Le verbatim d’… Epsiloon

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Les transfuges de Science & Vie partis créer le nouveau titre de vulgarisation scientifique Epsiloon dénoncent dans leur 1er numéro le vaste projet des Chinois de se rendre maître de la météo… à leur profit.

D’abord, le phénomène Epsiloon, rare dans la presse : pratiquement toute une rédaction, en l’occurrence celle de l’ancestral Science & Vie, démissionne après des années de collaboration continue avec la référence de la vulgarisation scientifique. Excelsior publications avait cédé son titre légendaire au britannique Emap Pic en 2003, passé chez l’italien Mondadori en 2006 avant que Reworld Media, groupe de presse français fondé en 2012 par Pascal Chevalier, grand acheteur de titres de par le monde, ne se rende acquéreur de tout le groupe.

En mars 2021, neuf journalistes du titre démissionnent après avoir dénoncé le manque de moyens alloués au titre par le nouveau propriétaire. Le 15 décembre 2020, plusieurs centaines d’universitaires publient une tribune dans Le Monde où ils dénoncent la qualité du contenu scientifique diffusé par le site Internet du mensuel et interrogent la fuite de ses journalistes.

Lesquels trouvent chez Unique Héritage Media, créé par Philippe Mounier, la structure de leur nouvelle revue, directement concurrente de l’historique Science & Vie, Epsiloon ! Incroyablement plébiscité via une opération de crowdfunding de prise d’abonnements. Le numéro 1 vient d’arriver. Il titre en couverture un sujet de profonde inquiétude, la volonté affichée des grandes puissances planétaires de manipuler un climat désormais en passe d’échapper aux régulations naturelles sous l’effet de l’anthropocène, cette ère dominée par l’influence de l’homme sur son environnement.

En l’occurrence, la nouvelle revue évoque les projets chinois uniquement. Il semblerait que les Américains ne soient pas en reste dans cette course à la pire entreprise de tous les temps : s’approprier le temps !

L’article de Vincent Nouyrigat est clair : une telle appropriation risque à son tour de déséquilibrer le climat. Il faudra peut-être un jour que le concert des Nations s’inquiète de ce qui pourrait nuire à toute l’humanité au nom de la suprématie égoïste d’une seule grande.

C’est officiel : la Chine veut pouvoir déclencher à volonté des pluies artificielles sur plus de la moitié de son territoire. Des milliers d’avions, de roquettes et de fusées s’apprêtent à percer les nuages. L’empire du Milieu s’appuie sur les grands progrès scientifiques réalisés ces dernières années dans la manipulation de la microphysique de l’atmosphère. De grandes manœuvres qui, face à la multiplication des sécheresses, pourraient bien se généraliser à l’échelle de la planète.

[…]

Les ingénieurs chinois comptent déclencher des pluies en favorisant la formation, au cœur des nuages, de grosses gouttes d’eau ou de noyaux glacés susceptibles de tomber au sol. Grâce à une armada d’avions et de fusées, ils vont massivement ensemencer les zones les plus propices. Lesquelles seront définies à l’aide de leurs tout nouveaux satellites, drones, radars et modèles numériques.

[…]

Depuis cinq ans, des chercheurs des universités de Tsinghua et de Qinghai réfléchissent à manipuler les gigantesques flux de vapeur d’eau qui sillonnent la planète. Leur objectif, dériver ces « rivières atmosphériques » pour en faire précipiter une partie sur les plateaux himalayens où le fleuve Yangtsé prend sa source, avant d’approvisionner en eau une grande partie de la Chine.

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