La reconversion des sportifs de haut niveau

Les 1001 vies

Pour ce numéro double d’été, EcoRéseau Business a voulu se pencher sur l’après sport dans toutes ses dimensions en se posant la question qui meut la rédaction depuis notre premier numéro : Comment entreprendre nos vies ? La réponse dans ces 26 portraits. Tous ne sont pas créateurs de start-up, consultants sportifs ou artistes, tous n’ont pas été suffisamment médiatisés pour surfer sur leur popularité. Mais tous ont connu du sang, de la sueur et des larmes pour entreprendre dans l’associatif, dans l’entreprise ou dans la reprise d’une activité hors sport de haut niveau. Ces sportifs nous les avons choisis pour leur attachement à la France. Et pour que ces portraits soient plus parlants, la rédaction a souhaité mettre en lumière aussi bien le sport féminin, handisport que masculin. Une liste d’ailleurs qui ne prétend pas être exhaustive mais qui a été établie pour montrer l’étendue du champ des possibles pour ceux dont les valeurs et la force de caractère  font rêver les entreprises.

Taïg Khris

Du sport extrême à la révolution des télécommunications

Dans les esprits, Taïg Khris est ce champion de l’extrême avec un palmarès et des titres qui rendraient jaloux n’importe quel sportif, celui qui a sauté la pente du Sacré-Cœur de Montmartre ou « ridé » une rampe depuis le premier étage de la Tour Eiffel. Rien que ça.

Vous êtes toutefois moins nombreux à savoir que Taïg est arrivé en France à cinq ans, qu’il a dormi dans la rue en Allemagne pour ses premiers championnats du monde, ne pouvant se payer une nuit d’hôtel, qu’il est devenu magicien professionnel, qu’il a ouvert une boutique Ilios de matériel sportif ou encore qu’il a breveté un crash pad taillé pour le half pipe pour éviter les blessures lors des entraînements.

Taïg Khris serait surtout en passe de se créer un nom dans le monde des start-up et des télécom avec « onoff » dont il est le fondateur. Son bébé technologique est un opérateur mobile virtuel avec une application qui permet de créer des cloud numbers. Cette dernière vous permet entre autres de garder votre numéro SIM partout et sur n’importe quel appareil, de créer de nouveaux numéros pour appeler en local, d’appeler sans connexion Internet, d’avoir plusieurs numéros sur le même téléphone sans nécessiter de nouvelle carte SIM, de peronnaliser le forfait et de programmer ses textos…

« Je me suis lancé dans le challenge sans en connaître toute la complexité. Au fur et à mesure, je suis monté en compétences sur le sujet des télécommunications, j’ai dû également convaincre pour trouver des investisseurs et je n’imaginais pas aujourd’hui avoir l’ambition de développer un opérateur mondial », s’étonne encore le startupper qui vient de lever 10 millions auprès des fonds Idinvest, OneRagtime, Breega Capital Meusinvest et Leansquare. Aujourd’hui onoff a levé plus de 15 millions et emploie une équipe de 45 collaborateurs pour plusieurs centaines de milliers d’euros de CA par mois, avec 1,5 million de téléchargements de l’application et à ce jour, 1 milliard de SMS échangés dans une vingtaine de pays…

« Nous voulions le meilleur de deux mondes, celui des opérateurs et celui du software mais sans leurs contraintes et avec des coûts utilisateurs faibles, pitche Taïg Khris. J’ai toujours été créatif (les parents de Taïg ont été artistes, NDLR). Je voulais me lancer dans une industrie dont le marché pouvait toucher un maximum de personnes. En réfléchissant sur les nouvelles technologies, je me disais que tout était sur le Cloud, sauf nos numéros de téléphone archaïquement coincés dans une carte en plastique… »

Selon l’intéressé, onoff est « sa nouvelle Tour Eiffel ». D’ailleurs, la notion d’impossible ne semble pas signifier grand chose pour Taïg – dont le prénom signifie « être capable » – qu’il s’agisse de sport ou d’entrepreneuriat. L’homme se remémore humblement ses galères. « Dans le sport, j’ai connu de nombreuses blessures et me suis cassé la hanche, la jambe, le cou… à plusieurs reprises. J’ai également essuyé l’abandon de certains sponsors. Des portes se sont également fermées. Mais c’est grâce à mon entourage, mes amis sportifs, mon comptable, mon chirurgien, entre autres… que j’ai pu développer ce projet notamment grâce à leur investissement. »

L’entrepreneur trace encore quelques parallèles entre son passé de sportif de haut niveau et son projet actuel. « On ne peut pas tricher, ni se reposer sur ses lauriers. On ne peut pas mentir sur la qualité de la performance qu’il s’agisse d’un exploit sportif ou sur la proposition de valeur d’onoff. Côté innovation, pour être le meilleur dans le roller, je travaillais inlassablement une nouvelle figure avant chaque compétition majeure pour avoir un train d’avance sur mes challengers. Pour onoff, s’imposer sur le marché c’est notre championnat du monde. La technologie et nos brevets nous permettent d’être innovants et d’avoir ce coup d’avance… Mon nouveau challenge est de rendre cette révolution d’usages accessible au plus grand nombre. » Pari tenu !

Pierre Paquin

De l’équipe de France de ski à la start-up du fitness en extérieur

De 2000 à 2009, Pierre Paquin a été membre des équipes de France de ski alpin. Il a fait partie du top 30 au classement général de la Coupe du Monde de super combiné 2006-2009 et a notamment remporté cinq titres de champion de France en descente, slalom et super combiné de 2005 à 2009.

Il enchaîne sa carrière internationale avec un poste chez Crèche de France où il est chargé pour l’opérateur de crèches d’être entre autres responsable des marchés publics. Tout en commençant, à l’ESJ, un master de journalisme sportif, Pierre Paquin devient consultant pour Eurosport sur les épreuves de la Coupe du monde et intervenant récurrent pour l’émission Hors-Piste. Mais d’autres sirènes l’appellent. « En pratiquant le running, j’ai réalisé que les pratiques libres étaient en pleine croissance qu’il s’agisse de course à pied, de cyclisme, de crossfit… Sports qui sont pratiqués avec smartphone pour 80 % des sportifs. J’ai alors eu l’idée d’utiliser du mobilier urbain pour faire du complément sportif. » Airfit, incubée au Tremplin, tout près du Parc des Princes, spécialisée dans les start-up du sport, propose donc des espaces d’entraînement en accès libre et une application dédiée pour guider les utilisateurs dans l’utilisation des agrès. La commercialisation de l’application a commencé en janvier 2016 et compte plusieurs milliers d’inscrits. Sur le choix de l’entrepreneuriat, Pierre Paquin, lucide, résume : « C’est juste un parcours de vie. J’avais déjà touché à l’entrepreneuriat et aidé à des projets sportifs. J’arrivais à un point de convergence où je connaissais les fournisseurs, l’écosystème et je disposais d’assez de fonds propres pour me lancer. C’était le moment ou jamais. » La relation au sport pour Pierre Paquin reste très forte. « Le ski a été ma seconde famille pendant 15 ans et je suis resté en contact avec des membres de l’équipe de France. J’ai également eu la chance de pouvoir installer une des premières infrastructures Airfit sur le site de l’INSEP. Et Airfit est également fournisseur pour le CIO. » Le projet de Pierre Paquin est donc celui de démocratiser la pratique libre du sport et accompagner les sportifs quel que soit leur niveau. Un enjeu de santé publique ?

