Fablabs, équipements partagés, organisation des RH ou stratégie immobilière…

De quoi le coworking est-il le nom ?

Phénomène encore principalement urbain, le coworking se développe rapidement, avec un doublement des espaces disponibles en un an. Dans ce paysage foisonnant, comment identifier l’offre correspondant à ses besoins ?

Il y 5 ans à peine, le coworking n’existait pratiquement pas. Pour l’un de ses promoteurs, Nathanaël Mathieu, président co-fondateur de LBMG Worklabs, il est à la fois « un révélateur et un accélérateur de grandes transformations dans l’organisation du travail ». Effet de mode ? Sans doute pas. Phénomène de fond ‒ c’est à la fois un espace de travail et une pratique de collaboration ‒, il est à même de transformer les pratiques et les stratégies des entreprises aussi bien en matière de RH et que pour des enjeux immobiliers. « Le coworking englobe les idées de partage et de mutualisation, mais aussi d’animation d’une communauté », définit Claire Riondel, directrice de la communication de BAP, Bureaux à Partager, du groupe PAP. « Contrairement aux idées reçues, il ne s’agit pas forcément ou simplement d’un open space. Ces espaces accueillent des incubateurs et des fablabs, des ateliers de fabrication numérique. Ils se distinguent des centres d’affaires où l’on ne retrouve pas cette mutualisation des pratiques et d’animation d’une communauté. » Dans ce contexte, où trouver l’offre ou la « communauté » correspondant à ses besoins ?

Un doublement de l’offre en un an

Pour l’heure, le phénomène reste encore mal quantifié. Selon l’indice du coworking en France, publié par BAP, on comptait, en juin 2017, 600 espaces de coworking, « soit une multiplication par dix depuis 2012, note Claire Riondel. On estime que ce nombre a encore doublé depuis pour atteindre 1 200 espaces actuellement ». Signe du dynamisme du secteur, le spécialiste de l’immobilier d’entreprise JLL estime que le marché des espaces de coworking a progressé de 80 % entre 2016 et 2017. « On observe qu’il est en train de passer à une nouvelle étape. Le marché a acquis une certaine maturité, l’offre est de plus en plus structurée, les médias en parlent de plus en plus souvent et l’arrivée d’offres de grands opérateurs comme Bouygues avec la gamme Nextdoor, Regus avec Spaces ou WeWork, rassurent les grandes entreprises », souligne Xavier de Mazenod, fondateur du site d’information dédié au sujet, ZeVillage.

Les offres se révèlent souvent thématiques, nées des besoins d’un secteur d’activité, à l’instar d’un des pionniers français, le Numa à Paris (ex-La Cantine), dédié au numérique. Ou à l’image de La Paillasse, dans la capitale toujours, dont l’activité se concentre sur les biotechnologies. Ces espaces se sont constitués sur une forme de partage et de mutualisation qui se concrétisent par des fablabs ou des équipements partagés. « Par exemple, un espace dédié aux kinés en Île-de-France dispose d’une piscine commune », cite Claire Riondel, cas typique de la mise en commun d’un équipement rare et cher. D’autres espaces de coworking sont implantés près de centres d’affaires pour offrir aux usagers une proximité avec leurs clients. Plus récemment, des espaces se sont développés dans les espaces ruraux. Le cas de « coworking agricole », La ferme du 100e singe, qui a vu le jour près de Toulouse, en est l’un des sites frappants.

Un phénomène encore principalement urbain

Reste que le coworking se développe principalement au cœur des grandes agglomérations. Selon une étude de Colliers International France, Paris hébergerait à elle seule 238 sites de coworking sur les 600 espaces comptabilisés en 2017. Le poste y coûte en moyenne 313 € (187 € en régions) par mois dans un open space et 698 € (331 € en région) dans un bureau fermé. Claire Riondel : « Le mouvement se développe surtout en cœur de ville, notamment dans les zones tendues en termes d’espaces de bureaux disponibles. En périphérie des grandes villes ou en milieu rural, la dynamique est souvent alimentée par les pouvoirs publics. Le phénomène y reste marginal, mais s’affirme de manière plus collaborative. » Quel que soit le lieu d’implantation, ces espaces regroupent des freelances, des indépendants, mais aussi des salariés détachés qui recherchent un espace de travail à proximité de leur lieu d’habitation. Selon l’étude de BAP, en 2017, 20 % des espaces de coworking accueillaient des salariés de grands groupes et 75 % généraient ainsi des synergies business.

« Nous assistons à une transformation lourde et rapide de l’organisation et des modes de travail », analyse Hervé Helson, directeur stratégie et qualité de Sodexo Entreprises, dans Le Livre Blanc du Coworking, publié par Neo Nomade. « Cette mutation est accélérée par le renouvellement générationnel, les technologies qui facilitent le partage et la mobilité, les organisations horizontales et les modes de management. Les entreprises deviennent collaboratives et ouvertes sur un écosystème composé d’indépendants, de start-up, de consultants et de clients. »

Elsa Bellanger

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