Entreprendre en Auvergne-Rhône-Alpes : quel terreau !

Des salons des entrepreneurs, toutes les régions en tiennent. Mais les 12 et 13 juin 2019, au Centre de Congrès de Lyon, celui de la région Auvergne-Rhône-Alpes va se révéler bruissant et achalandé : un grand rendez-vous des porteurs de projets et des dirigeants en Auvergne-Rhône-Alpes. Le point sur les opportunités d’entreprendre dans la région.

«Ici, l’écosystème est à la fois très dynamique et bien-veillant. Et puis, j’ai eu un énorme coup de cœur pour la région, sa situation géographique, le cadre de vie », raconte Clémence Durieux, fondatrice du Bon Gustave, un site et une application autour des bonnes bouteilles. Le principe ? Vous avez un coup de cœur pour un vin… Vous envoyez une photo de l’étiquette à l’équipe. Ces « dénicheurs de vin » le retrouvent et le livrent chez vous. Pratique. Après des études à l’EM Lyon, la jeune femme a décidé d’implanter son entreprise à Lyon, « une capitale gastronomique, avec un pied dans les vignes » !

Un tissu économique solide

Voilà une jeune entreprise régionale en plein développement… Un exemple parmi d’autres, dans un environnement économique favorable. Avec un PIB de plus de 250 milliards d’euros, Auvergne-Rhône-Alpes se place au 2e rang des régions françaises. « Notre territoire se caractérise par la richesse et la diversité de son tissu économique, avec un socle solide de PME familiales industrielles qui innovent dans leurs niches sectorielles et sont souvent tournées vers l’export, des ETI bien implantées et quelques grands groupes », explique Philippe Guérand, président de la Chambre de commerce et d’industrie (CCI) de la région.
Plus précisément, quels sont les grands secteurs porteurs dans la grande diversité du tissu économique ? « Il s’agit avant tout de la première région industrielle de France, avec un portefeuille d’activités diversifié, largement tourné vers l’export. Avec 500 000 emplois salariés et non-salariés sur 50 000 sites, c’est la région qui compte le plus grand nombre d’emplois dans l’industrie, vante Philippe Guérand. L’industrie régionale présente de nombreux points forts dans les activités de pointe : machines et autres solutions pour l’industrie du futur, numérique, composants électroniques, énergie, pharmacie et technologies médicales, décolletage, plasturgie, éco-technologies… » C’est également la deuxième région française pour l’emploi dans le secteur marchand. Et la deuxième région française pour les revenus du tourisme… « Sur le plan de la conjoncture, le bilan 2 018 est positif, avec, souvent, des indicateurs mieux orientés dans notre région qu’au plan national. » Pour autant, le tableau ne doit pas cacher des disparités locales, surtout depuis la fusion de régions : la « nouvelle » Auvergne-Rhône-Alpes constitue un immense territoire de près de 70 000 km2 !

Des atouts pour les entrepreneurs

Dans cette région dynamique, quelle place pour les porteurs de projets ? Bien sûr, le cadre de vie est attirant, d’autant plus que la région est bien dotée en logements et infrastructures. Clémence Durieux argumente volontiers : « Une qualité de vie supérieure. Côté financier, se loger et se nourrir à Paris n’a pas le même coût qu’en région. Quand on est entrepreneur et qu’on débute, ce n’est pas négligeable ! » On n’y pense pas toujours. La formation et l’enseignement supérieur (deuxième région française, là encore, avec 338 500 étudiants !) favorisent l’attractivité, tout comme la R&D : avec 7 milliards de dépenses, majoritairement réalisées par les entreprises, Auvergne-Rhône-Alpes assure 14,2 % de l’effort national.
C’est enfin un carrefour de grands axes de communications français et européens, bien pourvu en aéroports, trafic TGV, autoroutes, etc. En pratique, d’après l’agence Auvergne-Rhône-Alpes Entreprises, ce positionnement stratégique donne le moyen de « couvrir 80 % du territoire français en moins de quatre heures de route ». Ou encore d’accéder à « 115 destinations en vol direct depuis l’aéroport de Lyon Saint-Exupéry ». Pas à dire, les promoteurs de la région ont soigné leurs chiffres. Et puis, « l’un des plus gros attraits de la région reste la présence d’un écosystème d’acteurs engagés qui œuvrent en étroit partenariat pour favoriser la création d’entreprises et accompagner les porteurs de projets », ajoute Philippe Guérand.

Une plate-forme communautaire

Et pour cause, en 2015, le conseil régional a lancé une nouvelle plate-forme, Je crée dans ma région, une porte d’entrée incontournable pour les porteurs de projets. « Cet outil a été conçu pour la communauté des accompagnateurs et des créateurs d’entreprise », explique Sophie Malichier, animatrice et administratrice du site. Concrètement, 450 opérateurs, professionnels de l’accompagnement, valorisent leurs offres et leurs services sur la plate-forme.

