La mesure d’être heureux

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Ezzedine El Mestiri, fondateur du magazine Nouveau consommateur en 2003

En France, c’est à la seconde moitié du XXe siècle que le thème « être heureux » va connaître une irrésistible ascension.

Chaque année, avec le World Happiness Report, les Nations unies établissent le classement des pays où l’on était le plus heureux. L’origine de cette initiative remonte à une résolution adoptée par l’Assemblée générale des Nations unies le 19 juillet 2011, qui invite les gouvernements à « accorder plus d’importance au bonheur et au bien-être pour déterminer comment atteindre et mesurer le développement social et économique ». L’année 2021, marquée par une pandémie mondiale, a porté en tête la Finlande, le Danemark, l’Islande… la France n’occupe que la 20e place du classement ! 

Mesurer le bonheur dans 150 pays, c’est tenir compte du revenu, de l’espérance de vie, du soutien social, du bien-être subjectif et des évaluations des émotions positives et négatives. Si les références au revenu et au PIB ont diminué dans cette mesure, de nouveaux procédés ont été introduits pour prendre en compte le contenu du bonheur dans les livres, les réseaux sociaux et les divertissements.

Le sens évolue au fil du temps

En France, c’est à la seconde moitié du XXe siècle que le bonheur va connaître une irrésistible ascension. Dans les années 1970, être heureux devient un objet d’étude légitime. Rappelons-nous de 1974, quand le président Giscard d’Estaing créa le ministère de la Qualité de vie. La presse affichait sur ses unes les dossiers sur le bonheur. Elle consacrait le règne de la société de consommation qui diffusait l’espoir du bonheur rendu possible par les achats. Les acteurs consommeraient parce que les objets les rendraient heureux ! Le consumérisme s’empare de cette notion du bonheur en imposant une éthique de la jouissance immédiate et une morale de l’accumulation laborieuse.

Heureusement, nous n’en sommes plus là ! Nous sommes revenus de cette illusion pour donner un autre sens au bonheur : rechercher une quête d’existence en équilibre et se sentir en paix avec sa vie. En devenant  attentifs aux petites choses de la vie, et à travers elles, nous fabriquons notre bonheur et notre espoir : espérer que demain sera meilleur, magnifique comme le jour d’après, la semaine qui suit et toute l’année. Espérer « les jours heureux » à la Fabien Roussel. « Manifester son bonheur est un devoir, être ouvertement heureux donne aux autres la preuve que le bonheur est possible », écrivait Albert Jacquard.

Journaliste-Chef de service rédactionnel. Formé en Sorbonne – soit la preuve vivante qu'il ne faut pas « nécessairement » passer par une école de journalisme pour exercer le métier ! Journaliste économique (entreprises, macroéconomie, management, franchise...). Friand de football et politiquement égaré.

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