Immobilier résidentiel, un marché en mutation

S’il est sans doute trop tôt pour affirmer que la covid a rebattu les cartes de l’immobilier, il n’en demeure pas moins que les tendances du secteur ont été modifiées par la pandémie. De plus en plus de Français·es, étouffé·es par des mois de confinement, veulent de l’air frais. Une aspiration renforcée par l’essor du télétravail, notamment chez les Parisien·nes. Chacun·e a sans doute des exemples de ménages qui ont fait leurs cartons pour la Côte d’Azur ou fleurie… En tout cas, une étude du courtier Pretto en témoigne.

Les Parisien·nes prennent la clé des champs

Entre janvier 2019 et mai 2021, les recherches de résidences principales en province et en grande couronne ont respectivement augmenté de 77 et 25 %, constate le courtier. Parallèlement, la proportion de recherche de logements dans Paris intra-muros a reculé de 11 %, et de 5 % en petite couronne. Et quitte à fuir les charmes de la capitale, autant s’offrir la paix avec une maison individuelle. « Nous observons une très nette accélération de la demande des ménages, de l’ordre de 30 %, pour les maisons individuelles depuis le premier confinement. La grande majorité de la demande de maisons émane de ménages qui sont lassés de vivre dans des appartements trop exigus. Ces ménages recherchent trois chambres, voire une quatrième susceptible d’être aménagée en bureau, le tout avec un extérieur pour un total de 110 à 120 mètres carrés. Il est important de noter que les ménages sont plus exigeants qu’auparavant sur la finition et les équipements. Nous construisons de plus en plus en région parisienne où les foyers cherchent le calme d’une petite ville et la proximité avec Paris », explique Pierre Jude, président de Maisons Pierre. Un appétit pour les maisons observé également par Ludovic Huzieux, cofondateur d’Artémis courtage : « On observe dans le pourcentage de projets immobiliers une part plus importante de maisons. »

Franchir le bassin parisien

Pourvu que les sites soient correctement desservis, les Parisien·nes vont aussi franchir les frontières de l’Île-de-France. Comme l’affirme Hélène, une cliente Pretto qui a acheté à Rennes, « à Paris, je n’aurais jamais pu bénéficier d’un tel rapport superficie-prix. Je peux également parfois venir voir mes amis parisiens puisque la capitale n’est qu’à seulement 2 h 30 ». Avec le télétravail, la proximité immédiate du lieu de travail ne semble plus être une donnée essentielle. Ludovic Huzieux constate que les villes moyennes à une distance raisonnable de Paris ont le vent en poupe comme Reims, Rouen, Amiens ou Orléans. « La pandémie aura permis une prise de conscience générale sur la qualité et le confort de son habitation. Nous avons pu observer une intensification des demandes de recherches immobilières. L’ouest de la région parisienne et le sud de la France restent des destinations privilégiées. Une véritable demande de la part des locataires pour des surfaces plus confortables, des extérieurs privatifs ou des jardins. Ces deux principaux facteurs, combinés au ralentissement des administrations sur la période 2020, ont participé à constituer une hausse des prix sur les zones locatives déjà tendues », renchérit Cristiana Mantaluta, ingénieur patrimonial immobilier d’Equance. Aussi, avertit-elle, « la crise sanitaire aura pour effet final de créer de fausses opportunités qui en réalité sont les conséquences d’une tendance ponctuelle. Il nous semble donc important de conseiller nos clients en prenant en compte ce paramètre ».

Les résidences secondaires ont la cote

La pandémie a également ravivé l’intérêt des Français·es pour la résidence secondaire, refuge en cas de pandémie. Selon la Fédération nationale de l’immobilier (Fnaim), la part d’acquisition de résidences secondaires a considérablement augmenté dans l’hexagone en 2020 et au premier trimestre 2021 : elle atteint 17 %, alors qu’elle n’était que de 10 % en 2019. En outre, une étude du site PAP révèle une modification de l’utilisation de la résidence secondaire. Si près d’un projet sur deux d’achat de résidence secondaire correspond au souhait d’y passer ses vacances et ses week-ends, l’enquête du site PAP. fr affirme que, pour un projet sur trois, il s’agit aussi d’y vivre plusieurs jours par semaine grâce au télétravail.

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