Les régions attendent l’été de prés fermes

Le défi s’annonce décisif pour l’ensemble des territoires. Entre préparation à l’afflux touristique et mesures régionales de soutien aux entreprises sur cette période, les régions se préparent à un été bien singulier. À chacune ses atouts.

Bretagne

La région bretonne se targue à bon escient d’un impact covid-19 minimum, une tendance qui se confirme en 2021. L’été 2020 a bien sûr vu la fréquentation touristique baisser, mais bien moins qu’ailleurs : – 10 % par rapport à 2019, pour une région qui accueille 13 millions de touristes par an. Grâce au tourisme local qui représente 40 % du volume total, la région a sauvé les menhirs. À l’approche de la saison estivale 2021, les professionnel·les du tourisme sont confiant·es. Le littoral breton et les richesses naturelles de la région attirent toujours plus de visiteur·ses. Un des indicateurs de la bonne dynamique : près de 300 000 euros de Breizh box, des offres de coffret cadeau pour des courts séjours tout compris en Bretagne, ont été réservées sans encore avoir été utilisées. Et les réservations continuent. À l’heure d’une crise sanitaire qui pousse toujours plus de ménages à privilégier une destination française pour leurs vacances, la Bretagne en profite : en 2019, 83 % des touristes étaient Français·es ou de la région. Et pour cet été 2021, le tourisme breton pourra compter sur un type de séjour bien particulier : le camping-car. Selon un baromètre réalisé par le site Camping-car Park, la Bretagne, et en particulier le Morbihan (56), figurent au premier rang des destinations envisagées par les camping-caristes cet été, devant la Nouvelle-Aquitaine. La Bretagne devrait ainsi accueillir 19,3 % de la « flotte » française.

Nouvelle-Aquitaine

Entre appels incessants, boîtes mails saturées et calendriers toujours plus remplis, les agences de voyages, professionnel·les du tourisme et office de tourisme néoaquitains ne chôment pas. Après une douloureuse année 2020, toutes et tous abordent avec confiance la saison estivale 2021 et s’attendent à faire le plein. Et pour cause, les littoraux de la région bordelaise font partie des destinations les plus prisées par les Français·es l’été. Le tourisme reste une manne de poids pour l’économie régionale : 9 % du PIB et quelque 140 000 emplois. Pour soutenir la reprise des sorties et séjours touristiques, la région Nouvelle-Aquitaine renouvelle cette saison le dispositif des chèques solidarité tourisme, lancé en 2020 après le premier confinement. Le dispositif, qui concerne les foyers avec un quotient familial entre 600 et 900 – soit près de 24 000 foyers – a apporté une contribution moyenne de 220 euros l’an passé. La région y a consacré deux millions d’euros en 2020 et lui consacrera un million d’euros cette année. Pour l’instant, les taux de réservations régionaux explosent par rapport à l’an dernier : dix fois plus en moyenne. Mais restent trois fois moins importants qu’en année « normale » . Pour véritablement faire le plein et renflouer les caisses après des mois d’inactivité, les professionnel·les du tourisme néoaquitain·es espèrent attirer à nouveau des touristes européen·nes de proximité. Bémol : malgré la décrue des hospitalisations covid dans la région, les taux d’incidences frémissent et, à la fin du mois de mai, remontent dans cinq départements. La ruée vers les terrasses fait déjà des dégâts…

Île-de-France

La région capitale et sa ville lumière, destination touristique parmi les plus prisées de la planète, sortent d’un exercice 2 020 cauchemardesque. La crise sanitaire a privé Paris et sa région de quelque 15,5 milliards d’euros de recettes et 33 millions de visiteur·ses sur l’ensemble de l’année. À titre d’exemple, la fréquentation du Louvre a baissé de près de 72 %. Autant dire que la région attend beaucoup des réouvertures et de l’été 2021. Ça tombe bien, les indicateurs épidémiques sont au vert : alors que l’Île-de-France affichait des taux d’incidence record durant la troisième vague, les dernières données révèlent que l’ensemble de ses départements sont aujourd’hui sous la barre des 200 cas pour 100 000 habitant·es. Pour attirer les touristes, Français·es et étranger·ères, la région francilienne pourra compter sur la gratuité des tests PCR pour les touristes, décidée sur l’ensemble du territoire. Si les Français·es devraient à nouveau privilégier les séjours sur les littoraux et dans les espaces ruraux, les acteur·rices du tourisme s’attendent à un retour marqué des touristes d’Europe, notamment. Selon Jean-François Rial, président de l’office du tourisme de la capitale, les hauteurs de réservation s’élèvent pour l’instant à 50 ou 60 % des capacités. Et Paris peut s’attendre à quelque 20-25 millions de visiteur·ses cet été. Très en deçà de 2019 (38 millions), mais largement au-dessus de 2020 (12 millions).

