Le Volontariat International d’Entreprise, du gagnant /gagnant

Grandes et petites, les entreprises ont tout à gagner à signer un contrat de Volontariat international en entreprise (VIE). Mis en place en l’an 2000, ce dispositif constitue un vrai levier de croissance à l’export et à moindres frais.

La réputation des contrats de Volontariat international en entreprise n’est plus à faire dans les rangs des entreprises du CAC 40. Une mission à l’international, de 6 à 24 mois, confiée à un jeune de 18 à 28 ans, accessible en temps partagé : les grandes sociétés ont parfaitement compris les bienfaits de la formule, créée en mars 2000, pour conquérir de nouvelles parts de marché à l’étranger. Pour mieux s’en convaincre, il n’y a qu’à se connecter sur CIVI, le site internet dédié géré par Business France. Les dernières offres en date sont signées par Société Générale, BNP Paribas, Faurecia, Alten, ERDF ou bien encore par Schneider Electric…
Aujourd’hui directeur d’une agence de communication baptisée Ppool, Pascal Jentsch se souvient de ces années passées chez Akka technologies, à la direction de la communication : « Cet “Erasmus de l’économie” permet aux entreprises d’accéder à une main-d’œuvre bon marché. Le groupe comptait facilement une centaine de VIE en son sein. » C’était il y a trois ans. Aujourd’hui encore, Akka technologies recrute à tour de bras des VIE. Entre le 7 et le 16 août, cette société d’ingénierie a déposé pas moins de 16 offres.
Les banques – dont la concentration de sièges sociaux en Île-de-France est maximale ‒ arrivent en tête des utilisatrices, au plan national, suivi des fabricants de voiture et par l’industrie pharmaceutique. En février 2018, 10 152 VIE sont employés par 1 956 entreprises, réparties dans 129 pays dans le monde. Et si, en volume de postes, les grandes « boîtes » sont majoritaires, en revanche les petites et moyennes entreprises comptent pour 65 % des structures d’accueil.

Pour les PME aussi !

Le VIE ? Une aubaine déjà saisie par Thibaut Heimermann, à la tête d’Estimages, très petite entreprise d’une quinzaine de salariés, spécialisée dans la géostatistique au service des gaziers ou pétroliers. « J’y ai pensé dès qu’il a été question d’exportation. Ce dispositif n’offre que des avantages. » L’entreprise garde la main sur le recrutement et qu’elle définit ses critères quand Business France met à disposition une CVthèque de plus de 45 000 candidats motivés par une expérience hors des frontières avant de prendre en charge toutes les démarches administratives ‒ visa, permis de travail, introduction auprès des chambres de commerce françaises à l’étranger et parrainage par un conseiller, voire hébergement professionnel de la jeune recrue si l’entreprise n’a pas de bureau : 685 places sont ainsi mises à disposition des entreprises tricolores, partout dans le monde. Estimages s’est implanté par ce biais en Norvège, mais aussi en Australie et aux États-Unis. « C’est important de ne pas se retrouver isolé, témoigne Ivan Van Bever, premier VIE d’Estimages à Oslo. On a un cadre. »
L’ouverture de marché via un VIE ? Un grand classique, désormais. Deux entreprises sur trois considèrent que le VIE a produit un impact direct sur leur implantation commerciale. De zéro, le chiffre d’affaires d’Estimages à Oslo a atteint 700 000 euros, au bout de quatre ans.

Les 10 premiers secteurs de recrutement des VIE (1er Janvier 2018)

Un levier d’insertion efficace

Directeur de filiale, tel est le titre qui s’affiche dorénavant sur la carte de visite d’Ivan Van Bever. Là encore, un schéma banal dans le monde des VIE. 68 % des jeunes se sont vu proposer un poste à l’issue de leur mission. Huit jeunes sur dix en ont décroché un quatre mois après cette expérience. Les statistiques sont éloquentes. Et beaucoup l’ignorent, le dispositif ne s’adresse pas aux seuls diplômés des écoles d’ingénieurs ou de commerce. Un quart des VIE alignent un bac+2.

Murielle Wolski

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