Décarboner le transport maritime !

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Ezzedine El Mestiri, fondateur du magazine Nouveau consommateur en 2003
Ezzedine El Mestiri, fondateur du magazine Nouveau consommateur en 2003

L’industrie des transports maritimes représente plus de 80 % du volume des échanges mondiaux.

Le secteur des transports maritimes a besoin de carburants plus propres pour lutter contre les émissions continues de carbone. Ces émissions ont augmenté de 20 % en l’espace d’une décennie et 99 % de la flotte mondiale dépend encore des carburants conventionnels.

Un récent rapport de la Conférence des Nations Unies sur le commerce et le développement (CNUCED) prône l’urgence d’une transition juste et décarbonée de cette industrie qui représente plus de 80 % du volume des échanges mondiaux et près de 3 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre.

La transition vers des carburants alternatifs n’est qu’à ses débuts et nécessite un coût substantiel allant de 8 à 28 milliards de dollars supplémentaires, nécessaires chaque année pour décarboniser les navires d’ici à 2050. Il faudrait aussi investir de 28 à 90 milliards de dollars par an, pour développer des infrastructures permettant d’utiliser des carburants 100 % neutres. C’est un grand défi pour le portefeuille des compagnies et des armateurs qui sont confrontés aussi aux difficultés du renouvellement d’une flotte vieillissante. Plus de la moitié de la flotte mondiale a plus de 15 ans.

Lutter contre tous les types les pollutions

En juillet dernier, les États membres de l’Organisation maritime internationale (OMI) ont adopté, enfin, une stratégie avec des objectifs renforcés pour lutter contre les émissions nocives. Comment parvenir à réduire à zéro ces émissions provenant des transports en adoptant des combustibles de substitution d’ici à 2030 ?

Au dossier épineux des carburants, s’ajoute celui de la pollution sonore provoquée par le transport maritime. Dans la seule Méditerranée 200 000 navires par an transitent de port en port en générant une pollution acoustique par les hélices et le frottement de coques contre la surface. Les recherches actuelles montrent que 150 espèces marines sont concernées par cette pollution dont 47 espèces de mammifères, 66 poissons et même 36 invertébrés. Pourtant, le son est un repère sensoriel essentiel pour les animaux marins puisqu’il dessert des fonctions fondamentales comme la communication entre espèces, la reproduction, leur orientation.

L’enjeu est de limiter les effets de la pollution sonore liée à la navigation commerciale qui modifie les comportements des animaux marins et leurs voies de migrations. Si les professionnels du trafic maritime sont conscients des enjeux induits sur la biodiversité, les mesures de réglementation peinent encore à venir ! Pour le moment, rien n’est légiféré, à l’échelle européenne ou mondiale. Seule une directive non contraignante, émise par l’OMI invitant les armateurs à construire des navires moins bruyants !

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