Borne en parka colorée pour défendre la sobriété énergétique

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Gouverner, ce n’est pas gérer, de manière administrative, les difficultés du quotidien. C’est faire montre pour le pays d’une vision stratégique et  transcendantale. Sinon, on condamne l’action publique à mourir de froid, congelée par les précautions des communicants. N’est-ce pas madame Borne ?

La scène politique mondiale s’est émue cette semaine de la victoire de Giorgia Meloni en Italie. Certains hurlent au fascisme sans trop y croire, d’autres s’imaginent que cette victoire est l’aube d’un jour nouveau en Europe – sans trop y croire non plus.

Et sur les écrans défilent les prises de paroles emportées, lyriques, martiales, d’une femme politique qui – quoi que l’on puisse en dire – est douée d’un charisme certain. Emporter les foules. Partager une passion. Faire vivre ses idées et tout donner pour elles. Une vision charnelle de la politique, encore une fois, quoi que l’on puisse penser d’elle.

En France, pour diriger le gouvernement, nous avons Élisabeth Borne. Et c’est tout autre chose. Lundi matin sur BFMTV/RMC, « la Première » faisait face à Apolline de Malherbe. Exercice consommé de l’interview « franchise totale » où « on se dit tout » « droit dans les yeux ». Des postures. De cet entretien, long de 35 minutes, il ne ressort rien. Slogans annoncés, palabres techniciennes, langue de bois absolue. Rien ne dépasse. Pour l’auditeur attentif, l’écoute se révèle difficile. Madame Borne semble se livrer à un exercice loufoque : parler pour ne rien dire. Gloser, comme disait Voltaire.

Tout juste apprenons-nous, au cours de cet entretien, que le paquet de cigarette va augmenter et qu’une aide va être mise en place pour les foyers qui se chauffent au bois. Des simples communiqués aux rédactions suffiraient pour annoncer ces mesures importantes, mais loin, décidément loin, d’êtres fondamentales. Le gouvernement, qui souhaite « emporter les Français dans sa politique », comme le répètent les divers ministres, va devoir hausser son niveau de jeu.

Emmanuel Macron a placé à Matignon une « polytechnicienne ». Une gestionnaire, une ex du cabinet de Lionel Jospin. Il sait pourtant que la politique est une matière chaude. Il faut vaincre et convaincre. Gouverner, ce n’est pas gérer, de manière administrative, les difficultés du quotidien. C’est faire montre pour le pays d’une vision stratégique et (attention gros mot) transcendantale. Sinon, on condamne l’action publique à mourir de froid, congelée par les habitudes et les précautions des communicants agrées.

Bruno Le Maire, en déclarant qu’on le verrait cet hiver « avec un pull à col roulé » pour faire face à la baisse du chauffage, n’a certainement pas rehaussé la vision que les Français se font de la chose publique. Et retrouver Élisabeth Borne en parka colorée n’est pas non plus du meilleur effet. Quant à Gilles Le Gendre, député Renaissance de Paris, qui déclare avoir décrété avec sa femme qu’il n’utiliserait plus son sèche-linge cet hiver…

Les indiscrets d’ERB

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