Florence Masnada

Du podium olympique à l’événementiel, la formation et la communication

Quel est votre quotidien professionnel aujourd’hui ?

Je suis devenue freelance. L’hiver, je suis consultante sur Eurosport. J’interviens également en entreprise et j’établis des ponts entre le sport, ses valeurs et le monde professionnel. Les sujets varient. Les formations portent sur la performance, sur comment rebondir après un échec, sur la façon d’être plus fort en équipe, ou encore sur l’intelligence émotionnelle. Cela recouvre l’ensemble des thèmes de team building pour tout type d’entreprise. Je collabore également sur des formats événementiels tels que les étoiles du sport et je m’occupe également des RP des athlètes médaillés aux JO.

Comment avez-vous réussi à concilier vie privée et pro ?

Cela dépend des objectifs que l’on se fixe. En tant que sportive, la priorité était le sport mais j’avais besoin de concilier cet objectif avec mes études. Ma vie privée était secondaire. Aujourd’hui, le curseur a bougé et j’essaie de mener trois chantiers de même importance : la vie familiale, la vie professionnelle et le sport loisir. La qualité de vie est ma priorité.

Quel est votre rapport au sport aujourd’hui ?

J’en fais presque quotidiennement. C’était un des bons aspects du ski que j’ai gardé où l’on pratique d’autres sport pour le renforcement musculaire, la préparation et s’occuper hors saison. Aujourd’hui, mes activités sportives sont toutes aussi variées : VTT, golf, natation, yoga, paddle et du ski bien évidemment l’hiver.

La transition a-t-elle été évidente entre votre carrière de sportive et la suivante ?

Retrouver une passion derrière est loin d’être évident. Et il faut être capable d’élargir sa vision du monde professionnel et se diversifier. Le quotidien est également déstabilisant. Quand on est sportive de haut niveau, le court, le moyen et le long terme sont fixés par le staff et les échéances sportives. En dehors, il faut savoir rétablir un nouveau rythme et cela est déroutant.

Serge Blanco

De l’idole de l’ovalie au personal branding mondial

L’enfant du rugby français a été à plusieurs reprises président du Biarritz Olympique et continue de jouer un rôle non négligeable au sein de la ligue nationale de rugby depuis presque 20 ans. Ailleurs, le Pelé du ballon ovale est notoirement connu pour sa marque de prêt-à-porter éponyme, lancée juste après ses adieux au rugby en tant que joueur, développée avec le groupe LBY, qui depuis a élargi la marque Serge Blanco, comme bon nombre de marques, à une gamme d’accessoires et de parfums.

N’oublions pas que Serge Blanco a brillé sur les stades avant que le rugby ne devienne un sport professionnel avec ses sponsors, ses droits télés, sa starisation et sa professionnalisation sportive. Blanco débute ce faisant sa vie professionnelle chez Dassault en 1976 pour travailler à la chaîne pendant presque huit ans. Il intègre ensuite les relations publiques du groupe Pernod en 1983 et y travaille pendant neuf ans. Ce n’est qu’après son départ que l’idole de l’ovalie décide de se lancer dans deux chantiers d’ampleur : l’investissement dans des sites de thalassothérapie et le lancement de la marque Quinze-Serge Blanco. A 33 ans, il inaugure donc à Hendaye un centre de thalassothérapie au nom de Serge Blanco. Suivent l’achat en 1996 de l’hôtel Ibaia et l’ouverture des portes du château-hôtel de Brindos, (aujourd’hui 5 étoiles) dans les Pyrénées Atlantiques en 2002.

Côté prêt-à-porter, la marque explose en 1996. Un an après que son sport favori ne devienne professionnel. Si le tennis a eu Lacoste, le rugby sera estampillé Blanco… Face à cet engouement, la stratégie choisie est le développement mixte avec une prépondérance en franchises, le réseau comptera jusqu’à 70 points de vente indépendants en plus des 600 autres qui proposeront la marque au sein de leurs différentes collections. L’export est aussi un levier de croissance. L’Allemagne, les Etats-Unis, le Bénélux, la Chine… autant de destinations qui commercialisent cette marque qui porte les valeurs de ce « sport de brutes fait pour les nobles ». En 2017, Serge Blanco valide son projet nippon via une implantation en corners dans de grands magasins voire de magasins en propre. Une opportunité d’affaires qui semble rondement menée à l’orée de la Coupe du monde de rugby qui se jouera… au Japon en 2019.

Gwendal Peyzerat

De la danse sur glace à la création d’entreprise dans l’audit d’équipements sportifs, en passant par la politique et la chanson…

Après avoir essuyé un silence radio de la part de son entreprise et de ses services de communication, la rédaction s’est permis de « stalker » le mur Facebook de l’ancien patineur multi-médaillé en danse sur glace avec sa partenaire Marina Anissina. Il a gardé sa longue chevelure blonde qui permet de le reconnaître. Sur une première photo, un coucher de soleil où il tient une guitare. La seconde le met en scène face à un micro. La page de l’ancien patineur doit se lire en mode storytelling. La musique est un violon d’Ingres pour Gwendal Peyzerat qui vient de sortir son premier album au mois de juin de cette année intitulé « Quand elle me… ».

