Pour une relation locale et confiante entre paysan et consommateur

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Ezzedine El Mestiri, fondateur du magazine Nouveau consommateur en 2003

Depuis 2008, l’agriculture s’est ajustée à des transformations. Elle aborde un nouveau tournant de son histoire.

Avec plus de 77 milliards d’euros de production en valeur par an, la France demeure la première puissance productrice agricole européenne. Plus de 390 000 exploitations façonnent notre hexagone. Mais l’agriculture a encore un impact négatif sur l’environnement et le climat. Et ne parvient pas à générer un revenu convenable à de nombreux paysans. S’ajoute un malentendu entre paysans et consommateurs, de plus en plus exigeants vis-à-vis de leur santé et de leur porte-monnaie.

Pourtant, depuis 2008, l’agriculture s’est ajustée à des transformations. Elle tend à tourner le dos à des pratiques intensives en adoptant un choix de réduction des produits phytosanitaires. Première cause des émissions de CO2 mais aussi première victime du dérèglement, l’agriculture aborde un nouveau tournant de son histoire. Pour diminuer les émissions de gaz à effet de serre, les agriculteurs essaient de contribuer à la production d’énergie renouvelable (méthanisation, photovoltaïque, etc.)…

Le développement du bio nécessite des innovations

Nous assistons aussi au développement de l’agriculture biologique (AB), qui bannit les intrants chimiques et protège la biodiversité et la santé des citoyens. L’équilibre économique des exploitations en AB est assuré notamment via un marché porteur et des aides, lors de la période de conversion vers l’AB. Aujourd’hui, l’agriculture bio est en quête d’un nouveau souffle. L’irruption de la crise liée à la covid-19 a brouillé les repères de consommation. D’une croissance à deux chiffres jusqu’en 2018, les ventes des produits bio ont amorcé un recul qui frise les 20 %. Les consommateurs semblent moins enthousiastes face à des prix plus élevés et une part croissante de produits importés.

Il est évident que la poursuite du développement du bio nécessite des innovations et particulièrement l’accessibilité à tous. Les programmes nutritionnels, basés sur la norme, l’information et l’étiquetage restent malheureusement modestes. Les politiques publiques doivent favoriser l’accès des plus précaires à l’alimentation biologique, par une pédagogie et des chèques alimentaires. Un des enjeux consiste à procéder à des mutations dans nos régimes alimentaires. Adapter l’offre agricole aux nécessaires évolutions du contenu de notre assiette et réduire les pertes et gaspillages afin de limiter les besoins en terres. Tout cela doit se réaliser dans une relation locale et confiante entre paysan et consommateur. « J’aime les paysans, ils ne sont pas assez savants pour raisonner de travers », écrivait Charles de Montesquieu.

Journaliste-Chef de service rédactionnel. Formé en Sorbonne – soit la preuve vivante qu'il ne faut pas « nécessairement » passer par une école de journalisme pour exercer le métier ! Journaliste économique (entreprises, macroéconomie, management, franchise...). Friand de football et politiquement égaré.

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