Toutes en avant !

En 2005, naissent les Pionnières, à l’idée de Frédérique Clavel, un incubateur réservé à l’entrepreneuriat féminin tant les ruches masculines se montrent peu hospitalières, apparemment ! La Fédération Les Premières en est l’héritière. Le réseau d’incubateurs, en France, outre-mer et à l’international, veut développer l’entreprenariat féminin – et mixte – au nom de deux principes forts, la formation et l’accompagnement.

Douze ans après les Pionnières, donc en 2017, voici Les Premières, fruit d’une scission : c’est l’antenne parisienne qui prend alors son indépendance (sous le nom d’abord de Paris Pionnières puis de Willa, faut suivre !). Depuis, en 2019 plus exactement, Les Premières sont revenues s’installer en Île-de-France. Les Pionnières de 2005 était, « à l’époque, un réseau très en avance sur son temps », souligne Grégory Fournier, délégué général de la Fédération Les Premières. L’incubateur vise à « développer l’entrepreneuriat féminin et mixte, en créant des entreprises à dimension innovante – pas nécessairement dans les nouvelles technologies, mais aussi dans le service, le social, ou la RSE, le développement durable, l’économie solidaire… Nous sommes des accélérateurs de croissance qui voulons générer de l’employabilité. Nous voulons pousser les personnes à avoir l’ambition d’entreprendre », pitche le délégué général.

Former pour réussir

Les Premières, féminines, donc, sont encore une nécessité aujourd’hui. Les femmes rencontrent toujours des difficultés supplémentaires par rapport aux hommes pour créer leur entreprise, à commencer par le financement. Encore une absurdité à la française puisque 38 % des créations d’entreprises aujourd’hui relèvent d’initiatives féminines ! Rageant : comme la Fédération aime à le rappeler, les chiffres montrent que les entreprises féminines s’avèrent plus solides. Selon l’OCDE, une entreprise compte 40 % de risque de moins de déposer le bilan si elle est créée par une femme ! « Casser ces barrières demande encore un travail important pour démonter les croyances limitantes, explique Grégory Fournier. Il faut travailler les notions de réseau, de modèles – et les mettre en avant. »

Aujourd’hui, la Fédération des Premières regroupe dix incubateurs en France, dans les territoires d’outre-mer et à l’international. Et il s’agit bien d’incubateurs avant tout. Les Premières ne pratiquent pas vraiment de networking, même si certains incubateurs organisent parfois des événements, en régional ou à l’échelle nationale. Ou si les carnets d’adresses des membres se remplissent aussi au gré des rencontres au cours des programmes ou des accompagnements. Mais tel n’est pas l’objectif premier du réseau, clairement la formation. Depuis 2005, les Pionnières/Premières ont ainsi accompagné plus de 14 000 entrepreneuses, dont 1 088 en 2019 (les chiffres 2020, compte tenu du contexte, ne seront pas nécessairement indicatifs), assisté à la création de 900 entreprises, avec un taux de pérennité à trois ans de 85 %.

Blended learning et international

Au fil de l’expérience, les Premières ont élaboré une formule simple, mais efficace. La Fédération propose trois grands programmes de formation. Nationaux, ils sont néanmoins adaptés aux territoires, avec un socle commun. Le premier, dénommé Start-1re, a pour thème la sensibilisation à l’entrepreneuriat. Cible : des personnes pas nécessairement actives sur un projet immédiat, mais intéressées par l’idée de fonder leur entreprise. Le deuxième programme, Go-1re, vise les créateur·rices prêt·es à monter le projet dont ils·elles mûrissent l’idée. D’une durée de 6 mois, il invite à se pencher en détail sur tous les aspects du projet pour le renforcer et lui donner les meilleures chances : l’approche de la communication, le marketing, les soft skills… Le tout grâce à l’apport d’experts. « Nous voulons une pérennité des entreprises qui aille au-delà des trois ans », martèle Grégory Fournier. Enfin, le troisième programme, Boost-1re, est un accompagnement encore plus personnalisé, destiné à des entreprises déjà un peu matures, et qui veulent par exemple se développer à l’international ou cherchent leur pivot (le tournant du numérique, notamment, surtout post-covid). Sa durée variera, selon les besoins, de 8 à 10 mois.

« Nous sommes en train de travailler au blended learning, mixte de distanciel et de présentiel, qui offre beaucoup d’avantages, notamment pour toucher les personnes à mobilité réduite », selon Grégory Fournier. C’est l’un des chantiers de l’année 2021 pour la Fédération. L’autre développement correspond à l’ouverture de plusieurs incubateurs, en Bretagne, dans les Pays de la Loire… et à l’international : « Nous venons, en octobre 2020, de lancer un incubateur au Congo, en adaptant le modèle Start au contexte local. Un succès, avec près de 100 candidatures pour seulement douze places… Et la première promotion est déjà prête pour le programme Go. » Premières et Pionnières, vraiment !

Jean-Marie Benoist

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