Cela dit, l’ancien patineur qui fut six fois champion de France, deux fois champion d’Europe, une fois champion du monde, et champion olympique en danse sur glace en 2002, s’est d’abord lancé dans l’entrepreneuriat suite à une série de formations. Gwendal Peyzerat est ce faisant diplômé d’EM Lyon, titulaire d’un DEUG en chimie des matériaux et d’une maîtrise STAPS de l’Université Claude Bernard Lyon 1. En 2003, un an après sa retraite sportive, Gwendal Peyzerat crée Soléus avec quatre amis sportifs, une société spécialisée dans le contrôle des équipements sportifs et aires de jeu qui propose une expertise en conseil, audit, formation, accessibilité et sécurité. En 2008, l’entrepreneur crée une holding, le groupe ISce, pour accompagner son développement. La holding rachète le bureau de contrôle Saga Lab en 2009 et le fabricant Gartec. 2013 sonne la création de Solivector, pour verticaliser leur activité dans les tentes, chapiteaux et structures. En 2017, Soléus est composé d’une équipe de 15 personnes pour un CA de 1,7 million d’euros avec 96 % de collectivités territoriales comme clients. L’entrepreneuriat n’est cependant pas la seule marotte de l’ancien patineur. Vous l’avez bien compris. Il fut également vice-président aux sports de la région Rhône-Alpes de 2010 à 2015 et membre du CA pour la candidature d’Annecy pour les JO de 2018… soufflée par Pyeongchang, ville sud-coréenne, depuis lors.

Mathieu Flamini

Le footballeur, le biocarburant et le pseudo-milliardaire

Les journalistes ont fait leur beurre en évoquant une valorisation surestimée de l’entreprise GF Biochemicals. Depuis le soufflé est retombé. L’engouement et le flot médiatique ont été entretenus parce que Mathieu Flamini, joueur professionnel de football évoluant cette saison à Getafe (Espagne), a mis des billes dans l’entreprise. Sa création remonte à 2008. Il cofonde cette année-là avec Pasquale Granata l’entreprise de biochimie GF Biochemicals qui se spécialise dans la production d’acide lévulinique, un biocarburant qui se substituerait (à partir de la décomposition de la biomasse) aux produits pétroliers dans une vaste gamme de secteurs, avec un volume de marché pouvant atteindre 30 milliards de dollars. Là sont les prétendus 30 milliards de Mathieu Flamini décrit au mois de mars comme le sportif le plus riche du monde. A tort. Il ne s’agit ni de valorisation, ni de CA, encore moins d’investissements. Cela dit, ce produit miracle trouve des concrétisations dans la fabrication de plastiques, de solvants, détergents, peintures, voire même du fioul… Le gros point fort de la méthode est l’origine même de l’acide qui est issu de la transformation de déchets végétaux disponibles en grands volumes : entre autres bois, paille, foin, maïs, déchets forestiers… Notons que GF Biochemicals a été soutenue par le monde de l’enseignement et de la recherche en Italie avec la participation de l’Université de Pise et l’Université Polytechnique de Milan. Le site industriel est lui basé à Caserta. Selon nos confrères, l’objectif d’une production de à 10 000 tonnes annuelles est visé avant la fin de l’exercice 2018. L’entreprise est donc codétenue par Mathieu Flamini et Pasquale Granata, entrepreneur italien, basé aux Pays-Bas. La boîte posséderait également des antennes aux Etats-Unis et souhaiterait à ce jour développer de nouveaux partenariats avec les industriels qui pourraient avoir recours à son composant.

Guy Tisserant

Du paralympisme au management de la singularité

Numéro 1 mondial de 1992 à 1998 et quatre fois champion paralympique, Guy Tisserant a toujours mené de front une carrière de pongiste de haut niveau et une activité professionnelle.

D’abord ingénieur en informatique et mathématiques appliquées pendant 17 ans, il décide de créer son cabinet de conseil RH en 2003, cinq ans après avoir dit au revoir au tennis de table. « Pendant quelques années, ce ne fut pas toujours facile car on se nourrit de challenges au plus haut niveau et côté professionnel, mon emploi manquait de perspectives », se souvient le co-fondateur de TH Conseil.

En 2004, Guy Tisserant est président du club du C.S Charcot basé à Sainte-Foy-Lès-Lyon (69) et décide d’organiser une rencontre mondiale handisport avec tous les meilleurs pongistes de l’époque. A la recherche de sponsors, il sillonne la région et le pays à la rencontre de chefs d’entreprise, qui, outre l’adhésion au projet, évoquent la problématique de l’emploi et de l’insertion des personnes handicapées. « Il n’existait quasiment rien sur le sujet en 2003. J’ai mûri le projet avec mon épouse, alors en charge du CE d’Euronews, et nous nous sommes lancés dans ce projet qui représentait un nouveau challenge à deux. Du jour au lendemain, nous avons quitté nos emplois respectifs. Nous avons travaillé ensemble pendant 13 ans jusqu’à son décès survenu l’année dernière, témoigne Guy Tisserant. Aujourd’hui, nous souhaitons confirmer notre positionnement sur l’égalité des chances et le management équitable de la singularité*. Le handicap a été notre cœur d’activité mais nous avons aujourd’hui élargi notre expertise vers le management de la singularité. C’est un pléonasme que d’affirmer que toute personne est singulière mais cela est beaucoup moins évident pour les entreprises de prendre conscience que la gestion bienveillante de cette singularité était synonyme de performance, d’agilité et d’innovation sociale. Mais bien évidemment, l’altérité doit se concevoir dans un tout. »

Aujourd’hui, l’ancien pongiste ne touche plus du tout à ses raquettes. « La compet’ je la vis avec les appels d’offre », sourit le dirigeant qui insiste sur le besoin d’équilibre pour les sportifs de haut niveau : « Ma femme et mes enfants ont toujours été là pour me recadrer. Et je voulais que ma vie ne tourne pas uniquement autour du sport. Car la pratique sportive à haut niveau rend nos modes de vie autocentrés et exclusifs. Le sport a toujours été une partie importante de ma vie mais pas le centre, et je conçois à quel point il doit être difficile de sortir du sport quand toute votre vie, privée, comme professionnelle, se concentre sur ce dernier… »

*Guy Tisserant, Le handicap en entreprise : contrainte ou opportunité ? Vers un management équitable de la singularité, éditions Pearson, 2012

