Wheeliz, des voitures de location… aménagées pour personnes handicapées

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Qui ? Wheeliz
Quoi ? la location de voitures aménagées pour personnes handicapées.

Encore aujourd’hui, en France et pour les personnes à mobilité réduite, se déplacer en transports en commun d’un point A à un point B relève du parcours du combattant. Alors la voiture joue les roues de secours, encore faut-il en avoir une. Face à ce constat, Charlotte de Vilmorin – elle-même en fauteuil depuis toujours – a cofondé Wheeliz en 2015, un site de location de voitures aménagées pour les personnes handicapées. Le site se veut collaboratif – la location s’opère entre particuliers. Portrait.

« Souvent, les entrepreneur·ses (celles et ceux qui ne se trouvent pas en mobilité réduite, ndlr) n’identifient pas les besoins dès lors qu’ils·elles ne s’y confrontent pas », pointe Charlotte de Vilmorin. En l’occurrence les obstacles récurrents – notamment les déplacements – auxquels font face les personnes handicapées. Des locations de voitures, ça existe. Des véhicules aménagés, c’est autre chose. « On est les seul·es au monde à proposer ce service », pointe la patronne de Wheeliz.

Location entre particuliers
Concrètement, si vous êtes un particulier et que vous souhaitez mettre en location votre voiture aménagée, il suffit de vous rendre sur le site de Wheeliz puis de décrire les caractéristiques de votre véhicule, sa disponibilité et son prix. Lequel « tourne en moyenne autour de 60 euros pour une journée », précise la cofondatrice de la start-up. Puis le·la propriétaire valide ou non les demandes de location », poursuit Charlotte de Vilmorin. À l’arrivée, 30 % du montant servent à financer le site et 70 % vont tout droit aux propriétaires.

Pour beaucoup de locataires de voitures, le service leur procure des voyages plus sereins, des loisirs ou vacances sur plusieurs jours, puisque les transports en France ne le permettent pas toujours : « Regardez à Paris, seulement deux lignes de métro, pour l’heure, automatisées ! », peste la cheffe d’entreprise. Les mentalités certes évoluent mais la traduction en pratique se fait lente.

Un avenir prometteur malgré les difficultés
Pour Wheeliz, il a fallu passer par la case financement. Au départ, les investisseur·ses se montrent réticent·es, ils·elles cherchent un retour sur investissement très rapide. Problème, le marché souffre d’une méconnaissance car les besoins sont bel et bien là : « On compte 400 000 personnes en fauteuil en France sans oublier 1,2 million de personnes âgées qui ont des difficultés à se déplacer », chiffre Charlotte de Vilmorin, mais c’est un cercle vicieux, la population handicapée souffre d’un phénomène d’invisibilisation précisément parce qu’elle ne peut pas se déplacer », poursuit l’entrepreneuse. Proposez-leur des voitures et des lieux accessibles, et soudainement, on (re)découvrira cette population.

Après le financement, l’épisode covid. L’activité ralentit notamment parce que l’on « s’adresse à une population déjà vulnérable, avec des soucis de santé ou des personnes âgées », rappelle Charlotte de Vilmorin. Donc forcément, les restrictions de déplacements ont eu un impact sur Wheeliz. Mais il en faut plus pour casser le moral de l’ambitieuse cheffe d’entreprise. « Dès cet été, c’est reparti », rassure-t-elle ! Déjà présent en France et dans les départements d’outre-mer, Wheeliz voit se profilmer aussi un créneau en or à l’international. Le futur Airbnb de la location de voitures ?

Geoffrey Wetzel

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