Trottis, scoots et partages de trajet : un immobilisme dangereux

Combien de start-up mobitechs resteront-elles sur le pavé des villes ?

Plus de vélos ni de trottinettes en libre-service, et c’est la même asphyxie pour la plupart des start-up de mobilité. Selon les levées de fonds, leur sort sera préservé ou carrément scellé. Immobilisme.

Le confinement aura frappé de plein fouet toutes les formes de mobilité, depuis le transport aérien et l’industrie automobile jusqu’aux mobitechs : covoiturage, véhicules (voiture, vélo, scooters, trottinettes) en libre-service, transport avec chauffeur… Suspendus. « On est sur un écosystème qui tourne à maximum 15 % de ses capacités », chiffre Alexandre Quintard, fondateur du cabinet de conseil en stratégie et en politiques publiques Cardinal.

Cityscoot a opté pour le chômage partiel de la majorité de ses effectifs, la start-up doublement touchée puisqu’elle avait misé sur deux villes italiennes avec Paris, Milan et Rome Bird et Voi ont carrément suspendu leurs activités en Europe. Uber a arrêté, outre Jump, son service Uber-pool de partage de trajet VTC. Or les « trottinetteurs et sccootéristes » doivent préserver les batteries de leurs engins. Seule solution : poursuivre une activité réduite.

 

Le télétravail ne devrait pas compromettre les déplacements

Si Cityscoot et sa levée de 30 millions d’euros en janvier lui donne les moyens de tenir, l’entreprise a stoppé son plan d’investissements. Idem chez Klaxit qui se contente de déployer son service auprès des collectivités. Son patron compte sur le plan de relance à venir tourné vers la transition énergétique, dynamique secourable.

La BPI bâtit des « dispositifs de soutien exceptionnel », constatent les patrons des start-up. Reste à deviner le comportement des clients une fois le confinement levé. Aucune raison que cette mobilité urbaine sans voiture ne reprenne pas rapidement sa place, beaux jours à l’appui. Sauf si le télétravail venait à se généraliser. « Je ne crois pas au confinement sur le long terme, opine Alexandre Quintard, patron du cabinet Cardinal, interviewé par La Trubune. Le télétravail pourrait prendre un nouvel essor parce que les entreprises vont devoir mettre en place de nouvelles méthodes de travail plus numériques et fluides. La crise est une opportunité pour décloisonner les salariés en leur donnant une plus grande liberté sur leur organisation de travail, en leur permettant de mieux articuler le pro et le perso. » Déplacements à l’appui.

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