Mickaël Merz

Handball et entrepreneuriat intergénérationnels

L’ancien handballeur a repris le groupe Sporting, spécialisé dans les métiers de l’immobilier, qui développe un concept consistant à développer des résidences, à échelle humaine, comportant des installations artistiques et sportives. Cette originalité s’explique par l’histoire de Claude, le père, et Mikaël, le fils, tous deux anciens sportifs de haut niveau. L’entreprise a été créée en 1995 avant de se développer autour de sept entités complémentaires : Sporting Promotion (promotion immobilière), Sporting Immobilier (gestion locative, agence immobilière), Sporting Form’ (salle de sport), Sporting Comm’ (agence de communication), La Pergola du Sporting (restaurant et hôtel) et Sporting Foncière. Mickaël prend la direction du groupe en 2009. « A compter de 2006, je me suis préparé à endosser mes futures responsabilités de chef d’entreprise tout en continuant, autant que je le  pouvais, ma carrière sportive. Je n’ai jamais été qu’un sportif. Mais j’ai transposé à l’entreprise la manière de m’investir, de persévérer et de me faire une place dans l’entreprise.  J’ai donc pris la décision de mettre fin à ma carrière afin d’endosser ma nouvelle vie d’entrepreneur. Une décision ambivalente car je quittais le sport à l’âge où on est le plus fort pour relever un challenge entrepreneurial », commente le dirigeant de cette entreprise d’une centaine de salariés qui pèse entre 40 et 50 millions d’euros de CA annuels après 25 ans d’existence. Aujourd’hui, le groupe Sporting poursuit son élargissement. Elargissement à la fois géographique pour mailler davantage le Sud et particulièrement le Sud-Ouest et aussi élargissement métier car Mickaël Merz souhaite investir le marché de l’immobilier professionnel et tertiaire.

Florent Manaudou

Le handball et l’entrepreneuriat après le grand bassin

Florent Manaudou s’est fait un prénom dans la natation depuis sa victoire aux JO de Londres en 2012 qui a surpris nombre d’observateurs. Depuis, son palmarès n’a cessé de fleurir avec en point d’orgue ses deux médailles d’argent aux JO de Rio… Mais l’athlète cultive plusieurs projets. D’abord celui de se remettre au handball à l’annonce de sa pause – méritée ? – avec la natation suite aux JO de Londres, ce sport passion qu’il avait arrêté en 2003 pour se consacrer pleinement à la natation. Et se lancer, il y presque deux ans, alors que Florent Manaudou arpente toujours le bassin du cercle des nageurs de Marseille, dans la start-up Wineven, réseau social pour sportifs en demande de coaching cofondée en 2014 par Vincent Despax Combe, Ludovic Savariello et Youness Quassid. Camille Lacour, son compère des bassins, aurait depuis également rejoint l’aventure. L’appli permet donc d’échanger des techniques de coaching et des astuces pour aider les sportifs de tout bord, les pros comme ceux du dimanche… Wineven ambitionne également l’animation d’une communauté avec tous les acteurs du sport (les arbitres, entreprises, clubs, associations, coaches, professionnels médicaux, les agents…). Enfin Wineven possède également un volet de crowdfunding pour aider le milieu associatif à récolter des fonds financiers. Aujourd’hui, l’application propose un panel de 500 coaches pour une cinquantaine de sports.

Luc Abalo

Du handball à l’entrepreneuriat dans le prêt-à-porter

Double champion olympique, triple champion du monde et d’Europe, Luc Abalo fait partie des artisans qui ont concouru à faire de la France la première nation du handball. Encore sportif professionnel, le handballeur a cependant toujours été attiré par d’autres sirènes : la mode. C’est ce qui explique le lancement de la marque L.A.N, pour Luc Abalo Nineteen (son numéro de maillot en club et en équipe nationale, NDLR.) il y a quelques mois. La genèse est pourtant lente. Le temps que l’ailier droit de l’équipe de France murisse le projet, s’entoure, étudie le marché en vrai entrepreneur. Luc Abalo n’a pas fait qu’investir de l’argent. Il a également mis la main à la pâte en dessinant chaque patron. Les produits sont conçus en France et fabriqués au Portugal. Et les prototypes ont été éprouvés par certains coéquipiers de l’ailier. A ce titre, Benoit Kounkoud, coéquipier de Luc Abalo au PSG HB et en équipe de France, s’est prêté à une séance de shooting pour illustrer le site éponyme de la marque. Reste à convaincre…

Tony Parker

Du statut de meilleur joueur français de l’histoire de son sport à l’entrepreneuriat et l’investissement

« Balance, balance, balance… », pouvait-on chanter avec amusement pour singer le flow de «TP» – prononcez tipi – pour ses tentatives dans le rap. Le meneur de jeu connu pour son premier pas, sa vista et son « drive » à San Antonio et en équipe de France, avec laquelle il a notamment remporté les titres de champion d’Europe juniors et champion d’Europe, est, à défaut d’être le nouvel Akhénaton, un entrepreneur dans l’âme.

Outre sa fondation, le Par Cœur Gala, et son Fruit Shoot Camp, le sportif de haut niveau s’est essayé comme son idole Michael Jordan à des choix moins hasardeux que la chanson. Dans le prêt-à-porter d’abord avec la marque de streetwear Wap Two lancé en 2013, cofondée avec Olivier Fellous, Remy Fellous et Christophe Boulay. Il anime le Tony Parker Show, émission de radio relatant l’actualité NBA de 2004 à 2007 puis de 2011 à 2016. Il s’associe en 2016 avec son ancien coéquipier des Spurs, Micheal Finley, pour coproduire le film de Nate Parker, Birth of a nation, qui remportera le grand prix du festival de Sundance. Ce premier épisode dans le cinéma lui donnera l’envie de produire (production exécutive et post-production) huit autres films à ce jour dont le dernier Escape Plan 3, Devil’s Station avec Sylvester Stallone et Dave Bautista, l’ancien catcheur.

Rappelons enfin que « T9 P» entretient des liens plus qu’étroits avec le basket français en étant devenu président de l’iconique ASVEL Lyon Villeurbanne et du club féminin Lyon basket, après un premier investissement gagnant au Paris Racing. Autant de choix qui montrent que la petite mort du sportif ne semble pas affecter celui qui fut le Most Valuable Player (MVP) des finales NBA en 2007. Un exploit pour un sportif français qui le hisse au même rang que les légendes de ce sport inventé en 1891 par le professeur d’éducation sportive James Naismith aux Etats-Unis pour maintenir la condition physique de ses élèves durant l’hiver…

Marc Davidovici

De l’athlétisme à l’accompagnement des athlètes

L’ancien champion de France de relais 4x100m et actuel président délégué du Club INSEP Alumni nous présente une nouvelle plateforme pour aider la reconversion des sportifs de haut niveau.

Pouvez-vous raconter la genèse de Sportéki ?

C’est une plateforme créée par des sportifs pour des sportifs, lancée au mois de mars à l’initiative de l’association des Alumni de l’INSEP, présidée par Stéphane Traineau. A l’origine de ce projet on retrouve Pascal Eouzan, ancien champion du monde de tumbling, qui souhaitait développer un réseau social pour les athlètes et sportifs de haut niveau afin de leur faciliter les liens avec l’entreprise.