Qui dit informations mutualisées dit plus visibles : un futur entrepreneur va trouver un accompagnement correspondant à ses besoins, sa localisation et l’état d’avancement de son projet. Il est orienté via trois volets structurés, correspondant à trois phases essentielles : « Je lance mon projet », « Je teste mon projet » et « Je finance mon projet ». « De plus, chaque créateur ou repreneur d’entreprise sera à même de créer un espace personnel sur le site pour bénéficier de services en ligne – « fiche projet », « feuille de route », formulaires pour les études de marché… », détaille Sophie Malichier. Comme la plate-forme est contributive, un agenda traque les événements, rencontres et formations en fonction de critères précis.

Avec un PIB de plus de 250 milliards d’euros, Auvergne-Rhône-Alpes se place au 2e rang des régions françaises.

Des outils et acteurs

Je crée dans ma région recense ainsi clairement les nombreux acteurs de l’entreprenariat dans la région. À commencer bien sûr par la région, les métropoles et leurs structures dédiées. Les CMA et CCI sont de la partie. « Nous nous appuyons sur un atout fort : notre capillarité. Nous comptons 13 CCI en Auvergne-Rhône-Alpes, encadrées par une CCI de région, soit près de 1 700 collaborateurs au total. Ce maillage fin est un atout pour accompagner toutes les entreprises en parfaite proximité sur l’ensemble du territoire de notre grande région », illustre Philippe Guérand. Parmi les autres acteurs, en fonction des profils, des structures sont spécialisées. Par exemple, l’association La Cuisine du Web entend favoriser l’entreprenariat Web et numérique à Lyon. Ronalpia est un incubateur spécialisé dans les projets susceptibles d’apporter « une réponse à un besoin social ou environnemental ». D’ailleurs, le réseau Aura Pep’s, réunit
50 pépinières et incubateurs de la région.

Côté financement, en plus de Bpifrance, des banques et des fonds d’investissement, les réseaux se montrent actifs. L’association Réseau Entreprendre compte 19 implantations locales sur le territoire, avec deux objectifs. Favoriser la création d’emplois. Et « faire accompagner des chefs d’entreprise par des chefs d’entreprise, comme des pairs et des égaux », argumente Rodolphe Pasquier Desvignes, directeur général de Réseau Entreprendre Rhône et chargé de mission Réseau Entreprendre Auvergne-Rhône-Alpes. Il s’agit d’un accompagnement « financier avec des prêts d’honneur, individuel, avec des rendez-vous tous les mois pendant 3 ans et collectif grâce à des rencontres entre lauréats [les porteurs de projets, ndlr] ». En 2018, 154 nouveaux lauréats ont été sélectionnés pour un accompagnement triennal dans la région.

Les accompagnateurs se révèlent donc nombreux et variés, mais, globalement, ces possibilités de soutien ne doivent pas cacher, là encore, des différences entre les zones. « Comme dans toutes les régions, certains territoires sont plus dynamiques que d’autres. On enregistre par exemple moins de créations d’entreprise dans l’Ain que dans le Rhône. Il y a des poches à opportunités. Ce qui ne signifie pas qu’il ne soit pas possible d’entreprendre au fin fond d’une vallée des Alpes, mais plutôt qu’il sera un peu plus difficile d’être accompagné », commente Rodolphe Pasquier Desvignes.

Un futur entrepreneur va trouver un accompagnement correspondant à ses besoins,
sa localisation et l’état d’avancement de son projet.

Des grands rendez-vous

Pour trouver les bonnes informations, les bons contacts, le bon réseau, une myriade d’événements plus ou moins spécialisés ponctuent l’année : les Oséades à Annecy, le Forum de l’entreprenariat à Lyon, Saint-Étienne et Roanne, la Quinzaine de l’entrepreneuriat dans toutes les CCI de la région… Grand événement annuel, le Salon des entrepreneurs ouvrira bientôt ses portes au Centre des Congrès de Lyon : le « rendez-vous n° 1 des créateurs, start-up et dirigeants à Lyon et en Auvergne-Rhône-Alpes », avec au programme cette année 150 exposants et animations,
100 conférences et débats et la présence de 100 personnalités emblématiques. « On met en avant les filières d’excellence et les réussites du territoire », explique William Jameux, commissaire général de l’événement.

Le salon accueille des pros de l’accompagnement et des chefs d’entreprise. « 35 % des visiteurs sont des dirigeants. Il s’agit beaucoup de jeunes boîtes de moins de cinq ans, avec une logique de développement du chiffre d’affaire. Là, on a trois types de réponses : le numérique, les RH et l’international. » Mais surtout, « 50 % de nos visiteurs sont des porteurs de projet : ils vont gagner du temps en prenant le temps de venir au salon. En une journée, ils peuvent rencontrer dix, quinze experts complémentaires. Et d’autres porteurs de projet ou des entrepreneurs confirmés », raconte William Jameux. Près de quatre ans après le lancement de son entreprise, la fondatrice du Bon Gustave, Clémence Durieux, interviendra d’ailleurs lors d’un débat, sur le thème Témoignages d’entrepreneurs qui font bouger les lignes. À commencer par celles de toute une région.

Lucie De La Héronnière

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