Le CRA (club des cédants et repreneurs d’affaires)

Une histoire de transmission(s)

Entreprendre, c’est aussi potentiellement pouvoir reprendre une entreprise. Pourquoi ? Comment ? Avec quels conseils ? Le CRA en a fait une expertise spécifique.

«Au-delà de céder notre affaire, nous cherchions quelqu’un qui apporte autre chose que ce que l’on faisait déjà, dans un contexte où mon mari souhaitait consacrer davantage de temps aux chantiers. Il y avait aussi la nécessité de continuer à travailler quelques mois jusqu’à la retraite pour nous deux. Nous avons accompagné le repreneur dans la prise en main de l’entreprise. Le lien avec le CRA de Cholet s’est fait par un chef d’entreprise de notre entourage qui en avait bénéficié. L’affaire avait été réalisée rapidement, et dans de bonnes conditions. Dans notre cas, le repreneur a acheté le fonds et acquerra les murs dans deux ans, ce qui permet à tout le monde d’avancer sereinement.» 1,6M€ de CA, seize salariés, 26 ans d’existence, les époux Delahaie ont cédé leur entreprise d’agencement du Maine-et-Loire à Frédéric Jégo il y a un an sans attendre l’échéance de la retraite. « Madame Delahaie a pu rester dans ses fonctions administratives, ce qui déchargeait son repreneur d’une tâche non déterminante pour le développement de l’activité. Le cédant, qui, dans ce cas, a conclu une période d’accompagnement de trois ans avec son repreneur – et pas seulement trois mois comme c’est souvent le cas –, a montré sa capacité à reconnaître ses propres limites par rapport aux exigences de croissance de son entreprise, et transformé les contraintes en opportunité. Il a aussi su être clair dans ses intentions et contraintes personnelles pour pouvoir les négocier avec le repreneur », explique-t-on au CRA.

Une adhésion simple

Le CRA ? Trente ans d’expérience dans l’accompagnement. « Concrètement, nous mettons en relation cédants et repreneurs avec des offres mises à jour en temps réel sur notre site Internet, explique l’association. Grâce aux 200 délégués, tous anciens chefs d’entreprise ou dirigeants, répartis dans les soixante-douze délégations régionales, nous mettons à la disposition des repreneurs potentiels des dossiers de présentation des entreprises, nous nous appuyons sur des experts juridiques, financiers, marketing et fiscalistes pour accompagner les parties, nous organisons des formations et des réunions pour les cédants et les repreneurs. » Une entité experte qui oriente systématiquement vers ses ressources régionales et qui ne perçoit aucune commission sur les affaires réalisées par son intermédiaire. « Chaque adhésion est conditionnée par un entretien individuel afin de nous assurer de l’adéquation du projet avec les possibilités offertes par CRA. » Ensuite, tout est contenu dans la cotisation annuelle, autour de 500 euros pour les personnes morales, 800 euros pour les personnes physiques, avec un barème d’adhésion qui prévoit aussi une cotisation pour les cédants entre 1200 et 1600 euros pour dix-huit mois selon le CA. La garantie d’intermédiaires passés au crible et d’un accompagnement, y compris dans les négociations, qui a fait ses preuves puisque l’association revendique le suivi de 13 000 entreprises, soit quelque 400 par an.

Mentorat

« Reprendre une entreprise n’est pas anodin, expliquait Christian Morel, président du CRA, lors du dernier Salon des entrepreneurs. Reprendre, transmettre, c’est technique. Nous offrons des formations pour y voir clair, pour se rassurer sur la viabilité du projet, pour valider l’état de murissement du projet. Une bonne transmission passe par une bonne préparation. » Un mentorat solide pour un long processus. « Entre le closing et la reprise effective, il se passe entre treize ou quatorze mois. Il faut continuer à s’entourer, à échanger, ce que nous proposons notamment avec les groupes de repreneurs que nous animons. Deux cent cinquante repreneurs sont formés chaque année par le CRA. » Nicolas Robinet, issu de l’industrie chimique et qui a complété sa formation par un Executive MBA, a repris la première affaire présentée par le CRA, la société Phybris Spa, dans la Marne, il y a quelques mois.

« Je n’ai pas suivi la formation de reprise d’entreprise, mais j’ai constitué une équipe d’experts dans leur domaine afin de me consolider dans mon choix. J’ai parcouru à de nombreuses reprises le guide du CRA en m’intéressant à des points juridiques pour lesquels j’avais une certaine appréhension, témoigne ce jeune quadra sur le site du CRA. Un bon accompagnement ? C’est quand le cédant a l’intelligence de s’effacer au fil du temps. C’est ce qu’il s’est passé, ce qui fait que j’ai les manettes, mais aussi l’avis disponible de mon prédécesseur si besoin. » Fin janvier, elles étaient plus de six cents entreprises, des services, du commerce, du bâtiment et des industries en attente d’un repreneur, et plus du double de repreneurs potentiels inscrits dans la base de données de l’association nationale de référence pour la transmission des PME-PMI.

Olivier Remy

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