Une réponse aux dispositifs existants trop limités ?

Effectivement. Aujourd’hui, on dénombre entre 200 et 300 packs de performance pour aider les sportifs alors que le ministère recense plus de 6 000 sportifs de haut niveau…

Pensez-vous que la reconversion est plus difficile aujourd’hui ?

Oui assurément. Nous sommes tous passés par là. Mais aujourd’hui, les rythmes se sont intensifiés. Il est bien plus difficile de lier les études ou le projet de reconversion avec une carrière de haut niveau et de trouver le temps de préparer « l’après-sport »… A mon époque, on s’entrainait par exemple une fois par jour. Aujourd’hui, les athlètes le font deux fois. Et j’ai pu mener à bien des études de chirurgie dentaire… Ce serait presque impossible aujourd’hui.

Quels sont les objectifs visés avec Sportéki ?

La visée de cette plateforme est philanthropique. D’abord créer une prise de conscience le plus tôt possible chez les sportifs. Ensuite les aider à développer des liens et des partenariats avec les entreprises. Nous avons déjà mobilisé de grands groupes comme Vinci, la FdJ, le groupe ADP, Avenir Mutuel, mais il reste encore beaucoup à faire pour développer ces échanges gagnant-gagnant avec d’une part, des athlètes qui ont besoin qu’on leur mette le pied à l’étrier et de l’autre des entreprises qui recherchent les qualités véhiculées et incarnées par les sportifs de haut niveau.

Sarah Ourahmoune

Boxer, bosser, éduquer

Sarah Ourahmoune fait partie de ces sportifs d’exception. Sacrée vice-championne olympique aux JO de Rio, elle est la boxeuse française la plus titrée : dix fois championne de France, championne du Monde en 2008, elle est à plusieurs reprises médaillée européenne et restera la première boxeuse française de tous les temps à s’être qualifiée à une Olympiade. Chapeau Madame !

Sarah, originaire de Sèvres, est aujourd’hui une « mum’preneure », comprenez une maman de deux enfants âgés de cinq ans et de quelques semaines pour le dernier petit bout et entrepreneure. « En dehors du ring, les principales sources de satisfaction ont été les naissances de mes deux filles », relate la boxeuse.

En ce qui concerne la casquette de dirigeant, Sarah Ourahmoune crée en 2013 Boxer Inside, agence qui propose du team building, des ateliers boxe, des séminaires et du coaching… Dit autrement, l’entrepreneure revisite le noble art pour en faire un puissant outil de développement personnel. L’idée est donc de faire bénéficier aux professionnels du vécu de la championne via le partage d’expériences autour des valeurs du sport de haut niveau et ses mises en pratique.

En 2017, elle décide de lancer des gants connectés (performance et gaming) tout en poursuivant son activité de conférencière sur ses thèmes de prédilection : motivation, dépassement de soi, rebond après l’échec, sport en entreprise…

Depuis mars 2018, certains chanceux peuvent l’apercevoir dans les murs de la salle de boxe qu’elle a ouverte à Paris sur le centre sportif Georges Carpentier dans le XIIIe arrondissement, tout près de la porte d’Ivry. Mais sa vision du sport a aujourd’hui évolué : « Avant je m’entrainais pour la performance, aujourd’hui c’est le plaisir qui m’anime », note-t-elle.

Cette boulimique de travail a également rempli les rôles de marraine Ex Aequo dans le cadre d’une campagne ministérielle contre toutes les discriminations dans le sport, d’ambassadrice pour Paris 2024, de consultante pour France TV…

La boxeuse prépare également un livre dont la sortie est prévue pour le début d’année 2019 aux éditions Robert Laffont. Face à ce rythme effréné, Sarah Ourahmoune clame cependant l’équilibre : « J’ai toujours fait en sorte de concilier vie privée, carrière de sportive et projets professionnels. Pour cela il faut s’organiser. Chaque semaine je planifie tout avec mon mari. Nous faisons le point sur l’école, le travail, les courses. Je prends ma journée comme un camembert de 24 parts et je dispatche les parts en fonction des tâches et des contraintes. Cela me permet d’avoir une vision claire sur mes journées et de faire des choix. »

Teddy Riner

Du tatami aux start-up, la reconversion tranquille ?

Le monstre sacré du judo mondial, qui ferait presque passer notre David national pour quelqu’un de douillet, n’est plus à présenter. La vie n’est jamais faite de hasard, entend-on souvent au coin des bistrots. Pourtant, Teddy, au sommet du monde dans son art, et en pleine ascension sur le sujet de ses investissements et de l’entrepreneuriat… est né aux Abymes en Guadeloupe.

Malgré un parcours sportif stratosphérique, Teddy Riner a toujours gardé une paire de Derby non loin des tatamis. Il est effectivement diplômé de Sciences Po dans le cadre d’un Certificat de formation pour les sportifs de haut niveau. En 2016, alors toujours sportif, il investit également, attaché avec ferveur au made in France 10 % des parts du Group SFIT (Thomson Computing), devenant à l’occasion actionnaire et ambassadeur de la marque spécialisée dans le matériel informatique. Teddy Riner témoignait dans nos colonnes en 2015 : « Je ne m’interdis aucun secteur, tout m’intéresse. Si je sens bien quelque chose, je peux prendre des parts, je peux acheter ou créer, développer et revendre. J’aime mieux créer d’ailleurs. C’est ce qui me motive. Ceux qui m’impressionnent le plus sont d’ailleurs les self made men. Nous touchons au véritable entrepreneur : celui qui a une idée, un projet, qui y croit et sort ses tripes pour le réaliser. La plupart de mes associés sont déjà des patrons d’entreprises, petites mais aussi plus grandes. L’un d’eux est même milliardaire. Mais tous ces gens ont construit leur fortune, ce ne sont pas des héritiers. Quand je discute avec eux de la manière avec laquelle je vois les choses, ils sont souvent un peu étonnés de ma mentalité pour un sportif : pour moi, ce n’est le tout d’avoir 10, 15 ou 20 millions. Cela permet d’être à l’abri, mais après ? Je n’ai pas envie de m’ennuyer. Bien sûr, après ma carrière, je prendrai le temps de me reposer, de souffler, d’en profiter pendant un an ou deux les pieds sur la table (sic). Mais il me restera peut-être 50 ou 60 ans à vivre, et il va bien falloir que je trouve quelque chose pour m’occuper. » Pour preuve, celui qui vient d’être nommé Ambassadeur de bonne volonté en 2018 à l’Unicef a également investi pour soutenir quatre de ses proches, tous cofondateurs de la start-up Yogowo qui permet de trouver un coach sportif de manière géolocalisée. Et ce dernier d’ajouter sur sa reconversion : « Je suis en train de me construire sur le plan entrepreneuriat. Je répète souvent à mes amis, du milieu du judo notamment : je n’ai pas envie de me poser LA question – « Que vas-tu faire demain ? » – dans les derniers moments de ma carrière sans avoir rien préparé. Ne serait-ce que parce que cela enlève énormément de pression sur les épaules et permet de se sentir libre dans la tête. Et encore, j’ai la chance d’avoir des partenaires et de gagner ma vie. Mais certains n’ont pas cette chance. Ils donnent tout pendant dix ans pour représenter la France, mais se trouvent dans des situations difficiles au quotidien et parfois plus encore après leur carrière. »

