Mobilité interrégionale : des envies à géométrie variable

Les sites dédiés à l’emploi sont devenus des passages obligés. Et des connexions l’on peut déduire les velléités de changement des internautes. Tout l’intérêt de la data. Telle est la démarche du groupe HelloWork (opérateur des plates-formes RegionsJob, ParisJob, Cadreo) qui a scruté les recherches de ses quelque 6,9 millions de visiteurs enregistrés au premier trimestre 2019, sur les 220 000 offres d’emploi diffusées. Avec des confirmations et des surprises à la clé.

Les Franciliens, premiers à vouloir changer de région

Près de quatre actifs sur dix cherchent un emploi dans une autre région. Des proportions qui varient d’un territoire à l’autre. HelloWork met ainsi en avant l’envie forte des Franciliens de quitter leur région d’origine. Plus de deux sur trois prospectent en dehors de leur périmètre – 67 %. Ce n’est pas un scoop. Pour preuve, Une hirondelle ne fait pas le printemps, le film de Christian Carion avec Michel Serrault s’était emparé du sujet en… 2001. La tendance perdure. Nouveau en revanche, le phénomène s’accentue : + 8 points en un an (quand les candidats de province – le politiquement correct préfère l’expression « en régions » – sont dans la dynamique opposée, avec une appétence pour la mobilité en recul de 5 points). Il fait bon vivre et travailler en province…
Les raisons de cet intérêt marqué des Franciliens pour la mobilité professionnelle interrégionale sont connues : loyer et acquisition exorbitants en région parisienne, pollution, trafic routier, transports en commun pas toujours satisfaisants… Près de la moitié (45 % très exactement) mettent plus de 45 minutes pour se rendre à leur travail, 71 % plus de 30 minutes. Or, pour près de 9 Français sur 10, le temps de trajet est un élément important de l’équilibre vie pro/vie perso. Résultat : premier bassin d’emplois dans l’hexagone, l’Île-de-France n’attire que 5 % des candidats à la mobilité. Elle arrive en avant-dernière position du classement. De quoi alimenter les tensions subies par les entreprises qui recrutent ou qui cherchent à le faire. Selon le même HelloWork, le volume d’offres d’emploi sur le Val d’Oise, le Val de Marne, la Seine-Saint-Denis, les Hauts-de-Seine, la Seine-et-Marne, l’Essonne, les Yvelines et Paris est en progression de 16 % au premier semestre 2019.

Les Hauts-de-France rêvent d’Île-de-France

La région lyonnaise fait carton plein auprès des actifs d’Île-de-France. Près de 15 % des Franciliens qui cherchent ailleurs visent la région Auvergne-Rhône-Alpes. Avant la Nouvelle-Aquitaine, qui n’était pourtant que 6e en 2018. Le dynamisme de la région bordelaise continue d’attirer.
Suivent les Pays de la Loire, le Grand Est, la Bretagne, les Hauts-de-France et Paca, chaque territoire attire entre 9 et 10,5 % des Franciliens. La Bourgogne Franche-Comté est lanterne rouge (3,6 %).
Les Franciliens ne sont pas les seuls à vouloir changer de région, professionnellement. La bougeotte titille aussi les actifs des Hauts-de-France. 41 % louchent sur des offres d’emploi d’une autre région, un taux qui progresse de cinq points en un an, quand cette proportion dans toutes les autres grandes régions baisse. Ils sont les plus intéressés par un poste en Île-de-France (18,6 % de l’ensemble des Français qui souhaitent aller en région parisienne). Pour autant, ce n’est pas forcément synonyme de déménagement. La liaison ferroviaire Paris-Lille ouvre de nouveaux horizons aux habitants domiciliés au nord de l’Île-de-France.

Murielle Wolski

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