« Imaginer la pluie » de Santiago Pajares

Dans son premier roman traduit en français Santiago Pajares, informaticien de formation né en 1979, démontre un réel talent pour dessiner le monde après une catastrophe planétaire à travers les yeux interrogateurs d’un jeune garçon. Ionah n’a connu que les dunes et le désert et n’a eu pour compagnie que sa mère, qui lui racontait un monde détruit par la folie des hommes. A la mort de celle-ci, il doit quitter son abri de fortune – un appentis pour s’abriter des tempêtes de sable, quelques palmiers et un puits, beaucoup de lézards et de rares légumes – pour tenter de retrouver la civilisation, si tant est qu’elle existe encore. Sa maman lui a représenté ce qui composait l’existence d’avant : le goût du café fumant, l’arôme des fleurs, la rosée du matin sur les fougères, les notes d’un piano, mais aussi la haine, la cupidité et la guerre. D’une écriture fine, épurée à l’extrême, Pajares tisse un conte attachant sur l’apprentissage de la vie lorsque la violence des hommes semble la condamner d’avance. Fable exquise sur le désert intérieur de chacun, composé d’épreuves, de solitudes et de mirages, et finalement esquisse de ce qui est véritablement indispensable au bonheur…

De Santiago Pajares, traduit de l’espagnol par Claude Bleton, éd. Actes Sud, 2017

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