Quand rejoindre une banque privée ?

Des bons coups à faire au niveau international, soufflés au creux de l’oreille...
Des bons coups à faire au niveau international, soufflés au creux de l’oreille...

One to one

A priori dédié à une poignée d’initiés, l’investissement en banque privée n’est cependant pas à écarter comme option. Explications.

Vous avez gagné au Loto, perçu un héritage, cédé votre entreprise ou perçu une confortable indemnité de départ et ne savez que faire du pactole ? N’ayez craintes, les banques privées sauront soulager vos angoisses. Contrairement à votre conseiller clientèle débordé et plus prompt à vendre des placements « maison » plus rentables pour lui que pour vous, le banquier privé saura écouter vos exigences avant de vous proposer les placements dont vous avez vraiment besoin. Selon les fonds investis, vous bénéficierez même de conseils fiscaux et patrimoniaux. Mais comment choisir sa banque privée ? Entre les filiales de grands groupes bancaires, les entités spécialisées des banques d’affaires et les maisons « historiques », le choix est vaste.

Le ticket d’entrée, un critère à relativiser

Le premier critère de sélection est le ticket d’entrée. Pour rentrer dans l’univers feutré du « private banking », il faut être prêt à confier quelques centaines de milliers d’euros. « Nous acceptons un client à partir de 200000 euros d’encours sous gestion, mais chez nous, l’encours moyen d’un client est de l’ordre de 1,5 million », indique Alexandre Neuvy, directeur de la gestion privée d’Amplegest. Le ticket d’entrée est souvent plus élevé chez les banques spécialisées dès l’origine dans la gestion privée à l’image de Pictet. « Nous offrons nos services à partir de deux millions d’euros d’encours », révèle Dominique Benoit, directeur général de Pictet Wealth Management en France. Cependant, les montants affichés sont en réalité indicatifs. Les entrepreneurs et futurs héritiers sont souvent les bienvenus dans la plupart des établissements en raison de leur potentiel. Ainsi, la banque privée Cholet Dupont n’exige-t-elle aucun avoir minimal à l’entrée, et pratique une politique d’accueil des clients au cas par cas. « Cela permet d’accueillir les clients ou leurs enfants ayant des patrimoines financiers en devenir », explique Kilian de Kertanguy, responsable du développement. Enfin, au sein d’un même établissement, il n’y a pas une, mais plusieurs banques privées, avec une personnalisation croissante des services selon les actifs confiés.

Une relation client privilégiée

Opter pour la banque privée, c’est avant tout la garantie de bénéficier d’une gestion financière personnalisée haut de gamme que ne peut fournir une banque de détail. « Nous accueillons chez nous des clients qui s’estiment mal traités par leur banque et sa gestion standardisée », explique Alexandre Neuvy. Amplegest, à l’instar de Pictet, Cholet Dupont ou Edmond de Rothschild, propose une relation sur mesure avec le gérant responsable du client. « En cas de stress sur le marché un vendredi à 19h, un client trouvera toujours son gérant pour lui expliquer la conjoncture et le rassurer sur la situation de son patrimoine », assure Alexandre Neuvy. La proximité entre le client et le banquier constitue un élément clef dans le choix de sa banque privée. L’enjeu est d’importance. Selon le dernier baromètre de Swiss Life Banque Privée, 56% des sondés recherchent de conseils patrimoniaux et fiscaux et 48% des services personnalisés.

Une vaste palette de placements

Opter pour la banque privée, c’est également une question d’argent. Alors que les banques de réseaux ne proposent que des contrats d’assurance-vie en euros à faible rentabilité ou des contrats en unité de compte standardisés, les banques privées offrent une gamme très diversifiée de placements, en général sous mandat. « Nos portefeuilles sont très exposés à l’international de sorte à offrir tout le champ des possibles, se félicite Didier Benoit. Nous proposons toutes classes d’actifs : actions et obligations bien sûr mais de plus en plus de la gestion alternative. » Concernant les placements, les banquiers privés, soucieux d’éviter un conflit d’intérêt, travaillent généralement en architecture ouverte. « Notre priorité est d’offrir le meilleur couple rendement/risque à nos clients. Dans ce cadre, nous ne nous privons pas de sélectionner des fonds d’autres sociétés de gestion si nous les jugeons compétitifs », précise Kilian de Kertanguy de la banque privée Cholet Dupont.

Une expertise pointue

Opter pour la banque privée, c’est enfin bénéficier, selon les encours mis à disposition, de conseils patrimoniaux et fiscaux. « Nous offrons un conseil patrimonial à nos clients et prospects, un service sur mesure très apprécié de notre clientèle », indique Dominique Benoit. Evidemment, ces services ont un prix, de l’ordre de 1% des encours, mais en raison d’une concurrence de plus en plus vive, les tarifs ont tendance à baisser. A titre d’exemple, Amplegest facture cette année 0,9% des actifs gérés, hors fonds « maison » afin de ne pas afin de ne pas facturer deux fois la même chose. « Nous proposons également une offre alternative avec une partie fixe plus basse et une partie variable liée à performance de nos placements », détaille Alexandre Neuvy. Une pratique de plus en plus employée par les banquiers pour appâter des clients fortunés séduits par la culture du résultat à l’anglo-saxonne.

Les charmes du family office

« Leur atout : des compétences qui vont de la gestion d’actifs à la fiscalité, en passant par le juridique et la médiation familiale »

Pour les clients les plus fortunés, les banques privées proposent le family office. Née aux Etats-Unis à la fin du XIXème siècle, sous l’impulsion des Rockefeller, qui cherchaient des hommes de confiance pour gérer leur fortune, cette profession n’est arrivée en France que dans les années 1970. Leur atout : des compétences qui vont de la gestion d’actifs à la fiscalité, en passant par le juridique et la médiation familiale. « Les deux principales préoccupations des chefs d’entreprise propriétaires de PME ou d’ETI sont la transmission familiale ou non de l’entreprise et la diversification de leur patrimoine. Ces étapes sont la plupart du temps anxiogènes et l’apport d’un multi family office peut leur être utile », résume Charles Bienaimé, membre du directoire de Meeschaert Family Office. « Comme les chefs d’orchestre, nous nous entourons des meilleurs solistes – fiscalistes, notaires, avocats, conseillers financiers – pour jouer le meilleur morceau », renchérit Marie Saltiel, associée et responsable du family office d’Amplegest. Une métaphore appréciée également par Laurent de Swarte, cofondateur d’Agami, l’un des principaux multi-family offices indépendants : « Notre objectif n’est pas d’investir les capitaux de nos clients et de percevoir des commissions mais de leur offrir une vision indépendante et à 360 degré de leur patrimoine afin de le faire fructifier ». Les tarifs des services d’un family office sont complémentaires à ceux de la banque privée et généralement indexés à la taille du patrimoine. Agami Family Office se distingue toutefois en facturant des honoraires afin de toucher un plus large public en toute transparence.

Pierre-Jean Lepagnot

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