Grandes écoles et innovation : de l’EIP à la success story, retour sur des parcours d’Epitéchéen

Une méthodo pour faire de l’innovation une quête sans relâche chez les étudiants.
Une méthodo pour faire de l’innovation une quête sans relâche chez les étudiants.

Made in Epitech

L’innovation peut et doit être encouragée dans les formations post-Bac. La preuve avec les EIP (Epitech Innovative Projects), OVNI de la formation supérieure.

Bien longtemps avant d’autres, l’école parisienne Epitech s’est distinguée dans sa volonté de créer des profils atypiques dotés d’une grande expertise dans l’informatique. Sa pédagogie de projets transpire dans chaque enseignement y compris celui de l’innovation. Emmanuel Carli directeur de l’école complète : « Dès la troisième année, les élèves développent en groupe de travail un EIP (Epitech Innovative Project). Ces projets de longue haleine amènent les étudiants à présenter le fruit de leur travail en dernière année. Ce qui fut au départ une idée peut devenir en deux ans une start-up innovante ou un projet convoité par une entreprise de renommée mondiale. » Autrement dit, les EIP consistent en de véritables projets entrepreneuriaux, dans toutes leurs composantes : business, techno, design et communication. « Compétences techniques, esprit d’équipe et ouverture

à l’international, capacité de répondre à l’accélération du rythme de l’innovation, le croisement de ces trois formes d’aptitudes est essentielle. La réunion en un même profil de ces trois facettes dresse le profil gagnant, garantissant la réussite à la sortie de l’école. Qu’ils deviennent salariés ou entrepreneurs, les diplômés d’Epitech sont bien autre chose que d’ingénieux exécutants », se réjouit Emmanuel Carli.

Success stories depuis dix ans

Les success stories existent. Tel est le cas par exemple du Carinae Group. Michael Ourabah et Charles Beyney (promotion 2006) lancent BSO Network Solutions en 2004. Dix ans plus tard, les deux alumni sont à la tête d’une holding financière présente en France, au Royaume-Uni, en Irlande, au Luxembourg et à Hong-Kong, avec un chiffre d’affaires de 16 M€ en 2013. PrestaShop, géant du e-commerce fut aussi à l’origine un EIP dans lequel cinq élèves ont développé une solution open-source à destination des commerçants désirant ouvrir une boutique en ligne. Devant le succès rencontré, Bruno Lévêque (promotion 2007) décide dès lors de fonder ce qui deviendra Prestashop, référence actuelle dans le domaine avec plus de 150 000 boutiques utilisant cette solution. Idem avec l’EIP de Jérémy Nicolas et Alexandre Malsh (promotion 2009) qui devient quelques années plus tard le Melty Group. En moins de quatre ans, ce pure player s’est imposé comme le premier groupe média en ligne, spécialiste des 12-17 ans et des 18-30 ans, avec aujourd’hui plus de 17 millions de visiteurs mensuels sur 14 différents sites. Ces histoires ne sont en rien des exceptions. Chaque année accouche de ses pépites. A l’image des Docker, Inc, plateforme de développement en ligne (ou «PaaS») dont l’un des fondateurs Solomon Hykes et alumni d’Epitech fut sélectionné par Forbes comme l’un des « 30 under 30 » – comprenez les 30 personnalités qui n’ont pas encore 30 ans – à suivre dans la catégorie Technology…

Recette pour encourager l’innovation

Chaque année réserve son lot d’innovations et projets atypiques. Warger fait partie de ces projets qui se démarquent. Derrière cette marque, se développe un jeu de type Battle Royale, entendez un jeu multi-joueurs où il s’agit de survivre. « Nous avons proposé ce projet il y a deux ans. C’était inédit car le gameplay n’existait pas. Depuis, le jeu PlayerUnknown’s Battlegrounds est sorti. Le jeu est un carton mondial. Il fédère au moins trois millions de joueurs en simultané tous les jours. Cette sortie nous a confortés dans notre démarche mais nous avons également voulu poursuivre en proposant un business model qui n’existe pas dans le jeu vidéo », précise Marc Parveau, actuellement étudiant et membre du projet. Ce faisant, le jeu se télécharge gratuitement. Le gamer paie ensuite un droit d’entrée de 10 cents à 10 euros. Et en fonction de la réussite du joueur lors de ses parties, de son avancée dans le classement, il est récompensé par de l’argent qui lui n’est pas virtuel. Dit autrement, « il s’agit d’un jeu d’argent basé sur les compétences », ajoute Marc Parveau à propos de ce jeu vidéo qui devrait incessamment faire son apparition sur Steam et qui mobilise aujourd’hui six étudiants d’Epitech et deux graphistes indépendants. Et Flavien Astraud, chargé des EIP, d’ajouter sur les manières de collaborer : « J’ai créé le format en 2002 et la première promotion date de 2004. De nombreux objectifs sont visés : valorisation de diplôme, les former à l’entreprise, la création d’entreprise. Mais l’innovation est vraiment le vecteur de valeur. Ce n’était pas le but premier il y a 17 ans. Aujourd’hui, c’est un des piliers. Nous insistons sur tous les aspects de la gestion de projets. » Grisha Ghukasyan illustre : « Nous avons rejoint trois entrepreneurs pour nous occuper du développement de la partie technique de Brigad. Cela fait aujourd’hui deux ans que nous travaillons dans cette start-up tout en poursuivant notre cursus. » Thibault Malbranche, autre membre du projet, complète : « Brigad est un service permettant à des professionnels de trouver du staff qualifié à la demande et à des «Brigaders» de pouvoir travailler librement sur les missions qui leur plaisent dans l’hôtellerie-restauration. Les établissements s’inscrivent puis font leurs demandes d’extras par SMS ou via notre application web ou mobile. Un algorithme se charge ensuite de sélectionner la personne la plus qualifiée selon plusieurs critères : les compétences du Brigader, sa localisation par rapport à la mission, si le Brigader et l’établissement ont déjà travaillé ensemble ou encore les notes qu’ils se sont mutuellement données. Nous nous chargeons de tout automatiquement : le paiement, la facturation et même l’assurance des Brigaders pendant la mission. » Le pitch a déjà séduit les investisseurs. Brigad ayant levée 2,5 millions d’euros après deux tours de tables. De quoi «scaler» leur business. Emmanuel Carli complète : « Pour ceux qui souhaitent déjà construire leur réseau professionnel, le projet peut se faire en lien avec une société, un laboratoire ou même une autre école. » L’innovation comme passe-muraille entre les écoles.

Geoffroy Framery

Répondre

Saisissez votre commentaire
Saisissez votre nom ici

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.