vraiment marquant.

Un rapport difficile au peuple de France

Elle n’est jamais parvenue à construire un vrai rapport avec la population. Borne déteste d’ailleurs les bains de foule et semble s’ennuyer platement lorsqu’un quidam lui expose ses problèmes. Dernière séquence en date : celle de ce collégien harcelé, qui expliquait devant la cheffe du gouvernement et Brigitte Macron sa situation difficile. La Première, pas vraiment du genre « empathique », lance pour seule réponse : « Donc ça montre que c’est important de former tout le monde. » En un clin d’œil, elle tourne le dos. Au suivant ! Matignon tentera de rattraper le coup en confiant aux journalistes « qu’il ne fallait pas confondre pudeur et froideur ».

Les Français ne la savent pas, mais Élisabeth Borne aime l’humour. Plutôt du genre pince-sans-rire que franche gaudriole, mais tout de même. Très récemment, elle s’est amusée de voir les gentilles rumeurs qui lui proposaient, par voie de presse, de prendre la tête de liste Renaissance pour les européennes. « Une sortie honorable » glisse un notable anonyme dans Le Parisien. Avec des amis comme ceux-là, pas besoin d’ennemis.

Borne n’a aucune envie d’aller croupir à Bruxelles, dans les rangs d’un Parlement inutile car dénué de tout pouvoir. Et cela même si un conseiller ministériel confesse qu’elle ferait « une excellente commissaire européenne ». Pas forcément un compliment.

Tordre le cou aux rumeurs destructrices

En visite à Strasbourg, pour inaugurer un nouveau bâtiment nommé Simone Veil, en lisière du Parlement européen, Borne tort le cou à la rumeur : « Je suis Première ministre… Si je suis tête de liste, qui est-ce qui est Premier ministre ? ». Comme si elle ne savait pas que Gérald Darmanin lui plante couteau dans le dos sur couteau dans le dos pour dégoter le poste ! Et ce n’est pas le seul.

La tata flingueuse poursuit, bien décidée à tuer dans l’œuf la rumeur d’un nouveau remaniement : « J’ai entendu ça dix fois […] ça me fait rigoler ». Plus drôle, cette citoyenne lambda qui vient à sa rencontre : « À un moment, j’ai cru que vous seriez éjectée… ». Borne part en fou rire. Inarrêtable. Oui, elle compte bien rester à Matignon. Tant pis si son équipe est composée en grande majorité d’inconnus et de bras-cassés. N’est-ce pas elle qui avouait, en privé, qu’elle était à la tête d’un « gouvernement à moitié composé de débiles » ?

Crépol : son inacceptable dérapage

Moins amusant et même grave : son récent dérapage inacceptable. Après l’assassinat de Thomas, victime, dans le village de Crépol (Drôme), d’un meurtre barbare qui s’apparente à une razzia ; la Première ministre n’a rien trouvé de mieux à faire que de réclamer de la « retenue » et de la « décence » sous entendant même que certains « utilisaient ce drame pour jouer sur les peurs ».

En la présente, c’est plutôt elle qui manqua de décence en voulant ainsi éteindre les interrogations légitimes. Son porte-parole, l’inique Olivier Véran, sombra dans son habituelle médiocrité en évoquant de son côté une « polémique politicienne ». Ce gouvernement serait-il dans le déni face à l’insécurité ? De telles déclarations, aussi lunaires, laissent à penser que l’équipe Borne n’est pas disposée à rétablir l’ordre en France. La Première ministre ferait mieux de se ressaisir : il ne peut plus y avoir de place pour la politique anachronique du « pas de vague ». Si l’inaction perdure, la France se réveillera un jour avec un président marteau, du même genre que Javier Milei.


Les perles de la politique

Un réseau « borniste » au gouvernement ? · Si la Première ministre ne compte pas que des amis dans son propre gouvernement (Bruno Le Maire et Gérald Darmanin en tête) elle s’active en besogneuse pour se former un petit groupe de proches, une « bande de potes » évoque même un ministre. Au premier rang de ce cercle des bornistes pas encore disparus, Aurélien Rousseau, ministre de la Santé, qui fut son directeur de cabinet. Mais aussi Olivia Grégoire, la ministre du Commerce, qu’elle apprécie beaucoup. Sans compter le ministre de l’Industrie Roland Lescure, qui aime tant à se présenter comme le « Mister feel-good du gouvernement ». De temps à autre, elle réunit la fine équipe pour des dîners à Matignon.

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