Placer son argent en 2018 : panorama des investissements, de l’atypique au plus risqué

Les Etats seront-ils responsable de l’éclatement de la bulle?
Les Etats seront-ils responsable de l’éclatement de la bulle?

Investissements new wave ?

Pierre, or, vins, pierre-papier, bitcoins, assurance-vie, tour d’horizon du champ des possibles en 2018. Selon votre appétence pour le risque…

L’année 2018 est marquée par la révolution fiscale promise par Emmanuel Macron et mise en musique par Edouard Philippe. « Depuis plusieurs années, les réformes fiscales étaient à la marge. Cette fois, nous sommes en présence d’une véritable révolution », confirme Thaline Melkonian, responsable de l’ingénierie patrimoine à la banque privée Degroof Petercam. Faut-il s’en inquiéter ? Clairement non. Dans la plupart des cas observe Edmond de Rothschild dans une note consacrée au sujet, « ce budget 2018 se traduit pour les contribuables percevant des revenus mobiliers (dividendes, plus-values, intérêts) ou assujettis à l’ISF en 2017 par un allégement de leur pression fiscale globale ». Pour autant, au vu de la nouvelle loi de finances et de la faiblesse persistante des taux d’intérêt, nul doute que nombreux épargnants ont intérêt à adapter la répartition de leurs placements.

L’assurance-vie garde des atouts, malgré tout

L’assurance-vie connaît depuis la fin de 2017 un vrai bouleversement avec l’introduction d’un prélèvement forfaitaire unique (PFU). Cette «flat tax» sur les revenus du capital réduit fortement l’incitation à la conservation de ses contrats dans la durée. Jusqu’au 26 septembre dernier, la fiscalité du placement financier préféré des Français applicable aux retraits était dégressive dans le temps. Désormais, au cours des huit premières années, l’imposition sera la même : 30 %. Cette modification a décontenancé les épargnants qui ont massivement effectué des retraits en novembre dernier. Pour autant, pas d’inquiétude, assurent en chœur les spécialistes. « Le gouvernement n’a pas touché aux atouts fiscaux et civils de l’assurance-vie en cas de décès de l’assuré. Sur ce point, ce placement reste incontournable pour préparer sa transmission », indique Bertrand Tourmente, fondateur d’Althos Patrimoine. Ensuite poursuit Thaline Melkonian, « l’enveloppe investie en actifs financiers sort du champ de l’impôt sur la fortune immobilière (IFI) qui remplace l’impôt de solidarité sur la fortune ». Enfin, en abaissant la fiscalité, surtout durant les quatre premières années, la réforme conduit les épargnants à considérer l’assurance-vie comme un placement de court et moyen terme. « L’assurance-vie devrait continuer de séduire les Français même si la baisse de rendements des fonds en euros devient problématique », estime Jérémy Aras, directeur financier de l’Institut du patrimoine. Effectivement, ce placement sans risque, qui rapportait plus de 4 % en 2007, a vu ses rendements chuter ces dernières années pour dépasser à peine les 1,5 % dans le sillage des obligations d’Etat. Dès lors, quelles alternatives à ce déclin ? Jéremy Aras recommande les fonds de type europierre ou eurodynamique qui, davantage exposés en valeurs immobilières et/ou mobilières (mais garantis en capital), surperforment le marché (3,40 % en 2017 pour le fonds Sécurité Pierre Euro du contrat Sérénipierre de Suravenir).

