Voitures anciennes, le placement vaccinal

Autoprotection patrimoniale

Pandémie et automobile, mauvais plan. Mais voitures anciennes et virus, bonne pioche. Une automobile de collection agrémentée de passion constitue un excellent placement peu sujet à la décote.

Malgré tout, c’est l’événementiel automobile qui a fait les frais des interdictions de rassemblements : la prochaine édition du salon Rétromobile, l’une des références en matière d’automobile ancienne, devait se tenir en février 2021. Contexte sanitaire oblige, l’événement a été reporté au mois de juin à venir. Le Tour Auto (lire encadré), qui réunit chaque année son lot de passionnés de course automobile en voiture de collection, vrombira au mois de septembre après un report. Depuis plus d’un an, c’est le lot quotidien de nombreuses manifestations consacrées aux vintages.

Des événements reportés, mais pas annulés. Ils peinent néanmoins à masquer les traces durables que va laisser la pandémie sur le segment de l’événementiel automobile. Aujourd’hui, la réussite des team buildings et des séminaires d’entreprises se joue parfois derrière le volant d’une voiture de collection. Certaines entreprises, à l’image d’Une marque et des hommes ou de Drive Classic, pour ne citer qu’elles, proposent aux sociétés de nombreuses prestations au volant d’autos de rêve. Mais distanciation sociale et télétravail mettent à mal cette activité, et le secteur de l’événementiel plus globalement. Pour la seule année 2020, l’Union française des métiers de l’événementiel (Unimev) estime les pertes à 16,8 milliards d’euros pour l’ensemble des entreprises du secteur.

Malgré la covid, les divas & co attirent

Les amateurs d’« anciennes » n’ont pas renoncé à leur passion. D’après une étude réalisée en 2020 par l’équipe de Rétromobile, 37 % des amoureux de vieilles cylindrées auraient profité des confinements successifs et des restrictions sanitaires pour consacrer davantage de temps à leur hobby. Mieux, 63 % des personnes interrogées ont affirmé ne pas prévoir de modifier le budget consacré à leur vieille auto. Le contexte semble néanmoins avoir retardé les projets de ceux et celles qui comptaient investir dans une automobile ancienne, tout comme les revendeurs se sont souvent abstenus.

Toujours selon cette étude, on apprend que 73 % des passionnés d’auto de collection en France sont des personnes âgées de plus de 50 ans. C’est sans doute ce qui explique en partie la bonne santé du secteur, puisqu’il s’agit d’une catégorie de population moins touchée par les baisses de revenus liées à la pandémie de coronavirus. Pourtant, cette passion touche aussi un public plus jeune, notamment avec l’essor des young timers ou « jeunes anciennes », ces voitures des années 1980 à 1990 qui s’approchent au fil des ans du monde de la collection, et qui séduisent une clientèle plus jeune, mais tout aussi nostalgique.

La voiture ancienne, un placement toujours actif

Lorsque l’économie financière se porte mal, les valeurs refuges rassurent. C’est le cas de l’or, de l’art, de l’immobilier, mais également des voitures de collection. « C’est l’un des meilleurs placements », opine cet ancien chef d’entreprise, « petit » collectionneur (pas plus de quatre merveilles, y compris l’Aston Martin de Françoise Sagan). Avec la pandémie, la tenue des ventes aux enchères d’autos de collection s’est considérablement compliquée. En 2020, certaines maisons de renom, comme Osenat en France, n’ont pas hésité à se servir du numérique en organisant des ventes en ligne, à coup notamment de visites interactives des voitures en 3D. Une première ! Une expérience concluante que RM Sotheby’s a réitérée le 17 mars. Pour cette année, le calendrier des enchères physiques est déjà bien rempli chez les poids lourds du secteur que sont Bonhams ou Aguttes. Un nouveau signe que le marché s’accroche ?

La force de ce secteur, c’est de pouvoir compter sur une incroyable diversité d’investisseurs. Pas besoin de disposer de millions à débourser pour une Ferrari 250 GTO, une Maserati Gransport ou une Mercedes 300 SL Papillon pour réaliser un placement intéressant. Ou pas. On a vu récemment sur le programme télé Enchères mécaniques la vente aux enchères d’une Ferrari 512 TR estimée à 120 000 euros s’arracher à 270 000 sous prétexte que Johnny Halliday en avait été le propriétaire ! Il est tout à fait possible de mettre la main sur un modèle construit entre l’après-guerre et les années 1970, dans une fourchette de prix de 10 000 à 50 000 euros, la DS Citroën en témoigne. Ou bien miser sur les fameuses young timers, à la cote encore basse mais qui devrait grimper dans les années à venir. Trouver une 205 GTI en bon état à moins de 9 000 euros relève déjà aujourd’hui du parcours du combattant ! Les investisseurs vont compter sur une fiscalité intéressante dans ce domaine.

Un placement à la portée de beaucoup

Il ne faut pas croire que posséder un véhicule de collection soit réservé à une caste de privilégié·es. L’assurance pour ces véhicules est généralement très peu chère. Quant à l’entretien, le propriétaire d’une voiture de collection y consacre en moyenne 3 500 euros annuels, d’après la dernière étude de Rétromobile. De quoi faire d’une passion un placement, ou l’inverse !

Difficile cependant de prévoir quelle sera l’évolution des prix courant 2021. Il s’avère compliqué de tirer une généralité d’un marché aussi varié que celui de la voiture de collection. Certains modèles anciens, américains notamment, ont accusé une baisse de leur cote l’an dernier. À l’inverse, les prix des vieilles Ferrari ont bondi de 15 % sur la même période. Globalement, depuis deux ans, la tendance est à la baisse des prix. La conséquence de l’indécision des acheteurs, mais également des vendeurs. En 2020, de nombreux modèles n’ont pas trouvé preneur lors des ventes aux enchères. Une occasion rêvée pour faire de belles affaires, sur des modèles en bon état, et de laisser libre cours à sa passion, tant que les anciennes sont encore autorisées à rouler…

Jean-Baptiste Leroux

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