En quête du souffle de l’après-covid sur la planète

Remise en question, réorganisation, restructuration, nouvelles manières de faire… Si la crise pandémique pousse la planète entière à se réinventer, le monde d’après se profile aux quatre coins de la planète. Voyages sur la Toile en quête de pistes.

États-unis

Le new deal numérique et l’empire des GAFAM

L’État de New York – le plus touché par la covid – vient de donner main libre à l’ancien directeur général de Google, Eric Schmidt, pour inventer le monde technologique de l’après-covid, un new deal numérique façon GAFAM. Schmidt a dit : « La priorité, c’est la télémédecine, l’enseignement à distance et le très haut débit. »

Intérêt : face à cette annonce de l’État de New York, l’essayiste Naomi Klein répond dans les colonnes de The Intercept, « c’est un avenir dans lequel nos logements ne seront plus jamais des espaces totalement privés mais feront également office, grâce au tout numérique, d’établissement scolaire, de cabinet médical, de salle de sport, et, si l’État le décrète, de prison. » Un new deal numérique pas vraiment RGPD compatible…

Géorgie

L’éducation à l’école hertzienne

L’impossibilité de se rendre à l’école a poussé de nombreux gouvernements à repenser l’approche éducative des jeunes générations. C’est ainsi que les Géorgiens ont pu, à l’image des Lituaniens ou de Mauriciens, découvrir sur leurs télévisions et via leurs postes de radio des programmes éducatifs destinés à l’éducation des enfants. En Géorgie, ces programmes devraient se prolonger après la crise.

Intérêt : face au manque d’équipement technologique nouvelle génération dans les zones les plus défavorisées du monde, les moyens télévisés et radiophoniques étendent considérablement la couverture éducationnelle.

Éthiopie

Des spams téléphoniques

La compagnie de téléphonie Ethiotelecom – propriété de l’État – a trouvé le moyen de faire circuler les informations liées au coronavirus rapidement, de manière efficace, à l’ensemble de la population ou presque. À chaque appel passé, les utilisateurs ont droit à un message de prévention enregistré apportant conseils et indications.

Intérêt : en touchant un grand nombre de personnes très rapidement, ces encarts ou « spams téléphoniques » pourraient remplacer un jour le fameux bip d’attente de nos téléphones. Pas sûr qu’ils ne deviennent pas insupportables, cela dit.

Royaume-uni

Le modèle de bureau « hub & club »

Les habitudes ont la vie dure. Maintenant que le monde a embrayé pleinement sur la pratique du télétravail, il sera dur de revenir en arrière. La question du réaménagement des bureaux est donc dans tous les esprits et une certaine conception anglo-américaine du lieu de travail se détache du lot. Le concept du hub & club, un espace plus petit où l’on vient uniquement pour recevoir les clients, reprendre contact et échanger.

Intérêt : les coûts pour l’entreprise chutent à l’échelle de la taille réduite des locaux, propices à un maintien de la socialisation (un des points négatifs du télétravail qui remonte souvent). Le hub & club est une sorte de point de convergence de l’entreprise de demain, avec des frontières physiques de plus en plus étendues et floues.

France

Le cannabis pour guérir la France

Pour combler le déficit économique d’une France en quête de relance économique, une soixantaine d’élus de tous bords plaident pour la légalisation du cannabis. Il faut, selon eux, dépénaliser très vite l’usage et lancer des débats pour une légalisation en 2021.

Intérêt : la légalisation de la marie-jeanne pourrait rapporter entre 2 et 2,8 milliards d’euros dans les caisses de l’État, et créerait entre 30 000 et 80 000 emplois en France. Une idée pas si fumeuse que ça ?

Le journalisme en open newsroom

Face à la crise de désinformation provoquée par celle de la covid, un regroupement de journalistes bénévoles a créé une rédaction ouverte et collaborative de fact-checking et de réinformation, dite en open newsroom, Journalistes Solidaires, https://journalistessolidaires.com/

Intérêt : tout un chacun est amené à suivre l’avancée des enquêtes, soumettre des informations à fact-checker, et même participer à la production d’articles. L’union fait la force.

Chine

Le commerce de rue vertueux

Après avoir chassé durant de nombreuses années les vendeurs à la sauvette, la Chine retourne enfin son kimono. Le Premier ministre chinois Li Keqiang a récemment qualifié de « vital » le commerce de rue pour l’économie du pays, aussi important que les magasins de luxe selon lui. Il est à rappeler que les fondateurs de Huawei et Alibaba ont tous deux commencé comme vendeur de rue.

Intérêt : à l’heure où la tendance est plus au licenciement qu’à l’embauche, le travailleur indépendant retrouve toute sa légitimité et sa force. Faire la part belle au commerce de rue est surtout une bonne manière de créer de l’emploi et de solliciter une consommation de proximité de plus en plus appréciée. À condition que le commerce ne porte pas sur les animaux exotiques à consommer, comme le pangolin ou la chauve-souris. Sur ce point, aucune certitude.

Afrique

La jeunesse au service de la vie de la cité

AfricTivistes et Oxfam ont lancé un projet de cartographie des initiatives de la jeunesse africaine en posant la question : « Comment les jeunes peuvent-ils.elles contribuer davantage à la gestion de la cité au sortir de cette pandémie de covid-19 ? » Dix pays africains se sont impliqués, dont le Sénégal, le Bénin ou encore la Côte d’Ivoire.

Intérêt : en valorisant les initiatives les plus prometteuses de la jeunesse sur la gestion de la crise de la covid, ce projet a mis en lumière le pouvoir de mobilisation et d’action d’une Afrique au sein de laquelle la population est impliquée en collaboration avec le gouvernement de son pays.

JEAN-BAPTISTE CHIARA

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