Edgar Grospiron

La gouaille en sport et la gouaille en affaires

Edgar Grospiron fait partie des précurseurs. Pour lui il s’agissait du ski acrobatique. Vous savez, ce sport où vous vous demandez en quoi sont faits les genoux des skieurs… Le sportif d’hiver fut spécialiste de l’épreuve des bosses dans laquelle il remporta le premier titre de champion olympique de la discipline en 1992 aux JO d’Albertville. Il fut également champion du monde à trois reprises et vainqueur par quatre fois au classement général de la Coupe du monde. Edgar Grospiron prend sa retraite en 1995, l’année suivant sa médaille de bronze aux JO de Lillehammer en Norvège. Dès lors, il poursuit différentes activités mais toutes sont toutes liées au sport : consultant sur les chaînes hertziennes, conférencier en entreprise sur les sujets de la motivation, du management, de la performance et des RH notamment, conseiller technique pour Salomon. Comme quoi, avoir la gouaille peut parfois vous servir. « Grospi » a aussi été amené à conseiller l’équipe de France de ski freestyle tout en soutenant Annecy pour les JO de 2018. Prenons le pari de le revoir cet hiver pour commenter l’événement olympique coréen…

Paul-Henri de Le Rue

Du Snowboard à la start-up

« Le monde du sport et de l’entreprise ne se rencontrent pas suffisamment et cela provoque un double gâchis. Les sportifs en fin de carrière ont du mal à se positionner car il ne maîtrisent pas les codes et ne cultivent généralement pas de vision. Sénèque écrivait qu’il n’y a pas de vent favorable pour quelqu’un qui ne sait pas où aller. Nous voulons donc lutter contre cet éparpillement et cet épuisement qui touchent les sportifs », explique Paul-Henri de Le Rue, snowboarder, trois fois médaillé d’argent aux championnats de France et médaillé de bronze aux Jeux Olympiques, cofondateur avec Jean Philippe Demaël, ancien CEO de Somfy. Pour le jeune entrepreneur, les entreprises doivent prendre conscience que les talents sportifs ont des atouts à faire valoir dans les valeurs héritées de leur discipline tant du point de vue managérial que psychologique. Côté sportif, l’idée est « de développer une vision le plus tôt possible. Ces efforts provoqueront de la fatigue à court terme mais rendront les sportifs plus sereins et donc plus performants sur le moyen et long terme. D’autant que les athlètes n’ont pas conscience à quel point les robinets se coupent lorsque la fin de carrière arrive… » Finalement 2Mixte semble concrétiser une leçon de vie pour l’ancien snowboarder, slash conférencier, slash entrepreneur, ancien chargé de communication à la SNCF. Ce dernier conclut : « Professionnellement, je m’attendais à une vie moins trépidante mais finalement faire une conférence devant 800 personnes me procure les mêmes sensations qu’avant : je me mets en cohérence cardiaque, j’ai le même trac, et quand je suis parti c’est le kif. Un gros kif d’autant que la prise de parole en public est une de mes pire peurs. Mais se dépasser fait partie de la mentalité des sportifs de haut niveau qui ont beaucoup en commun avec les entrepreneurs. »

Yohann Diniz

Marcheur athlétique et employé du groupe La Poste

Si le surnom de « M. Courage » devait être attribué à un sportif, il le serait certainement à Yohann Diniz, spécialiste de la marche athlétique et de l’épreuve du 50km, notamment champion du monde en titre, recordman mondial de la distance en extérieur et sur piste. La carrière de ce champion est toute en nuances d’ombres et de lumières, les lumières de Londres et des championnats mondiaux ayant fait oublier les abîmes du calvaire olympique brésilien. Lorsqu’il n’a pas chaussé ses running – ou plutôt devrions nous dire ses walking –, l’athlète bénéficie d’un contrat de sportif de haut niveau, l’équivalent d’un CDI mais aménagé, au sein de la direction du courrier du groupe La Poste depuis 2006. En parallèle, le marcheur évangélise sur le sujet de la santé au travail auprès de ses collègues. Le sujet sera d’ailleurs qualifié de « cause nationale » par la direction du courrier. Le Rémois continue toujours sa carrière sportive à 40 ans et s’est qualifié pour les prochains mondiaux de Berlin, en attendant peut-être sa revanche pour la prochaine échéance olympique.

Stéphane Guivarc’h

Du football à la fonction commerciale

Certes, ce n’est pas le footballeur le plus médiatique, mais Stéphane Guivarc’h fait partie de ces besogneux et parfois hommes de l’ombre qui réussissent avec le collectif à gagner le Graal sportif. Ecrire sur Stéphane Guivarc’h, sacré meilleur buteur du championnat de France à deux reprises dans les années 90, est une bouffée d’oxygène à l’heure d’une équipe de France plus alerte sur les selfies que sur un coup franc dans les 25… Son après-sport est à son image : humble mais heureuse. Guivarc’h ne vit pas de strass et de paillettes. Un temps consultant et membre du staff technique de Guingamp, l’ancien champion du monde devient commercial dans la vente de piscines et de produits de balnéothérapie en Bretagne dans la boîte d’un ami d’enfance afin de se rapprocher de sa famille et de sa région. Une reconversion tranquille, même si le haut niveau le démange encore côté journalisme ou côté staff d’un club…

Estelle Mossely

La « boxe » des maths

Estelle Mossely est la première boxeuse française championne olympique de boxe après son succès aux JO brésiliens de 2016. En janvier 2018, trois mois après la naissance de son fils, la championne rempile pour s’entraîner notamment avec son mari Tony Yoka, boxeur et également champion olympique. Deux envies tiraillent la jeune championne. D’une part continuer le noble art. De l’autre capitaliser sur ses études de niveau ingénieur car Estelle Mossely a suivi la formation Informatique big data et objets connectés à l’ESILV aménageable pour les athlètes de haut niveau. Elle fut avant les lauriers olympiques recrutée en tant qu’ingénieure en informatique au sein du service innovation mobile et intranet du groupe Allianz. En 2017, elle crée l’Observatoire européen du sport féminin pour aider les femmes athlètes dans leur parcours sportif… Un parcours qui atteste d’une détermination sur et hors du ring.

