Régions : qui recrute le plus ?

Chaque année, les chiffres de l’emploi, témoins de la vigueur du marché, cristallisent les attentes. Alors que les intentions de recrutement des employeurs progressent de 14,8 % en 2019 (347 000 de plus), la recherche de nouveaux talents reste un défi. Mais les dynamiques des régions diffèrent. Plongée dans les bassins de recrutement français.

Pays-de-la-Loire : Portés par l’industrie

La région du Grand Ouest prend la tête avec une progression de 24,8 % de ses projets de recrutements en 2019 (180 174). En 2018, les Pays de la Loire rassemblaient 509 241 offres, soit 8,1 % du total national (4e). Un chiffre en légère baisse en 2019, 7,3 % des offres du second trimestre sont issus du territoire, qui chute à la 7e position. Reste que Nantes, principal centre d’activité de la région, a le vent en poupe, sa métropole est la 4e qui progresse le plus et la 3e plus attractive de France (86 863 offres en 2018 contre 66 690 en 2017). La région voit son secteur commercial reculer (8,1 % en 2018, 13,4 % en 2017) mais va compter sur un secteur industriel qui grimpe (20,2 % en 2018).

Nouvelle-Aquitaine : Bordeaux la dynamique

La plus grande région française poursuit son développement, avec Bordeaux comme locomotive (12,7 % des offres). Elle se place en 3e position avec 528 527 offres en 2018 (8,4 %) et 9,3 % des offres diffusées pendant le second trimestre 2019 (89 000). La « belle endormie », préfecture régionale toujours plus en vogue, devance le Grand Paris et la métropole d’Aix-Marseille en tant que métropole la plus dynamique du moment, mais reste derrière en volume d’offres (70 000). Côté anticipation, le besoin en main-d’œuvre (BMO) 2019 prévoit 257 721 projets de recrutements (4e) et une progression de 14,6 % en 2019 (7e). Principalement dans l’industrie (15 %), le BTP (13 %) et le commerce (9,1 %).

L’Occitanie : Du monde dans le rétro

Dépassée par le Grand Est, l’Occitanie n’est plus qu’en 6e position en 2018 avec 7,1 % des offres (446 922 contre 482 963 en 2017). Même constat pour Toulouse, dont la dynamique est loin d’être aussi fringante que ses rivales, Paris, Bordeaux ou Lyon. La région reste malgré tout 5e en termes de projets de recrutement en 2019 (255 922) mais 9e progression seulement (13,4 %). En s’appuyant sur son industrie (12,8 %), son BTP (11,3 %) et son commerce (9,1 %), l’Occitanie se refait une santé en 2019. Elle rassemble 87 890 offres – premier et second trimestres –, soit 8,5 % de la demande nationale (4e derrière le trio francilien, auvergnat-rhônalpin et aquitain mais talonnée par le Paca et les Pays de la Loire).

Hauts-de-France : Le ventre mou

Encore loin derrière les régions les plus actives, les Hauts-de-France n’en progressent pas moins. En 2019, l’évolution de 18,3 % de leurs projets de recrutement (203 846) est la 3e plus importante de métropole. Depuis deux ans, la région du nord stagne au 8e rang en termes d’offres d’emplois, 6,5 % et 437 867 offres en 2017, 6 % et 380 626 en 2018. Idem en 2019, 5,9 % des offres au 1er trimestre, 6,1 % au 2nd et une 8e position. Sa préfecture lilloise progresse, elle, sensiblement, + 12,1 % d’offres en 2018. Au même titre que bien des régions, l’industrie (17,5 %), le BTP (10,5 %) et le commerce (10,4 %) se partagent la majeure partie du marché de l’emploi, lui-même plus fourni au sein de l’ex-Nord-Pas-de-Calais.

Île-de-France : Tête d’affiche

Pas de surprise, la seconde région d’Europe en matière de PIB est celle qui recrute le plus en France. L’enquête Besoin en main-d’œuvre 2019 de Pôle Emploi classe l’Île-de-France première région métropolitaine en nombre de projets de recrutements* (492 777), qui enregistre la 4e progression (17,8 %). Le recrutement francilien n’est plus le plus dynamique mais l’Île-de-France reste n° 1 et rassemble 23,7 % du volume national des offres d’emplois diffusées sur le Web en 2018 (près d’1,5 million). Le commerce (11,4 %), la petite enfance (9,3 %), l’informatique (8,5 %) et l’industrie (7,6 %) comptent parmi les principaux pourvoyeurs. En 2019, même topo, 21,4 % des offres du second semestre sont lancées dans la région parisienne.
*Un projet de recrutements tel qu’enregistré par Pôle Emploi correspond à l’anticipation d’un besoin par un employeur et non à une offre d’emploi. Un projet de recrutement pourrait aboutir à une ou plusieurs offres d’emploi ou ne pas aboutir.

Auvergne Rhône-Alpes : Éternel second

Fidèle à ses standards, l’Auvergne-Rhône-Alpes talonne l’Île-de-France en matière d’activité et de recrutement. La région réunit près de 14 % des offres diffusées en 2018 (874 682), une part en légère hausse (13,5 % en 2017). La dynamique se poursuit en 2019, « ARA » diffuse 14,2 % des offres du second semestre. Comme sa région, Lyon conserve sa seconde position, derrière Paris, et rassemble 117 770 offres en 2018. Pôle Emploi fait état de 335 922 projets de recrutements par les employeurs du territoire, soit une progression de 13,3 % (10e). Parmi les secteurs porteurs dans la région, on distingue l’industrie (17,3 %), le commerce (9,8 %) et le BTP (9,3 %).

Paca : Dans le sillage d’Aix-Marseille

La 3e région française en termes de PIB par habitant s’est classée 7e des terres de recrutement en 2018 avec 440 076 offres (7 %). La progression de ses projets de recrutements sur 2019 (261 542) est, elle, la plus faible (4,3 %). Malgré tout, la métropole d’Aix-Marseille tient la distance et se hisse même à la 3e place des plus en vue, derrière Bordeaux et Paris (+ 16 % d’offres entre 2017 et 2018). Les deux villes tirent la région, qui progresse en 2019 en réunissant 8 % (148 200) et 7,8 % (128 000) des offres aux premier et second trimestres. Côté dynamique de secteur, le commerce est en chute libre (de 15,5 % en 2017 à 9,4 % en 2018), tandis que l’industrie (10,8 %) et le BTP (9,7 %) tiennent le cap.

Adam Belghiti-Alaoui

Au Sommaire du dossier 

1. Terrain : trois recruteuses en quête de « talents »

2. Régions : qui recrute le plus ?

3. Comment l’on recrute dans le monde 3.0

4. Le recruteur, l’IA et le poste

Répondre

Saisissez votre commentaire
Saisissez votre nom ici

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.