Strasbourg, la ville qui a su devenir paradis du tourisme

La ville attire de nombreux touristes, qui viennent pour découvrir ses traditions, sa gastronomie, son marché de Noël, mais aussi ses monuments. Une véritable industrie du tourisme s’est développée ces dernières années.

Depuis 1570, au moment de Noël, la ville se pare de lumière pour accueillir les traditionnels marchés. Couleurs, odeurs, saveurs… les fêtes de fin d’année sont l’occasion de découvrir l’artisanat et les spécialités gourmandes. Le marché de Noël attire des touristes venus des quatre coins d’Europe. Un site internet est d’ailleurs dédié à cet événement, qui aura lieu cette année du 29 novembre au 31 décembre 2013. La Croatie sera à l’honneur. Il s’agit de faire découvrir la richesse des traditions culturelles, culinaires et artisanales de ce nouveau membre de l’Union européenne.

« J’ai crée l’opération Strasbourg, Capitale de Noël en 1991. Depuis, le succès ne s’est pas démenti. Elle est devenue une marque déposée », explique Jean-Jacques Gsell, adjoint au maire de Strasbourg et à la tête de l’office de tourisme de la ville. Une marque qu’il exporte volontiers, comme il l’a fait à Tokyo en 2009 et 2010 : « des artisans alsaciens se sont déplacés, avec un retour sur investissement très important. L’événement a été couvert par la NHK et depuis le nombre de touristes japonais en Alsace a augmenté de 58% ». L’opération est également dupliquée en Russie cette année, en respectant le calendrier orthodoxe : « nous partons avec des produits et des sapins alsaciens. 150 chalets sont actuellement fabriqués pour Moscou par des équipes qui travaillent jour et nuit pour finir leurs réalisations à temps. Avec les conséquences économiques très positives que cela induit ».

Cette année, il a fait venir un sapin de 31 mètres, installé sur la place Kléber, lequel constituera l’un des principaux pôles d’attraction. « Strasbourg est la ville la plus illuminée d’Europe au moment des fêtes. En parallèle de ces décorations, nous déployons aussi de nombreuses actions de solidarité. Entre le 29 novembre et le 31 décembre, une quinzaine de chalets permettront de découvrir le visage de plusieurs associations », ajoute-t-il.

Et de poursuivre : « la ville investit 2,5 millions d’euros dans l’opération Strasbourg, capitale de Noël. Le retour sur investissement est 500 fois plus important pour l’économie, grâce notamment à la création d’emplois temporaires. Avant la création de cet événement, le mois de décembre était le pire mois de l’année en termes de fréquentation. C’est désormais la période où le tourisme est le plus important, avec un flot de visiteurs estimé à 2,2 millions de personnes ». De plus en plus d’hôtels sont d’ailleurs en construction, sans parler des projets d’agrandissements du Palais des Congrès et de la refonte totale du parc des expositions.

Tourisme

Même indépendamment des fêtes, la ville attire régulièrement des flots de touristes. C’est la 4ème ville après Paris, Nice et Avignon dans le classement pour la part des nuitées hôtelières des résidents étrangers dans les villes françaises. Chaque évènement du calendrier donne lieu à des réjouissances. Pour la Saint Valentin, par exemple, l’opération « Strasbourg, mon amour » a été lancée l’an dernier. Face au succès, en 2014, elle passera de quatre à dix jours. « L’an dernier, certaines personnes ont été frustrées de ne pouvoir accéder à certains événements. D’où notre souhait d’allonger l’opération l’an prochain. Sans compter que c’est une bonne affaire pour les restaurateurs », raconte Jean-Jacques Gsell. Il a récemment lancé l’assaut contre les fermetures des commerces le dimanche. Le fait est que le tourisme est l’une des principales sources de développement économique. L’arrivée récente du TGV a encore accentué l’attractivité de cette ville. A partir de l’été 2016, le TGV Est circulera entièrement sur voie nouvelle entre Paris et Vendenheim.

Pôles de compétitivité

Le dynamisme d’Alsace Biovalley n’y est pas étranger.  Labellisé à dimension mondiale, ce pôle, dédié aux innovations thérapeutiques, concentre son activité sur le développement de nouveaux médicaments (du gène et de la chimie aux médicaments) et sur l’imagerie et la robotique tant médicale et chirurgicale.

Quatre autres pôles représentent aussi de véritables leviers pour rendre l’économie plus compétitive, créer des emplois et rapprocher la recherche publique et les entreprises. Véhicule du Futur positionne son activité sur le véhicule urbain ou périurbain, mais aussi sur l’organisation des mobilités dans une perspective de développement durable. Le pôle Fibres d’éco-materiaux est axé sur les ressources d’origine fibreuse pour la production d’éco-matériaux. Alsace Énergivie a vocation à renforcer l’efficacité énergétique par la recherche de solutions innovantes à énergie positive dans le bâtiment. L’objectif, à terme, est de diviser par 4 la consommation des bâtiments d’ici 2025 dans la région. Enfin,  Hydreos a développé des produits et services novateurs autour de la qualité de l’eau et des écosystèmes.

