Le réseau FCE, femmes chefs d’entreprises

FCE ou comment fédérer un maximum d’expertises au féminin.
FCE ou comment fédérer un maximum d’expertises au féminin.

La force des relations

À coups de partage d’expérience, et de création de vrais liens, le FCE France aide la cause de l’entrepreneuriat féminin depuis plus de 70 ans.

Le réseau FCE France est né en 1945, à l’initiative d’une femme elle-même cheffe d’entreprise : Yvonne-Edmond Foinant, maître de forge, bien en avance sur son temps. « Assez vite dans sa carrière, elle a ressenti le besoin de s’investir dans les enjeux économiques, et s’est vu opposer une fin de non-recevoir, raconte Anne-Sophie Panseri. Elle a alors voulu mobiliser autour d’elle ses congénères. Sa vocation a été d’inciter la prise de responsabilité des femmes dans les mandats patronaux, d’informer et de former ses membres, de promouvoir la solidarité, l’amitié et le partage d’expérience au travers de liens privilégiés. Et le mouvement a rapidement pris de l’envergure. » Il s’est également, très vite, ouvert à l’international : dès les années 50, la Belgique, l’Allemagne et le Japon fondent leurs réseaux. Aujourd’hui, la fédération FCEM réunit les associations nationales de 70 pays… Car le combat mené est toujours d’actualité. Si l’entrepreneuriat féminin est dans une situation plus favorable qu’il y a 70 ans – heureusement –, il reste des obstacles structurels et organisationnels qui le freinent ; et le meilleur remède, c’est le partage de modèles, de témoignages de femmes qui ont réussi ce parcours pour apprendre, et s’en inspirer.

Créer du lien

Le FCE France n’est ainsi pas qu’une bourse d’échange de cartes de visite. « Le but est de mieux se connaître pour mieux s’aider : comme le disait notre fondatrice, seule on est invisible, ensemble on est invincibles, souligne Anne-Sophie Panseri. Le réseau ne cherche pas à accroître ses membres de façon exponentielle, mais un vrai partage de valeur. Les contacts se font naturellement, et évoluent naturellement. » C’est l’une des raisons pour laquelle le mode d’entrée principal dans le réseau est la cooptation. Il compte aujourd’hui 1 900 membres, dont près de 1 400 qui possèdent leur entreprise – l’association compte également des cadres supérieurs dans les grandes entreprises, ce qui offre l’opportunité de pouvoir s’appuyer sur leurs compétences. « La mixité du regard est importante, continue Anne-Sophie Panseri. L’une des forces de FCE est d’être multi-métiers, ce qui permet d’apporter une vision vraiment transverse, source d’évolutions. » Le FCE France entretient aussi des liens avec d’autres associations, le CJD, Initiative France, Force Femme…

L’association compte 48 délégations, chacune à l’échelle d’un département. De nouvelles se créent régulièrement : les Landes, la Guadeloupe, Saint-Pierre et Miquelon… Chaque délégation compte un bureau et une présidente, et se réunit une fois par mois. À cela, il faut rajouter quatre rencontres annuelles au niveau national, qui sont encore l’occasion de se concentrer sur un thème d’importance.

Accompagner le développement des entreprises dirigées par des femmes et aider la prise de mandat par les femmes

La mission que s’est donnée le FCE est double. Le premier objectif est d’accompagner le développement des entreprises dirigées par des femmes. « Nous ne penchons pas vraiment sur la création d’entreprise, mais plutôt sur celles qui existent depuis plus de trois ans, explique Anne-Sophie Panseri. Nous voulons accélérer leur développement et leur croissance. » Pour cela, le FCE France se repose principalement sur un outil : le partage d’expérience, que ce soit par des formations ou par des rencontres entre membres. « Nous travaillons, au travers des délégations, au niveau local, sur plusieurs sujets : le financement, la croissance externe, l’entraide, le recours à des stratégies multi-schéma ou multi-plan pour accélérer la croissance… », liste Anne-Sophie Panseri. Toutes les compétences dont on peut avoir besoin au quotidien dans la gestion d’une entreprise font ainsi régulièrement l’objet de formations, conférences, interventions d’experts… Et au travers d’opérations spéciales, comme les «FCE Days», des thématiques plus larges sont adressées. Ils sont par exemple centrés cette année sur la notion de métamorphose. « Cela repose beaucoup sur le partage d’expérience, explique Anne-Sophie Panseri, notamment en termes de transformation, d’apport du numérique, de passage du produit à l’usage… Les intervenants viennent apporter leurs compétences. »

Le deuxième objectif est l’objectif historique, toujours aussi important aujourd’hui qu’hier : aider la prise de mandat par les femmes en matière de gouvernance économique – tribunaux de commerce, prud’hommes… Pour atteindre son but, le FCE France organise des rencontres avec les présidents de CCI et les syndicats patronaux ; l’idée est de comprendre les enjeux et le contenu de ces mandats. « Par exemple, ces mandats ne peuvent être pris que par un syndicat patronal, souligne Anne-Sophie Panseri. Nous faisons comprendre l’importance de ces sujets. C’est pourquoi la formation est importante également – car on ne prend pas un mandat simplement pour le mettre sur son CV ; il faut une action probante. »

Jean-Marie Benoist

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