Stéphane Diagana

Le sport dans toutes ses déclinaisons

Outre sa carrière sportive et son implication dans l’athlétisme, Stéphane Diagana est diplômé de la business school ESCP Europe et d’un DUT de biochimie. Comme bon nombre de sportifs de haut niveau, à l’instar des Florence Masnada, Sarah Ourahmoune ou encore Paul-Henri de Le Rue interviewés dans nos colonnes, l’ancien athlète exerce une activité de conférencier sur les thèmes de la performance collective ou encore l’efficacité des équipes et les techniques managériales. En 2011, l’ancien champion du monde du 400m haies devient chef de produit et partenaire technique de la marque de running Kalenji, développée par Décathlon. Outre son support manifeste et ses actions pour accompagner la ville de Paris pour les JO de 2024, Stéphane Diagana a également officialisé en début d’année une collaboration avec le groupe Nutrisens afin de concevoir des produits nutritifs adaptés aux besoins de tous les profils de sportifs.

Astrid Guyart

Du fleuret à l’aérospatiale en passant par la littérature pour jeunesse

Astrid Guyart débute l’escrime à cinq ans et atterrit ensuite à l’INSEP. Aujourd’hui la multi-médaillée continentale et mondiale, tel un chat, alterne entre plusieurs vies. Celle de sportive bien évidemment. Celle d’ingénieur pendant quelques années aussi car elle a travaillé chez Airbus Safran Launchers, avant d’épouser la carrière de responsable d’un laboratoire de maturation et de développement de matériaux et procédés pour applications spatiales à Arianegroup. Non contente de faire fonctionner un esprit sain dans un corps sain, Astrid Guyart s’est également fait un nom dans les albums de jeunesse sur le thème du sport.

Raphaël Poulain

De l’ovalie aux planches du théâtre et au cinéma

L’ancien rugbyman a fait ses adieux à l’ovalie en 2008 après avoir grandi au poste d’ailier au Beauvais XV Rugby Club (de 1987 à 1998), puis évolué au Stade français pendant sept saisons de 1998 à 2005 pour finalement conclure sa carrière de sportif au Racing Métro 92. Une fois la formation de coach mental en poche, accolé d’études de philosophie et de psychologie à l’EEPPA, Raphaël Poulain se consacre au métier d’acteur et conférencier dans le monde du sport et de l’entreprise dès avant sa retraite sportive. Côté acteur/comédien, l’ancien rugbyman se forme d’abord au Studio Intérieur Jour et au Laboratoire de l’acteur à Paris. Il réussit les castings pour jouer deux rôles au cinéma dans C’est beau une ville la nuit de Richard Bohringer en 2006, puis Pars vite et reviens tard de Régis Wargnier en 2007. En septembre 2006, il est aussi à l’affiche de La Dernière nuit pour Marie Stuart, au Théâtre Marigny aux côtés d’Isabelle Adjani. Par ailleurs, il est également l’un des membres fondateurs du Cercle K2, association de loi 1901 qui se revendique comme un espace de rencontre et de dialogue entre professionnels issus de tous horizons. En 2011, le coach et conférencier publie aux éditions Robert Laffont, Quand j’étais Superman, livre écrit en collaboration avec Thomas Saintourens. Le livre relate son ascension d’espoir du rugby national à l’après-carrière en situation précaire avec le droit de toucher le RSA.

Yannick Noah

Quand la « Saga Africa » rime avec la promotion immobilière et l’édition

Les Inconnus ont eu beau le vanner sur ses défaites, il n’empêche que Yannick Noah demeure le seul joueur français de l’ère moderne du tennis à avoir remporté Roland Garros, le mieux classé également à l’ATP et le plus titré. Il peut également se targuer d’une belle carrière en tant qu’entraineur et coach mental, lui qui a remporté plusieurs fois la coupe Davis sans oublier la Fed Cup. Un moment personnalité préférée des Français en 2005, Noah est surtout connu aujourd’hui pour sa carrière de chanteur et pour ses frasques avec le fisc. Sur le premier sujet, il commence la chanson en 1991. « Saga Africa » est le tube de l’été 1991. Malgré ce hit que tout le monde sait encore aujourd’hui fredonner, notre tennisman commence une traversée du désert musical jusqu’en 2000, et retrouve le succès à l’occasion de son quatrième album. Côté affaires, il fut au début des années 2000 égérie pour la marque de lingerie Sloggy. Fidèle à l’un de ses sponsors historique, il entre au CA du coq sportif en 2007. Il posséderait également une société au Cameroun dans la promotion immobilière, obtenant l’autorisation pour la construction de 500 logements de haut standing à proximité du centre-ville de Yaoundé. Plus précisément, l’ancien tennisman est l’un des principaux associés chez MG Constructions. Il dirige également Etoudi, société qui administre ses droits et son image, groupe qui se décline également en Etoudi Editions et Etoudi Spectacles.

Eric Cantona

Du gazon et crampons aux pinceaux et planches de théâtre

« I’m not a man, I’m Eric Cantona », lançait Eric « the King » Cantona dans le film de Ken Loach paru en 2009 Looking for Eric dans lequel l’acteur-joueur aide un supporter à reprendre le contrôle de sa vie… Plus qu’une carrière mirifique, il reste de l’ancien sportif une aura, un charisme et un côté imprévisible. C’est peut-être ces aspects très médiatisés du personnage qui lui ont permis de se reconvertir en artiste. Doucement mais sûrement. Car outre une expérience qui lui a permis de démocratiser le beach soccer, et celle de directeur sportif des Cosmos de New York, l’ancien bourguignon de racine et mancunien de cœur arpente le chemin des arts depuis qu’il est minot. Moins mis en avant que son penchant pour le septième art, la peinture fait partie de ses dadas. L’impressionnisme et le postimpressionnisme en tant que collectionneur et peintre. Il expose à Marseille à 22 ans des toiles expressionnistes et bariolées. A ses heures perdues, celui qui a laissé une fois ses crampons dans le visage d’un fan en colère, s’essaie aussi à la photo d’art. Côté cinéma, c’est dans le rôle d’un rugbyman entiché de la fille de Michel Serrault qu’il est révélé au grand public dans le délicieux film Le bonheur est dans le pré d’Etienne Chatiliez. Il enchaîne alors des rôles de bourru au grand cœur tels ceux de Jo Sardi dans les Enfants du Marais ou encore dans Mookie où il campe un boxeur aux côtés de Pierre Villeret. Sa carrière artistique prend la route des planches du théâtre avec le concours de sa seconde femme, l’actrice et metteuse en scène Rachida Brakni où il s’incarnera comédien dans des pièces d’Alfred Jarry notamment. Gageons qu’il demeure encore quelques arts majeurs pour que le « King » se réinvente là ou ne l’attend pas…