L’Alsace est la 1ère région pour les emplois créés par les investissements étrangers. C’est aussi la 1ère région en termes d’investissements étrangers directs au cours des 25 dernières années et 4ème sur les 15 dernières années. On estime que 35% des entreprises alsaciennes ont des capitaux étrangers (contre 23% en France). Plus de 1 200 sociétés ont des capitaux étrangers (suisses, allemands et américains principalement). Un dynamisme économique qui contribue au rayonnement de ce territoire!

Une capitale européenne

Le dynamisme de Strasbourg est encore accentué, du fait que la ville accueille de nombreuses organisations européennes.

Les villes qui accueillent des institutions internationales sont généralement des capitales d’Etat. Strasbourg fait exception à la règle. Y siègent le Parlement Européen, le Conseil de l’Europe, la Cour Européenne des Droits de l’Homme, le Médiateur Européen, la Pharmacopée (DEQM), l’Eurocorps, le Centre Européen de la Jeunesse ou encore le système d’information Schenghen. De ce fait, c’est la seconde ville diplomatique de France avec 75 ambassades et représentations diplomatiques, une centaine d’ONG à caractère international et une communauté internationale de plus de 22 000 personnes. Du fait de sa localisation sur l’axe rhénan, la ville bénéficie d’une position géographique stratégique. « Vu d’ici, on a un peu le sentiment que c’est Paris qui est en province tant l’ouverture sur monde et le dynamisme culturel font partie du quotidien », ironise Jean Weber, Président du Pôle Européen d’Administration Publique. Il explique que, compte tenu de l’environnement, la conscience européenne y est plus développée qu’ailleurs. Et d’ajouter : « c’est un lieu de rendez-vous où sont organisés plusieurs évènements, si bien que le tourisme d’affaires s’est beaucoup développé ». Strasbourg est au troisième rang français des villes de congrès et parmi les grandes villes de congrès internationales. L’Aéroport de Strasbourg Entzheim, situé à 10mn du centre ville, représente un atout majeur en la matière, de même que la proximité des aéroports de Francfort et de Zurich, et de l’Euroairport de Bâle-Mulhouse.

Cette activité européenne a bien évidemment des répercussions positives sur l’économie.  « La ville accueille des populations avec des revenus élevés. L’activité du marché immobilier y est donc importante avec des transactions de biens de valeur », conclut Jean Weber.

La recherche, moteur de croissance

L’université de Strasbourg jouit d’une grande renommée, du fait de la qualité de son enseignement. Elle a été primée 29 fois dans le cadre du Programme Investissement d’Avenir, ce qui représente plus de 930 millions d’euros pour la recherche. Du fait de ce niveau d’excellence, elle accueille plus de 43 000 étudiants dont 20% d’étrangers.

Les chercheurs viennent, eux aussi, du monde entier, et participent à des publications scientifiques. La région est ainsi devenue le 3ème pôle de recherche publique et 4ème rang national pour le nombre de chercheurs par habitant. Elle se classe au 3ème rang national en termes de dépôts de brevets européen dans le secteur de la pharmacie et de la biotechnologie.

Au cœur du réseau fluvial et routier européen

Le Port Autonome de Strasbourg est le deuxième port fluvial de France. Première plate-forme industrielle et multimodale, l’espace portuaire, d’une superficie de 1057ha, accueille 320 entreprises et 13 000 emplois. C’est un atout majeur de la métropole dans le développement du transport de marchandises par voie d’eau.

Ce Port permet d’ouvrir Strasbourg et l’Alsace aux marchés internationaux et investit des moyens considérables pour développer le trafic par conteneurs, et faire de la ville une plate-forme d’échanges multimodaux. En effet, la ville est aussi au croisement des axes autoroutiers Paris-Munich et Hambourg-Milan.

Patrimoine

Baptisée « la magnifique », Strasbourg porte bien son nom. Sa cathédrale ciselée, la richesse de son patrimoine, son centre-ville (la grande Île) classé patrimoine mondial de l’Unesco, son art de vivre et sa gastronomie font de cette ville un véritable bijou, prisé des touristes du monde entier. La Maison Kammerzell, la Petite France, le quartier sur l’eau ou encore l’Eglise Saint-Thomas sont des incontournables. Il flotte sur la ville un parfum de melting-pot. Outre les nombreuses nationalités représentées dans la population, les monuments eux mêmes sont le signe d’une grande ouverture. L’Eglise protestante Saint-Pierre-le-Jeune, la maison « égyptienne » et la synagogue de la Paix sont des lieux passionnants et chargés d’histoire. Façades médiévales à colombages, hôtels particuliers du 18ème siècle,  multiples musées et espaces verts valent le déplacement. Sans parler de la richesse de la culture gastronomique, qui se traduit par l’une des plus importantes concentrations de restaurants étoilés au guide Michelin en France. Lonely Planet, éditeur de guide de voyage australien fait d’ailleurs figurer l’Alsace en première place du Top 10 des dix régions mondiales à visiter. Best in Travel a consacré plusieurs pages à Strasbourg, à la cuisine alsacienne, à son authenticité, son caractère et son vignoble. Le tourisme a encore de beaux jours devant lui…

Ariane Warlin

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