Colivio, l’entreprise à mission qui entend préserver la dignité des personnes âgées

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Qui ? Colivio
Quoi ? des habitats partagés pour personnes âgées en perte d’autonomie

Maxence Petit

D’un côté, les séniors complètement dépendants qui parviennent à trouver une place en Ehpad. De l’autre, les personnes âgées parfaitement autonomes qui accèdent aux résidences séniors (Domitys etc). Avec Colivio, Maxence Petit – le cofondateur – souhaite combler ce qu’il considère comme « un trou dans la raquette » : les personnes âgées en perte d’autonomie mais qui se trouvent dans un entre-deux. Alors l’entreprise à mission défend l’idée d’habitats partagés, une sorte de colocation pour séniors qui mêle espaces privatifs et communs. Avec la présence d’au moins un·e auxiliaire de vie, présent·e 24 heures sur 24, pour accompagner les personnes âgées.

Pour Maxence Petit, le déclic intervient lorsqu’il rend visite à sa grand-mère en Ehpad. « Interpellé face au manque d’individualisation dans l’accompagnement de ces séniors », l’entrepreneur songe à une alternative. Ce sera Colivio, en 2019, Antoine Prigent le rejoindra très rapidement. « Quand à un âge avancé, vous vous retrouvez à devoir quitter le domicile traditionnel, c’est très difficile de vivre au milieu de 80 voire 100 personnes aussi fragiles que vous, il y a là un vrai risque de perte d’identité », nous confie Maxence Petit.

Accompagnement mais responsabilisation
En septembre, Colivio a ouvert son premier espace d’habitats partagés, à Lourdes (Hautes-Pyrénées). Concrètement, l’entreprise passe par une foncière partenaire pour acquérir plusieurs étages d’un immeuble avant de louer les logements – environ 30 m2 sans compter les lieux de vie partagés – aux séniors, huit en général. « Ces personnes âgées se trouvent dans des immeubles où d’autres individus, plus jeunes ou en parfaite autonomie, y vivent (…) je ne veux pas faire des séniors une catégorie de population exclue du reste de la société, explique Maxence Petit, nous visons le cœur de ville – donc de vie », surenchérit l’ex-dirigeant de Sonalto.

À Lourdes par exemple, une auxiliaire de vie reste en permanence auprès des séniors. Mais l’accompagnement ne doit pas rimer avec infantilisation, l’un des fléaux que l’on retrouve parfois au sein des établissements spécialisés. « Cette tendance à s’adresser à nos aîné·es à la troisième personne du singulier, elle va bien madame·monsieur…, ça parait anecdotique, mais pour ces personnes âgées, c’est infantilisant », pointe Maxence Petit. Dans ces mêmes endroits, « on vous dit à quelle heure vous lever, vous coucher, manger etc », regrette le cofondateur de Colivio, bien conscient que les professionnel·les des établissements spécialisés font ce qu’ils·elles peuvent, avec les moyens disponibles ». À Colivio, on responsabilise les séniors : horaires libres, visites des proches possibles – simplement prévenir en amont pour éviter un flux trop élevé de personnes –, allées et venues spontanées… même les logements sont volontairement loués neutres pour que les séniors y installent leurs propres affaires, meubles et décoration  ! « Les personnes âgées doivent se sentir utiles, ce qui passe par des gestes simples comme aider à faire à manger », illustre Maxence Petit.

Un suivi personnalisé
Louer un habitat estampillé Colivio, combien ça coûte ? « Cela dépend bien entendu de l’emplacement, à Lourdes le reste à charge tourne autour de 1 700 euros par mois », chiffre Maxence Petit. Donc on inclut le loyer et les frais de vie – comme la nourriture – et d’accompagnement, « un peu moins cher en moyenne que les Ehpad ». Bien entendu, à l’ouverture du futur espace partagé à Enghien-les-Bains (Val d’Oise), le prix sera logiquement plus élevé, du fait de la localisation. Davantage de présence, en termes de nombre d’auxiliaires de vie, peut aussi donner lieu à un prix plus élevé.

Les principaux·les concerné·es, sont-ils·elles satisfaites ? Dès leur premier jour, ces séniors remplissent un questionnaire sur leurs habitudes de vie et leur moral pour comprendre leurs besoins et personnaliser l’accompagnement. Arrivent ensuite des bilans trimestriels pour faire le point. Mais surtout, chaque semaine, les auxiliaires de vie réunissent l’ensemble des résident·es pour sonder leurs requêtes, remarques et avis, sur le fonctionnement global de l’habitat partagé. Enfin, « pour mesurer notre réel impact sur la société – puisque nous sommes une entreprise à mission – on fait appel à un organisme extérieur qui procède à un audit », rappelle Maxence Petit, qui s’est engagé à préserver la dignité des personnes âgées.

Geoffrey Wetzel

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