Enfers et fantômes d’Asie

Le musée des arts primaires continue de nous étonner avec ses programmations. Pour nous occuper pour ce printemps et le début de l’été, le Quai Branly donne la part belle aux au-delà asiatiques. L’exposition temporaire nous offre une multitude de supports civilisationnels pour mieux aborder les notions de réincarnation, d’enfer, de damnation, de fantôme, d’esprits vengeurs : peintures bouddhiques, salles dédiées à la J-Horror (Japan Horror pour qualifier les films d’épouvante nippons), estampes d’Hokusai, caméo geek des fantômes de Pac-Man, sculpture et mannequins illustrant le culte des esprits en Thaïlande, références au manga d’horreur, costumes et masques traditionnels…

Les premières salles sont consacrées à la vision des enfers dans les différentes religions asiatiques. L’on apprend par exemple que l’enfer est très structuré. A chaque péché correspond un supplice et chaque étage de l’enfer est gouverné par des tribunaux et un appareil administratif complet. Si le bouddhisme a notamment influencé bon nombre des représentations artistiques et culturelles avec le concept d’attente des âmes entre deux réincarnations, il est notable de souligner que l’émergence de la figure du fantôme serait davantage le produit du folklore et de la culture populaire. Ainsi au Japon, le fantôme peut-il épouser la forme d’une femme-chat ou d’une femme défigurée vengeresse à une époque où la polygamie était acceptée mais pas la jalousie entre concubines… Tout comme l’on apprend que les plantes épineuses disposées sur le pas de l’entrée des maisons dans certains pays d’Asie du Sud-Est sont traditionnellement placées à cet endroit pour faire fuir les revenants affamés (les «walking dead») ou les esprits errants. Une exposition qui entremêle religions, croyances populaires, culture, modes vestimentaires, traditions ancestrales dans des allers-retours singuliers entre l’influence de l’industrie contemporaine artistique et la tradition et l’aspect transcendantaliste des religions.

Enfers et fantômes d’Asie, du 10 avril au 15 juillet 2018, Musée du Quai Branly, 7 euros en tarif réduit, 10 euros plein tarif

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