Fin de l’été, rentrée masquée

Comme attendu, le port du masque devient obligatoire en entreprise, à l’école et dans les rues des grandes villes de France.

Après quelque six mois de pandémie, deux mois de confinement et un été sous tension, la rentrée est là. À quelques jours de l’annonce du plan de relance, le Premier ministre, le ministre de l’Éducation et le ministre de la Santé ont fait le point sur la situation sanitaire et annoncé ce jeudi 29 août une nouvelle salve de mesures. Entre port du masque obligatoire, objectifs de test revus à la hausse et nouvelles zones « rouges », état des lieux.

Le 27 août, la France enregistrait 6 111 nouveaux cas de contaminations à la covid-19 en 24 heures, un record depuis mai, au plus fort de l’épidémie. Si le nombre de décès quotidiens n’augmente que très peu (32 décès le 27 août), l’inquiétude s’instaure. Outre les contaminations, on observe une hausse du taux de positivité des tests de 3,8 %, 309 clusters sont en cours d’investigation et nous avons atteint près de 260 000 cas confirmés pour plus de 30 000 décès au total depuis le début de l’épidémie. Après un été « laxiste » pour beaucoup, les déplacements à travers le pays et ses voisins, la rentrée des classes et des entreprises prend place dans un climat tendu.

Comme attendu, le gouvernement a pris et annoncé de nouvelles mesures sanitaires strictes pour la rentrée. Il s’agit de « tirer le signal d’alarme, même si nous ne sommes pas dans la situation de mars ou avril », dixit le Premier ministre, Jean Castex.

Port du masque généralisé
À Paris, le port du masque obligatoire était jusqu’à présent limité à des secteurs très fréquentés de la capitale. Il est, depuis le 28 août, étendu à l’ensemble de la ville et de la petite couronne, sous peine d’une amende de 135 euros. Outre Paris, d’autres villes de France, à l’instar de Toulon, Lyon, Bordeaux, Biarritz, Saint-Étienne ou Montpellier ont également rendu obligatoire le masque dans des parties entières de la ville. Jean-Michel Blanquer, le ministre de l’Éducation, a, lui, annoncé que le port obligatoire du masque sera imposé à partir du 1er septembre aux élèves et aux enseignants à partir du collège, jusqu’à l’enseignement supérieur. Le même Blanquer précise qu’« au cas par cas, les préfets pourront mettre en place des fermetures temporaires d’établissements ».
Idem pour les entreprises où le masque s’impose, excepté dans les bureaux individuels. Pour rappel, le masque est également obligatoire dans les lieux publics clos, depuis le 20 juillet, ainsi que dans les transports en commun, les bars et les restaurants.

Alerte et vigilance
Face à la grande question du vaccin, Olivier Véran, ministre de la Santé, entend se préparer à toute éventualité : « Le jour où nous proposerons un vaccin aux Français.es, c’est qu’il sera efficace et sûr. Nous avons passé des précommandes auprès des laboratoires qui sont les plus avancés dans la mise au point. Certains disent qu’ils pourraient y arriver d’ici à la fin de l’automne. Nous allons préparer la distribution des vaccins à l’échelle européenne. » Fort bien, même si aucune certitude de découverte n’existe pas plus que l’accessibilité prochaine d’un vaccin. Le ministre a voulu rassurer sur la capacité des services hospitaliers, capables, selon lui, de gérer une potentielle nouvelle vague de contamination. Selon ses dires, nous sommes en mesure de « fournir des médicaments à 29 000 malades en réanimation. Soit environ le double de la capacité maximale atteinte au plus fort de la crise ». Pour accompagner la nouvelle stratégie et la rentrée, l’objectif du million de tests par semaine a été fixé, nous en sommes actuellement à 800 000.

Risques sanitaires accrus obligent, le Premier ministre a également annoncé que 19 nouveaux départements sont classés en rouge. Ils viennent s’ajouter à Paris et aux Bouches-du-Rhône : les Alpes-Maritimes (06), le Gard (30), la Haute-Garonne (31), la Gironde (33), l’Hérault (34), le Loiret (45), le Rhône (69), la Sarthe (72), la Seine-et-Marne (77), les Yvelines (78), le Var (83), le Vaucluse (84), l’Essonne (91), les Hauts-de-Seine (92), la Seine-Saint-Denis (93), le Val-de-Marne (94) et le Val-d’Oise (95). Auxquels s’ajoutent la Guadeloupe et la Martinique. En somme, 21 départements dans le « rouge », et une fâcheuse impression de revenir plusieurs mois en arrière. D’autant plus que Jean Castex soulignait que « des plans de reconfinement sont prêts […], mais notre objectif est de tout faire pour éviter un reconfinement généralisé ». Pour commencer, portons nos masques.

 

Adam Belghiti Alaoui

 

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