Grand-Ouest

En 2020, la région Grand Est fut l’une des plus touchées par la crise sanitaire et par la course folle de la covid. Et son secteur touristique a été le second le plus touché de France, derrière l’Île-de-France, avec une baisse de plus de moitié des nuitées. Pour tourner la page en 2021, la région s’est dotée d’un plan de relance tourisme durable et numérique, d’un montant de plus de 14 millions d’euros pour 2021 et de 48 millions d’euros pour les trois années à venir. Et les destinations touristiques régionales affirment leur identité. À commencer par Reims, sous-préfecture de la Marne (51), qui a lancé son plan d’action vers un objectif très ambitieux : intégrer le top 10 des destinations touristiques en France. À cette fin, l’ensemble des 143 communes du Grand Reims ont débloqué un budget de 3,4 millions d’euros pour 2021. Le défi est conséquent : la fréquentation de la ville a baissé de 70 % en 2020. Dès cet été 2021, les manœuvres sont lancées. Avec par exemple, entre autres, l’opération Pour un été royal : Champagne ! : une bouteille de champagne local sera offerte à chaque touriste qui aura passé deux nuits à l’hôtel, mangé dans un restaurant et participé à une activité touristique. À Strasbourg, ville européenne, on attend avec impatience le retour des touristes d’affaire et des visiteur·ses des pays frontaliers, même si le retour à la normale n’est attendu que pour 2022. La réouverture des foires et des salons devrait relancer la dynamique, avec notamment l’organisation de la 89e édition de la Foire européenne du 3 au 13 septembre.

Provence-Alpes-Côte-d’Azur

S’il est une région qui profite des nouvelles habitudes touristiques de nos compatriotes et de l’engouement général pour le tourisme vert et rural, c’est bien la région Paca. Comme lors de l’été 2020, la région provençale devrait concentrer la plupart des départs en vacances, avec le littoral atlantique et néoaquitain. Symbole de l’essor du tourisme vert : Paca arrive en deuxième position du classement régional en nombre de sites labellisés (plages et ports de plaisance) pour leur eau propre et leurs déchets bien gérés, avec 94 plages et 32 ports labellisés en 2021. Malgré la crise sanitaire, huit nouveaux sites ont été distingués. L’attractivité de la Côte d’Azur se retrouve également dans les premiers constats de réservation. Pour l’été 2021, le département du Var (83) détrône pour la première fois Paris en termes de réservations sur la plate-forme américaine Airbnb. Depuis plusieurs semaines, le département est même classé en tête des destinations estivales. Une première vague de réservations en avril, puis une deuxième depuis les débuts du déconfinement, l’été s’annonce chargé et animé en Paca. D’autant plus que la corrélation établie entre le taux de vaccination et les réservations se vérifie chaque jour. Après un été 2020 marqué par de sérieuses problématiques de surfréquentation touristiques, les élu·es régionaux·les espèrent limiter l’impact environnemental et une trop grande pression touristique. Ce qui passera notamment par la promotion de sites moins connus, pour désengorger les stations prises d’assaut.

Adam Belghiti Alaoui

Au Sommaire du dossier 

1. Restauration, discothèques, événementiel, spectacle vivant, les plus touchés relèvent la tête

2. Ces métiers qui se préparent à changer

3. Un entretien avec Jean Viard

4. Les régions attendent l’été de prés fermes

5. Le monde d’après-covid se recolore !

 

 

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