Fabien Barthez

Des gants de portier au casque de pilote automobile

Pas la peine de refaire le match avec Fabien Barthez tant son crâne chauve a traversé les générations avec désormais cette Coupe du monde 98 idolâtrée… Le divin chauve raccroche définitivement les gants en 2008 pour ensuite embrasser un étonnant virage professionnel. Pourtant logiquement, Fabien Barthez profite de son aura gagnée lors de l’été 98 et intègre l’encadrement de l’équipe de France en devenant conseiller technique des gardiens en 2010. En 2013, il devient directeur général du club de national de Luzenac Ariège Pyrénées qui sportivement gagnera son accès à la ligue mais qui se le verra refuser en raison du manque d’infrastructures… « Fabulous Fab » quitte alors le projet en 2014. En parallèle, le héros de France 98 devient consultant sportif pour débriefer avec ses anciens copains des yeux dans les Bleus. Il multiplie ainsi les formats télévisuels sur TF1 ou encore LCI et Eurosport. Surtout, on lui propose d’intervenir dans Automoto pour parler de son autre passion : le sport automobile pour lequel il n’est pas seulement commentateur mais aussi compétiteur. Il participe à la Porsche Carrera Cup France en 2008 et 2009 et à plusieurs championnats français. Déterminé, notre « portier de coeur » s’inscrit au championnat de France FFSA GT en 2010 et remporte le Gentlemen Trophy avec Gilles Duqueine. Conséquemment à plusieurs victoires, il gagne le Championnat de France FFSA GT 21 et participe l’année suivante aux fameuses 24 heures du Mans. Cette épreuve lui donne de la suite dans les idées. En compagnie de l’ancien pilote de F1 Olivier Panis, il crée une équipe d’endurance en 2016. Cette dernière prend part à l’édition 2018 et termine à la 15e place des 24 heures du Mans et à la 11e position de la catégorie LMP2.

Yvan Bourgnon

Des traversées de l’extrême jusqu’au sauvetage des océans

Yvan Bourgnon est skippeur mais surtout entrepreneur écolo et gladiateur des mers. Parmi ses hauts faits d’arme, soulignons sa victoire à la Transat Jacques Vabre de 1997 avec son frère cadet, Laurent, depuis tragiquement disparu en mer en 2015.

D’octobre 2013 à juin 2015, il effectue un tour du monde insolite sur un catamaran non habitable de 6,30 mètres, sans GPS, en faisant le point à l’aide d’un sextant et de cartes papier. Après un parcours de plus de 7 500 kilomètres et deux mois sur l’Océan Atlantique et l’Océan Pacifique, en passant par les îles arctiques du grand Nord Canadien, Yvan Bourgnon devient le premier skipper à boucler le passage du Nord-Ouest sur un catamaran de sport en solitaire, sans habitacle, ni assistance. Aujourd’hui, le skipper se prépare avec son fils Mathis Bourgnon pour le record de la Traversée de la Méditerranée qui sera donné le 5 septembre prochain.

En parallèle, Yvan Bourgnon s’est donné la petite mission de dépolluer les océans. Pollution vécue au quotidien en mer. « Cette forme de pollution, j’en ai pris conscience d’abord au cours de mes traversées où j’ai du abandonner entre 20 % et 30 % des courses. Au cours de mes courses transocéaniques en multicoque, j’ai souvent heurté des objets flottants non identifiés. En 2015 encore, le bateau avec lequel je participais à la Transat Jacques Vabre entre en collision avec un container », illustre le skipper.

Et pour mener une action efficace contre la pollution plastique océanique, il crée l’association the SeaCleaners pour lancer la conception d’un quadrimaran géant collecteur de déchets. Un défi d’envergure pour faire face aux 9 millions de tonnes de plastique qui sont déversées chaque année dans l’océan, soit près de 300 kg par seconde.

« Aujourd’hui, nous avons terminé les études de faisabilité. Le défi était de taille car il fallait inventer quelque chose qui n’existe pas, un bateau qui dépollue sans polluer, capable de dépolluer au large tout en faisant face au manque d’énergie. C’est pour répondre à ces enjeux que le Manta a été pensé en tant que quadrimaran hybride, notamment pour passer de 3 à 10 nœuds », précise Yvan Bourgnon. Le Manta sera également capable de collecter, trier, compacter et stocker les déchets, étant muni d’un système de trois tapis roulants géants. Une moisson estimée à 250 tonnes ou 1 200 mètres cubes. Un système de pyrolyse permet de gagner de l’espace et de doubler la capacité de stockage. « Aujourd’hui, nous sommes confiants. Ce n’est plus qu’une question de temps pour trouver nos donateurs afin de lever les 25 millions d’euros nécessaires. 2020 devrait voir le début du chantier de construction », conclut le skipper qui a déjà prévu avec son équipe 200 rendez-vous d’ici la fin de l’année. Espérons que ce projet, une fois mené à son terme, crée la sensibilisation attendue et de nouveaux projets escomptés.

Le Saviez vous ?

Qui n’aime pas casser du petit sucre sur les sportifs qui ont plus que bien gagné leur vie au moment où leur placement houleux fait la Une… La presse nous régale chaque année de placements off-shore et de contentieux avec le fisc. A l’inverse, les fondations et actions caritatives viennent souvent compenser ces placements hasardeux pour mieux mettre en lumière la philanthropie des sportifs. Cela dit, la presse parle peu d’investissements peu rentables dans lesquels misent certains. C’est le cas de Vikash Dhorassoo ou encore d’Edouard Cissé, deux ex-footballeurs qui ont décidé de mettre des billes en 2015 pour accélérer le développement de So Foot à une époque où Franck Annese, selon la légende, avait injecté les modiques 450 euros pour démarrer l’aventure. Comme quoi, on peut décider d’investir sans but lucratif, ni visée médiatique…

Geoffroy Framery

Répondre

Saisissez votre commentaire
Saisissez votre nom ici

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.