Les ETF, la nouvelle martingale

Pour faire fructifier son épargne à long terme, de plus en plus de professionnels recommandent d’investir au sein des entreprises. Cela nécessite naturellement de prendre un peu plus de risques, mais dans le contexte actuel, il semble quasi-impossible de bénéficier de placements à la fois réellement rémunérateurs et sans risque. Toutefois, cette prise de risque peut rester mesurée grâce à une bonne diversification. « Les fonds indiciels, ou ETF, constituent une solution de placement intéressante en offrant à la fois une forte diversification et des frais plus faibles que les fonds traditionnels. Ils permettent en effet d’investir dans toutes les régions du monde pour capter le surplus de croissance là où il se trouve », estime Bertrand Tourmente. Les frais de gestion peuvent eux aussi être réduits en privilégiant des plateformes de gestion en ligne ou «robo-advisors». Yomoni, qui met l’accent sur la transparence et la maîtrise des frais, assure que les épargnants ayant accepté de prendre le plus de risques ont enregistré une performance de 24,6 % en un peu plus de deux ans. Pour dégager une telle performance, Yomoni s’appuie sur toute la palette des ETF, dans toute les régions et tous les secteurs. « Notre offre séduit deux grands types de profils : les trentenaires, qui se construisent progressivement une épargne en vue d’un projet d’investissement à moyen terme, et les quinquagénaires. Ces derniers souscrivent dès le départ une somme importante, souvent plus de 10 000 euros pour découvrir nos capacités et notre valeur ajoutée », détaille le président exécutif de Yomoni, Sébastien d’Ornano. Une autre start-up nommée Nalo, opérationnelle depuis novembre dernier, entend elle aussi révolutionner le secteur français de la gestion d’actifs. La méthode élaborée par cette plateforme est d’ « investir par objectif ». En clair : essayer de définir les horizons auxquels il sera nécessaire de « casser sa tirelire » pour faire face à un événement important : projet immobilier, paiement des études d’un enfant ou départ à la retraite par exemple. « En définissant ainsi des horizons d’investissement (cinq ans, dix ans, 20 ans par exemple), il devient possible de prévoir des poches d’investissement dédiées à chaque objectif, qui seront pilotées indépendamment au sein du même contrat d’assurance-vie. Chaque poche sera progressivement sécurisée, en réduisant l’exposition aux risques (notamment aux actions et donc à un risque de baisse des marchés) à l’approche de l’objectif fixé », explique Hugo Bompard, l’un des fondateurs de Nalo. Selon lui, « cette stratégie permet de bénéficier du dynamisme des actions tout en calibrant la prise de risque en fonction d’objectifs concrets. Il s’agit d’une excellente approche pour les investisseurs désireux de sortir des traditionnels fonds en euros et continuer à faire fructifier leur épargne durablement ».

Le retour du PEA

Après une année 2017 éclatante, les principaux marchés actions ont bien débuté le nouvel exercice. « Les prévisions de croissance pour 2018 et l’effet de la réforme fiscale aux Etats-Unis devraient continuer de soutenir les indices boursiers cette année », estime Benjamin Philippe, responsable de la gestion action chez Degroof Petercam Gestion. Les marchés européens offrent de belles opportunités à saisir, précise le professionnel. De quoi conforter l’intérêt des épargnants français pour l’investissement en actions, de préférence via un PEA, où les revenus et les plus-values sont exonérées d’impôt sur le revenu si aucun retrait n’est effectué durant les cinq années suivant son ouverture. Seuls les revenus et les plus-values restent soumis aux prélèvements sociaux. « Le PEA est un outil génial pourvu que l’on choisisse un profil dynamique. On peut investir dans des actions européennes, des fonds actions et même dans des actions internationales grâce aux ETF », souligne Bertrand Tourmente.

La pierre-papier conserve son éclat

Côté immobilier, les Sociétés de placement immobilier (SCPI) devraient continuer d’avoir le vent en poupe cette année. Comme en 2017, les SCPI de bureaux devraient bénéficier de la majorité de la collecte, suivie des SCPI de commerces et de celles aux actifs diversifiés. Quel que soit le choix du gestionnaire, son principe est le même : sélectionner des biens ayant un taux d’occupation important et régulier, des entreprises ou enseignes locataires solides afin de pouvoir reverser les loyers aux investisseurs déduction faite des frais de gestion. Afin de mieux sécuriser leurs actifs et soutenir leurs rendements, les SCPI agrandissent leur périmètre d’actions dans toute l’Europe. Après l’Allemagne, la Finlande et les Pays-Bas, elles se tournent vers l’Italie, l’Espagne et le Portugal. Et le résultat est au rendez-vous. Avec un taux de distribution de 6,45 % en 2017, la SCPI Corum a confirmé la performance de sa stratégie qui consiste à saisir les opportunités qu’offrent les cycles immobiliers dans l’ensemble de la zone euro. Fort de son expérience, la société de gestion Corum AM est allée plus loin en lançant en avril dernier Corum XL, dont la stratégie d’acquisition dépasse la zone euro. « Notre objectif est de combiner les opportunités offertes par les cycles des devises à celles de l’immobilier pour proposer à l’épargnant une performance de 10 % sur dix ans », explique Frédéric Puzin, président de Corum AM. Comparé à un achat dans la pierre, l’atout de la SCPI est son faible ticket d’entrée, autour de 1 000 euros la part.

