Temps de lecture estimé : 2 minutes

Le réseau Satt – Sociétés d’accélération et de transfert de technologies –, qui rassemble les 13 sociétés éponymes, s’est attaqué à un enjeu d’ampleur : établir des ponts audessus du précipice qui sépare la recherche technologique fondamentale du monde entrepreneurial en France. Une mission apparemment couronnée de succès.

Le refrain est connu : en France, on a d’excellent ·es chercheur·ses, on a des start-up et un secteur de la tech dynamique… Mais les deux ne se parlent pas. Justement, les Satt ont été créées en 2012 par l’État, dans le cadre du programme d’investissement d’avenir, avec la volonté de simplifier, pour les entreprises, l’accès à l’innovation issue de la recherche académique – quel que soit le domaine d’activité. Il est indéniable que la recherche publique hexagonale est pour le moins fragmentée. Difficile de trouver une porte d’entrée quand on ne la connaît pas déjà. En 2014, les Satt se sont fédérées en un réseau pour offrir l’accès à 165 réseaux de recherche, soit « près de 80 % de la recherche publique en France », souligne Caroline Dreyer, présidente du réseau des Sociétés d’accélération et de transfert de technologies depuis mars 2020. Autre avantage recherché : la mutualisation des approches et des expertises.

 

1 euro investi dans la maturation technologique avec les Satt contribue à créer 17 euros de valeur économique – Deloitte.

 

Un tremplin exceptionnel ?

Ça marche ! L’affirme une étude menée par Deloitte en novembre 2021, qui s’est penchée sur 588 start-up accompagnées par les Satt à plusieurs étapes de leur développement : incubation, pré-industrialisation… Deloitte a évalué ces jeunes pousses à 1,7 milliard d’euros, soit près de 60 % de plus que deux ans auparavant (comparaison avec une première étude, menée en 2019, qui portait sur les 404 premières start-up créées par les Satt). Toujours selon Deloitte, 1 euro investi dans la maturation technologique avec les Satt contribue à créer 17 euros de valeur économique. Une efficacité rare. « À date, le réseau des Satt a permis la naissance de près de 600 startup, la signature de 1 300 licences auprès d’entreprises, dont 45 % des PME/TPE, le dépôt de 3 600 brevets pratiques, sans compter les logiciels, les savoir-faire… dénombre Caroline Dreyer.

Depuis 2012, nous avons analysé plus de 16 000 dossiers venus de domaines variés, de la biotech, du greentech, industrie du futur, agri et agro, numérique…, et essentiellement des deeptech. » Le bilan est notamment remarquable dans le domaine de la santé, avec à leur actif plus de 35 millions d’euros investis sur plus de 300 projets en prématuration ou maturation, et un portefeuille de 400 titres de propriété intellectuelle. « L’impact de cet investissement est manifeste avec au total une soixantaine de licences transférées vers des entreprises, la création de 47 start-up et le développement de 36 dispositifs médicaux, dont certains sont en phase de certification ou de pré-industrialisation et d’autres déjà sur le marché », décrit Caroline Dreyer.

 

Passer du labo au proto

Atout, ce sont des structures privées avec un actionnariat public (les établissements de recherche à hauteur de 67 % et l’État à 33 %). Aujourd’hui, les Satt sont au nombre de 13, réparties sur les régions de l’hexagone, elles remplissent de multiples rôles, dont dotées de moyens importants qu’elles n’hésitent pas à utiliser, au bénéfice tout autant des entreprises que des réseaux de recherche. Grâce à un personnel varié, composé surtout de chargé·es d’affaires et de business developpers, avec des expertises en propriété intellectuelle et des capacités d’analyse des besoins du marché, « les Satt ont les capacités humaines et les ressources pour accompagner les équipes de recherche, souligne Caroline Dreyer. On sait identifier les innovations de rupture et déployer les outils nécessaires pour sécuriser la propriété intellectuelle. »

Elles aident également à la concrétisation des innovations. La France dispose d’une excellente recherche académique, mais la transition vers le monde de l’entreprise, trouver des applications « pratiques », se révèle souvent difficile. C’est le rôle des Satt que de passer du laboratoire à l’échelle d’un prototype fonctionnel, suffisamment robuste, pour qu’il intéresse les bonnes personnes – que ce soit une startup ou une grande entreprise. Certaines Satt jouent également le rôle d’incubateurs. Elles aident enfin à élaborer les stratégies de mise sur le marché. À l’heure où se multiplient les appels à la réindustrialisation du territoire national, quand la relance économique se poursuit sans relâche, le réseau de ces sociétés d’accélération apparaît comme un acteur essentiel du processus.

« L’ambition des Satt est d’identifier les pépites de demain et de s’assurer qu’elles répondront aux enjeux de compétitivité, de souveraineté technologique et de réindustrialisation des territoires, quelle que soit leur filière », souligne Caroline Dreyer. Si vous avez des envies entrepreneuriales, vous savez à qui vous adresser…

 

Jean-Marie Benoist

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici

J’accepte les conditions et la politique de confidentialité

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.