Le bitcoin, allo quoi ?

Du côté des placements à la mode, difficile d’éviter le bitcoin. Mais n’en déplaise à Nabilla qui en faisait la promotion récemment, la plus célèbre des crypto-monnaies semble un investissement des plus risqués. Mi-janvier, la monnaie virtuelle est retombée sous les 10 000 dollars après avoir touché un plus haut historique à 19 783 dollars le 17 décembre dernier. Le bitcoin va continuer d’être pénalisé dans les mois à venir par des craintes des investisseurs concernant un resserrement de la réglementation sur les monnaies virtuelles. La Chine et la Corée du Sud ont notamment évoqué une interdiction des plateformes de transactions pour ces monnaies. Selon Citigroup, le bitcoin pourrait baisser jusqu’à 5 605 dollars à brève échéance. Âmes sensibles s’abstenir, donc. En revanche, l’or a réussi à tirer en 2017 son épingle du jeu s’adjugeant une performance honorable de 13 %. Et pourrait se distinguer encore cette année. « Pour 2018, le facteur à ne pas négliger est le dollar. En effet, le métal jaune est libellé en dollar. S’il existe bien un facteur qui explique que les cours de l’or soient remontés ces 15 derniers mois, ce ne sont pas les tensions géopolitiques dont le marché n’a cure depuis plusieurs trimestres mais bien le dollar américain. Une appréciation de la monnaie américaine aura donc un effet mécanique baissier sur l’or et inversement », explique Nicolas Chéron, responsable de la recherche marchés pour Binck.fr. Quant aux placements atypiques, il reste recommandé de ne pas y consacrer plus de 10 %, voire 5 % de son patrimoine. En dix ans, l’indice des 100 plus grands crus français (WineDex 100) a plus que doublé. Toutefois, l’augmentation significative du prix des grands vins depuis 2009-2010, doit s’inscrire dans une perspective de très long terme – au moins dix ans – pour espérer un bénéfice significatif. Les mises en garde régulières de l’Autorité des marchés financiers à l’égard des placements dits «atypiques» invitent ainsi à être extrêmement prudent. De nombreux acteurs se disputent le marché de l’investissement dans le vin : Cavissima, Patriwine, U’Winevest, Cavacave… Le ticket d’entrée est souvent assez élevé : entre 10 000 et 50 000 euros pour Patriwine, 20 000 pour Cavissima. Ce dernier propose aussi une offre grand public sans minimum investi. Avant de se lancer, il faut impérativement prendre connaissance des frais (de gestion, d’assurance, de revente) qui peuvent être conséquents. Pour limiter les risques, il peut être judicieux de miser sur des fonds investis dans le vin de façon à bénéficier de l’expérience des gérants et de la diversification. Ces dernières années, le fonds March Intl. Vini Catena assure ainsi avoir surperformé les indices actions mondiaux en investissant sur toute la chaîne de production de l’industrie du vin à travers des actions internationales cotées.

Pierre-Jean Lepagnot

1 COMMENTAIRE

  1. Cool l’article ! Il existe de nombreuses façons de placer son argent afin de réaliser de bonnes économies. Celle que je trouve meilleure et rapide, c’est l’investissement dans le bitcoin. Je le dis par expérience, car cela fait juste quelques mois que j’ai commencé à investir mon argent dans cette crypto ; et cela m’a généré de gros bénéfices sur une courte période. Mes placements sont gardés dans le portefeuille numérique mis à ma disposition sur le site réglementé Bit10coin, et je ne m’inquiète de rien.

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